ACTUALITÉS

Un nouveau rapport de l’Assurance maladie-risques professionnels s’intéresse à la deuxième cause d’accident du travail en France : les chutes de hauteur ou de plain-pied. L’occasion de rappeler les différentes actions de prévention mises en place par la branche Accidents du travail-maladies professionnelles (AT-MP) depuis plusieurs années.

Qu’elles soient de hauteur ou de plain-pied, les chutes constituent la deuxième cause d’accident du travail en France. Elles représentent des dépenses annuelles de plus de 1,1 milliard d’euros. Après les lombalgies, les affections psychiques et les cancers, l’Assurance maladie-risques professionnels leur consacre son nouveau rapport de la collection « Enjeux & actions », sorti en mars dernier. Cette collection lancée en 2017 consiste, à partir d’une étude statistique, à apporter un éclairage sur un enjeu prioritaire de santé publique lié au travail afin d’avancer des pistes d’action pour y répondre.

Premier constat dressé par ce nouveau rapport : tous les secteurs d’activité sont concernés par les chutes au travail, avec cependant une surexposition dans le secteur sanitaire et médicosocial, l’intérim, le transport, la construction, les commerces de proximité et la restauration. Autre résultat prégnant, les chutes touchent plus fortement les entreprises de taille moyenne, avec une sinistralité plus importante chez celles employant de 30 à 49 salariés.

De façon générale, les chutes ont des conséquences importantes : elles entraînent des arrêts de travail longs (plus de 70 jours contre 55 jours en moyenne) et de plus graves séquelles. Elles représentent presque un tiers des incapacités permanentes. Par voie de conséquence, le coût moyen d’un arrêt de travail lié à une chute est de 3 700 €, soit un tiers de plus que la moyenne constatée pour tous les accidents du travail.

Plus d’activité

Au niveau des statistiques globales, ce sont en moyenne 126 000 accidents du travail en lien avec une chute qui sont pris en charge, chaque année, par l’Assurance maladie-risques professionnels. Si ce chiffre est resté plutôt stable ces cinq dernières années, le nombre de chutes de plain-pied (58 %) a, quant à lui, légèrement augmenté.

« Cela peut s’expliquer, d’un côté, par l’augmentation de l’activité de certains secteurs particulièrement touchés par les chutes de plain-pied comme le secteur sanitaire et médicosocial, ou les activités des agences de travail temporaire, explique Anne Thiebeauld, directrice de la branche risques professionnels à la Cnam. De l’autre, on constate de véritables réussites en termes de prévention dans d’autres secteurs particulièrement concernés par les chutes de hauteur, comme dans le transport routier de marchandises ou les travaux de construction. »

Effectivement, il apparaît dans le rapport que la fréquence des accidents liés aux chutes dans le secteur du BTP est en baisse régulière de 3 à 5 % par an. Un résultat qui ne surprend pas Paul Duphil, directeur général de l’OPPBTP. « On peut y voir l’efficacité, entre autres, du programme Risques chutes Pros BTP qui accompagne globalement des changements organisationnels, un meilleur équipement sur chantier et une montée en compétences des acteurs sur le sujet de la prévention », indique-t-il.

Concernant la prévention des risques de chute dans le secteur sanitaire, Thierry Balannec, responsable adjoint du département prévention des risques professionnels de la Cnam, rappelle que, bien que ce secteur concentre l’essentiel des accidents de chute de plain-pied, des dispositifs efficaces se déploient avec l’appui des Carsat/CGSS/Cramif : « Nous avons mis en place, il y a dix ans, un programme expérimental avec la Carsat Aquitaine intitulé “Aidants, aidés, une qualité de vie à préserver”, déclare-t-il. Cette expérimentation démontre de façon évidente que la prévention est efficace quand elle est inscrite dans la durée. On assiste ainsi à un recul de la sinistralité dans un secteur fortement exposé. »

Lucien Fauvernier

Haut de page