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© Guillaume J. Plisson pour l’INRS/2020

© Guillaume J. Plisson pour l’INRS/2020

Cancérogène le soudage ? C’est en sub-stance la conclusion de l’Anses (Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) dans l’avis qu’elle a publié à la mi-avril dernier. Plus précisément, ce sont les travaux exposant aux fumées de soudage ou aux fumées métalliques de procédés connexes, notamment le brasage fort, le gougeage, l’oxycoupage, la projection thermique et le rechargement que l’Anses souhaiterait voir classés comme procédés cancérogènes au sens du Code du travail.
Déjà, en 2018, le Circ, Centre international de recherche sur le cancer, avait déclaré les fumées de soudage «  cancérogènes pour l’homme » (groupe 1). Selon ses experts, il existait des preuves suffisantes pour les cancers du poumon et des preuves limitées pour le cancer du rein. Aujourd’hui, des études ont apporté des preuves suffisantes pour le cancer du larynx et des preuves limitées pour les cancers de la cavité buccale et naso-sinusiens.
En France, près de 530 000 professionnels seraient actuellement concernés par les fumées de soudage et les fumées métalliques contenant des particules cancérogènes. Les soudeurs évidemment, mais aussi de nombreux travailleurs, peuvent être exposés à ces fumées tout au long de leur carrière sans que la soudure constitue leur activité principale. La construction, l’installation et la réparation de machines et d’équipements, la réparation de véhicules ou encore la métallurgie sont autant de secteurs d’activité touchés.

«  Avec cette recommandation, en plus des travailleurs exposés aux fumées de soudage, nous proposons d’inclure ceux exposés aux fumées métalliques de procédés connexes dont la composition en agents cancérogènes s’avère similaire à celle des fumées de soudage. Cette recommandation concerne aussi les travailleurs exposés de façon passive, de par leur présence à proximité de personnes effectuant des opérations de soudage », explique Dominique Brunet, cheffe de l’unité de l’évaluation des valeurs de référence et des risques des substances chimiques à l’Anses.

Les travaux réalisés par l’agence dans le cadre de cette étude ont pour objectif la maîtrise des risques professionnels associés à la mise en œuvre de ces procédés afin de prévenir les effets mutagènes ou cancérogènes. «  Pour y parvenir, il s’agit de former et sensibiliser à l’utilisation des procédés les plus adaptés et les moins émissifs selon les opérations de soudage à effectuer. Capter les fumées à la source et surveiller les expositions sont également des actions à mettre en place », précise Dominique Brunet. Enfin, dans ses conclusions, l’Anses rappelle également la dangerosité des radiations UV émises par les travaux de soudage, classées « cancérogènes pour l’homme » (groupe 1) par le Circ.  

Propos recueillis par A.C.

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