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Dans le secteur de la construction, les conséquences financières et humaines des accidents du travail et des maladies professionnelles peuvent être particulièrement conséquentes. Afin d'assurer une sécurité optimale sur les chantiers, l’Assurance maladie-risques professionnels cherche à intervenir le plus en amont possible.

© Gaël Kerbaol/INRS/2020

© Gaël Kerbaol/INRS/2020

Connaissez-vous les TOP ? Ce sont les « Thèmes opérationnels prioritaires du BTP ». Des thèmes identifiés par l’Assurance maladie-risques professionnels sur lesquels il apparaît nécessaire d’agir prioritairement pour réduire les accidents du travail (AT) en s’adressant en amont, c’est-à-dire aux maîtres d’ouvrage. « Le secteur du BTP reste très accidentogène, explique Jacques Balzer, ingénieur-conseil à la Carsat Alsace-Moselle, en charge du BTP. On sait ainsi qu’en termes de coûts, un quart est dû aux chutes de hauteur, un quart à la manutention, un quart à l’amiante. Le reste (risque électrique, chimique, risque routier etc.) représentant le dernier quart. En ciblant les maîtres d’ouvrage et les entreprises, il s’agit de prendre en compte la prévention des risques professionnels en amont pour l'intégrer dans leurs marchés de travaux, et d’inciter les entreprises intervenantes à s’équiper, en fonction des besoins du chantier. »

C’est à partir des chiffres de sinistralité qu’ont été définis les cinq TOP : la prévention des chutes, l’hygiène et les conditions de travail, la valorisation de la coordination du CSPS, les interventions ultérieures sur ouvrage avec l’élaboration du DIUO (dossier d'interventions ultérieures sur l'ouvrage, et la réduction des manutentions manuelles.

Prototype

Direction Reichstett, une petite ville du Bas-Rhin, située à quelques kilomètres de Strasbourg, où un chantier illustre parfaitement ce que pourrait donner concrètement l’action de l’Assurance maladie risques professionnels dans le cadre des TOP. Deux maisons individuelles (R+1) et un petit immeuble collectif (R+2) sortent du sol. Le gros œuvre est bien avancé, les trois maçons de la société Woljung montent des murs en briques rouges. Chaque brique pèse, sèche, entre 18 et 24 kg. Le rythme de travail des maçons est soutenu : « Dans un peu plus d’un mois, nous aurons fini notre intervention », explique Timothée Schwach, conducteur de travaux chez Woljung. 

Au premier étage de l’habitat collectif, les maçons testent un prototype de bras manipulateur de briques qui permet de réduire les manutentions manuelles visées par les TOP. Il peut s’adapter à toutes les formes de briques et permet de les soulever sans effort. « Il faut l’amener avec une grue. Une fois installé, on peut régler la vitesse de déplacement, la hauteur, et choisir le type de préhension en fonction de la brique », explique Florent Heidt, le contrôleur de sécurité de la Carsat à l’origine de ce projet. D’où l’importance d’avoir envisagé son installation au moment de la conception du chantier.

Ce jour-là, les maçons ont réceptionné 6 tonnes de briques. Le bras manipulateur peut être une aide pour environ la moitié des briques reçues, soit 3 tonnes. « Car il n’est pas utilisable dans tous les cas de figure », explique Timothée Schwach. Pour ce qui est de l’appropriation de cette aide technique, le conducteur de travaux estime qu’il faut un peu de temps pour la prendre en main et, surtout, que son utilisation doit aussi permettre de ne pas perdre en productivité. « Mais ça va dans le bon sens », conclut-il.

D’autant que les briques ont tendance à être de plus en plus volumineuses pour respecter les exigences de la réglementation thermique, et donc de plus en plus lourdes. « En Allemagne, remarque Jacques Balzer, on peut déjà voir des briques de grande taille… évidemment beaucoup plus lourdes. » 

DES AIDES POUR LES TOP

Les Carsat/Cramif/CGSS proposent des aides financières pour accompagner les TOP. « Leur montant est variable, selon les Caisses, explique Pascal Schoch, responsable du pôle expertise et incitation financière à la Carsat Alsace-Moselle. Elles peuvent concerner les aides à la manutention, les échafaudages, l’hygiène sur les chantiers… » 
Plus de renseignements sur www.ameli.fr  

Delphine Vaudoux

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