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Encore trop souvent, des hommes et des femmes meurent au travail ou sont victimes d’un accident du travail grave.
En cause, principalement, une mise en œuvre insuffisante des principes de prévention et un manque de sensibilisation des acteurs. Face à cet état des lieux, le ministère chargé du Travail a lancé un plan d’actions sur quatre ans. Parce que « nul ne devrait mourir en faisant son travail ».

Pour l’année 2020, 550 décès liés au travail, hors accidents de la route, sont à déplorer et 540 000 accidents du travail ont été recensés. Alors qu’il s’agissait d’une année à activité réduite, marquée par le début de la crise sanitaire. À titre indicatif, en 2019, année sans événement particulier, le nombre de décès était de 733. Sur la même période, 34 000 incapacités permanentes ont été comptabilisées.

Tous les ans, le bilan des accidents graves liés au travail est lourd. D’autant que « depuis 2010, un plancher semble avoir été atteint », selon Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État chargé des Retraites et de la Santé au travail. En réponse à ce constat, ce dernier a présenté en mars dernier un plan transversal du 4e plan Santé au travail (PST4) consacré à la lutte contre les accidents du travail graves et mortels. Objectif : « Relever un défi de taille : faire baisser significativement et de manière durable le nombre des accidents du travail mortels », souligne le secrétaire d’État.

Établi pour quatre ans, le plan d’actions a pour ambition première de mettre l’accent sur la prévention à travers notamment la sensibilisation et la formation des travailleurs aux risques professionnels en ciblant les publics les plus touchés par ces accidents du travail : jeunes et nouveaux embauchés, travailleurs intérimaires, indépendants ou détachés. Autre axe prioritaire, le renforcement de l’accompagnement des TPE et PME. Des structures « qui ont souvent moins de ressources à consacrer à la prévention et au sein desquelles une part importante d’accidents intervient », affirme Laurent Pietraszewski. Cela passera par la mobilisation du dialogue social au sein de ces entreprises au profit de la prévention des accidents graves et mortels, et la réforme du document unique afin de lutter plus efficacement contre les sources de risque.

Enfin, « certains risques professionnels doivent aussi faire l’objet de mesures ciblées en raison de leur impact élevé, tels le risque routier, le risque associé à l’utilisation des machines et les chutes de hauteur », poursuit le secrétaire d’État. Au programme : mieux outiller les employeurs, les salariés et les préventeurs afin de renforcer les programmes de prévention engagés et poursuivre les efforts en matière de normalisation et de surveillance des équipements de travail.

Au total, le plan détaille 27 mesures censées répondre à 17 engagements clés articulés autour de 5 axes. Pour chacune d’entre elles, un programme et un calendrier ont été définis ainsi que les institutions participantes, parmi lesquelles l’INRS, l’OppBTP, la Cnam… Ce plan se voulant évolutif, il pourra être amélioré, notamment sur la base des bilans et retours d’expérience. Par ailleurs, une nouvelle réflexion complète sur le dispositif sera organisée dans deux ans. Avant un bilan final en 2025. 

Alexis Carlier

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