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Un récent rapport d’information du Sénat constate que la Sécurité sociale n’est pas adaptée aux défis soulevés par le changement climatique. Il établit 48 propositions pour la repenser, dont certaines concernent la prévention des risques professionnels.

fait suite aux travaux d’une mission d’information créée, en novembre 2021, à l’initiative du groupe écologiste Solidarité et Territoires du Sénat et présidée par le sénateur Guillaume Chevrollier (Les Républicains).

NOTRE SYSTÈME de protection sociale n’est pas suffisamment résilient face aux risques environnementaux, dont la prégnance augmente avec le réchauffement climatique. Tel est le constat, préoccupant, établi par le rapport d’information du Sénat « Protéger et accompagner les individus en construisant la sécurité sociale écologique du XXIe siècle », déposé le 30 mars 1. Le rapport souligne que les conséquences sanitaires du changement climatique vont peser de plus en plus lourd dans les dépenses de la Sécurité sociale, tandis qu’un ralentissement économique « devrait résulter de l’épuisement des ressources de la planète et de la transition écologique ».

Il est donc urgent de prendre en compte l’impact environnemental des politiques de santé dès leur conception et de développer une culture de prévention, d’adaptation et de résilience de notre système de protection sociale. « D’après l’OCDE, les dépenses de santé consacrées à la prévention [en santé publique] se situeraient en France aux alentours de 2 % de l’ensemble des dépenses de santé et sont surtout nettement en dessous de la moyenne des autres pays de l’Union européenne », pointe le rapport.  

Améliorer la prévention au travail

Au-delà de ces constats, le rapport établit 48 propositions pour repenser la Sécurité sociale. Onze d’entre elles sont consacrées au monde du travail en vue d’accompagner les évolutions professionnelles liée aux mutations de l’emploi provoquée par la transition écologique et d’améliorer la protection de la santé au travail. Les employeurs doivent adapter les mesures de prévention des risques professionnels pour tenir compte des évolutions du climat. « L’impact du changement climatique se ressent, notamment pour ce qui concerne la chaleur et la pollution, souligne le rapport. Une chaleur excessive met en danger la santé des salariés et conduit à des pertes d’heures de travail ». Il serait nécessaire d’encourager les employeurs à se préparer à ces pics en vue de préserver la santé des travailleurs.

Selon le rapport, les efforts des entreprises en faveur de la santé des travailleurs s’inscrivent également dans le cadre de leur responsabilité sociale et environnementale (RSE), qui se définit comme la contribution de l’entreprise au développement durable.   « La RSE modifie considérablement les pratiques des entreprises et favorise leur prise de conscience de la nécessité de l’augmentation de la qualité de vie au travail », ajoute le rapport. Sans oublier de préciser que « les entreprises investissant dans la politique de prévention sont doublement gagnantes, pour la santé de leurs salariés et pour les gains de productivité qu’elle dégage ».

En outre, le rapport souligne l’absence encore trop souvent constatée du document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), pourtant obligatoire, dans un grand nombre d’entreprises.  

Propos recueillis par K. D.

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