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© Philippe Castano pour l’INRS/2020

© Philippe Castano pour l’INRS/2020

UN AN après le début de la crise épidémique et alors que des mesures de restriction s’appliquent de nouveau sur la totalité du territoire, les résultats de la 6e vague du baromètre Empreinte humaine (sondage réalisé avec Opinion Way du 1er au 10 mars 2021 auprès 
d’un panel représentatif de 2008 salariés français) sur l’état psychologique des salariés français sont inquiétants. 45 % des salariés se déclarent toujours en situation de détresse psychologique, dont 20 % en détresse psychologique élevée. 

Mais c’est surtout le taux de dépression nécessitant un accompagnement qui explose. Il s’établit à 36 %, soit une progression de 15 points en trois mois. En un an, deux fois plus de salariés se déclarent en dépression sévère. « Les deux tiers des personnes interrogées décrivent cette détresse psychologique comme étant de plus en plus visible. Elle touche particulièrement les moins de 29 ans. Cela peut s’expliquer par la crainte de l’avenir, une précarité plus forte, des espaces de vie et de télétravail plus petits et l’absence de repères dans l’entreprise. Les femmes et les managers sont également parmi les plus concernés », précise Christophe Nguyen, président d’Empreinte humaine.

53 % des femmes se disent en détresse psychologique, contre 38 % des hommes. En ce qui concerne les managers, 60 % évoquent un sentiment d’abnégation et ne se permettent pas de parler de leurs difficultés avant de traiter celles de leurs collaborateurs. Parmi les managers, 4 sur 10 se sentent isolés et 1 sur 2 estime que le télétravail les empêche de manager. 

D’une façon générale, certains effets négatifs du travail à distance ressortent : pour 1 salarié sur 2, le manque de lien social avec les collègues impacte négativement le sens du travail. Enfin, le travail en lui-même semble s’être dégradé.  Pour 4 salariés sur 10, il est devenu plus monotone. Les relations au travail sont moins bonnes : augmentation du harcèlement, désengagement de plus en plus prononcé… Et 50 % des salariés interrogés redoutent des drames humains au moment de la sortie de crise, du fait de l’état psychologique de leurs collègues. 

Grégory Brasseur

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