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Les CCHSCT du cinéma ainsi que de l’audiovisuel, et le collectif 50/50  ont récemment présenté un kit de prévention « Violences, harcèlement sexuel et sexisme » (VHSS) destiné aux employeurs et salariés de ces secteurs. C’est parce que « les temps changent [et que] la parole se libère », affirme Valérie Lépine, présidente du CCHSCT de la production cinématographique et publicitaire, que ce kit a pu voir le jour. Réalisé paritairement, il a pour objectif d’accompagner les entreprises, de sécuriser les environnements de travail et de donner aux victimes et témoins les moyens de dénoncer, « et surtout pas de façon anonyme », précise la présidente du CCHSCT.

Dans ce secteur, « où les salariés sont souvent dans des situations précaires et où le lien de subordination peut être un frein, les VHSS sont plus difficiles à aborder que dans d’autres », souligne Laurent Blois, élu SPIAC-CGT et vice-président du CCHSCT. « Les comédiens se mettent souvent à nu, au sens        propre comme au figuré, renchérit Jimmy Shuman, un acteur. Lors des castings, lors des scènes intimes avec actes sexuels simulés ou non. »

Ce kit, qui se veut une base de discussion, est organisé sous forme de fiches outils et méthodologiques. Il offre des repères pour accompagner l’entreprise dans ses démarches de prévention et de prise en charge, avec des exemples concrets et de très nombreuses références juridiques et bibliographiques. Un tableau présente également tous les facteurs de risques, les secteurs ou situations concernés, ainsi que les mesures de prévention.

Présenté sous forme de livret, ce kit va être largement diffusé dans la profession et dans les écoles de formation. Il s’intègre à d’autres actions, comme la mise en place d’une cellule d’écoute et de suivi. De plus, depuis le 1er janvier 2021, l’attribution et le versement de toutes les aides du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) sont subordonnés au respect, par les bénéficiaires, des obligations de prévention du harcèlement sexuel et de mise en œuvre des mesures propres à y mettre un terme, ou à le sanctionner. Cela se traduit par
« une information sur les VHSS sur le lieu de travail et la désignation d’un référent dans les entreprises de plus de 250 salariés », précise Leslie Thomas, secrétaire générale du CNC, qui poursuit : « À partir du 1er juillet 2022, les professionnels devront également avoir suivi une formation de sensibilisation “prévenir et agir contre les violences sexuelles”. »

« Dans nos professions, on a tendance à penser que l’on a un métier à part, où les lignes ne sont pas les mêmes, remarque Sandrine Bauer, coprésidente du collectif 50/50. Le droit existe, ce kit constitue le chaînon qui manquait entre le droit et nous.

Disponible et téléchargeable sur le site www.cnc.fr notamment.

Delphine Vaudoux

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