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Les besoins en désinfection, depuis l’apparition du Sars-CoV-2 il y a deux ans, ont provoqué un essor inédit des techniques de désinfection par ultraviolets. Des précautions doivent pourtant être prises lors de la mise en œuvre de tels procédés. Décryptage avec Damien Brissinger, responsable d’études en rayonnements optiques à l’INRS.

© Wikicommon

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TRAVAIL & Sécurité. L’apparition de la pandémie de Covid-19 a provoqué un recours accru aux techniques de désinfection par rayons ultraviolets, connus pour leur action germicide. Quel est le principe de ce type de procédé ?
Damien Brissinger.
Effectivement, en réaction à la pandémie de la Covid-19, les solutions de désinfection basées sur l’utilisation des rayonnements ultraviolets de type UV-C ont bénéficié d’un regain d’intérêt. Cette technique, déjà connue pour son effet germicide, était utilisée dans certains domaines professionnels (hospitalier, agroalimentaire…) pour stériliser les instruments, les contenants alimentaires. L’offre s’est étoffée avec des solutions aux finalités diverses : désinfection de locaux, d’habitacles de véhicules, d’objets courants tels que masques, clés, documents etc. Avec l’apparition du Sars-CoV-2, les applications se sont même étendues à la désinfection des mains. Mais l’effet germicide recherché n’est pas sans conséquence.
 
Quels sont ces risques ?
D. B.
Les études des effets à court et long termes ont démontré l’existence de risques pour l’œil et pour la peau. La réglementation définit d’ailleurs une valeur limite d’exposition (VLE) qui ne doit pas être dépassée. Cette valeur limite d’exposition (VLE) journalière est fixée par le Code du travail à 30 J/m2. L’efficacité des procédés de désinfection par UV-C varie en fonction de la sensibilité des pathogènes visés, des longueurs d’onde utilisées, du temps et de l’intensité de l’exposition. Le problème, ici, c’est que la dose nécessaire pour éliminer le Sars-CoV-2 avoisine la VLE. En d’autres termes, pour une désinfection UV-C efficace des mains, il est nécessaire de s’exposer à des niveaux de rayonnement ne garantissant plus l’absence de risques pour la peau. Dans le cas des dispositifs de désinfection des mains, avec les lampes disponibles sur le marché, la VLE pour une journée complète est atteinte en 3 à 5 secondes seulement, une durée généralement équivalente à un cycle de désinfection unique.
 
Quelles précautions faut-il prendre ?
D. B.
La première consigne est d’éviter autant que possible toute exposition humaine. Du fait des risques connus, l’Organisation mondiale de la santé et la CIE (Commission internationale de l’éclairage) recommandent d’exclure les applications de désinfection par les UV des mains et de toute autre zone du corps humain. Et elle ne doit en aucun cas dépasser la VLE. Il est impératif d’avertir et de former les salariés aux risques encourus, pour éviter tout risque de surexposition, prévisible ou accidentelle.  

Propos recueillis par C. R.

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