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Chaque année, le Futuroscope embauche près de 1 250 saisonniers durant l’été. Des travailleurs qu’il s’agit de familiariser au fonctionnement du parc, mais aussi de sensibiliser à la prévention des risques inhérents à leurs métiers. C’est pourquoi une attention particulière est donnée à leur accueil, comme l’explique Audrey Scemama, responsable formation et développement des compétences au sein du parc d’attractions.

TRAVAIL & Sécurité. Quelle est l’importance des saisonniers au sein du parc du Futuroscope ?
Audrey Scemama.
Le parc du Futuroscope est comme un village avec près de 180 métiers différents : restauration, accueil, sécurité, domaines techniques… Pour pourvoir tous les postes, nous avons recours à environ 500 saisonniers en équivalents temps plein (ETP), soit 1 250 personnes environ d’avril jusqu’à fin août, pour 450 CDI. Les embauches se font en deux vagues, une première – la plus conséquente – en avril, et une seconde durant l’été. La majorité des saisonniers est donc en poste dès le mois d’avril. Ces collaborateurs viennent répondre essentiellement aux besoins des métiers en contact avec les visiteurs. 

Quelles sont les démarches d’accueil spécifiques mises en place pour ces travailleurs, notamment en matière de prévention des risques ? 
A. S.
En termes d’intégration, toute personne recrutée au Futuroscope a accès, dès son embauche, à des modules de e-learning pour apprendre les règles de fonctionnement du parc. Ce qui inclut bien entendu la sécurité grâce à deux modules dédiés. Le premier concerne la sécurité générale du parc : comment évacuer en cas d’urgence, que faire lors d’un incendie… Le second a été mis en place cette année : il a été construit avec le service de prévention et de santé au travail (SPST) et cible la prévention des risques professionnels. Ce module reprend les informations concernant les différents risques auxquels le salarié peut être exposé, comment les prévenir et s’en protéger. Cela va des risques liés aux opérations en cuisine, commme des brûlures avec des appareils (gaufriers, crêpières, fours…) ou des coupures, aux manipulations dans les attractions en passant par les blessures causées par des visiteurs par inadvertance, les malaises en cas de forte chaleur ou encore de possibles blessures avec la manipulation d’objets divers (choc, coincement doigts…). La formation comprend également un récapitulatif concernant les acteurs de la prévention des risques au travail et les contacts en cas de besoin. C’est un vrai condensé, le b. a.-ba de ce que chaque travailleur doit connaître sur ce sujet pour mener à bien la mission qui lui a été confiée. Ensuite, lorsque le saisonnier vient pour son premier jour de travail, il est accueilli par les ressources humaines et va suivre, pendant une heure, une réunion d’information animée par le SPST pour un rappel in situ des différents risques présents sur le parc. Cette sensibilisation se déroule sous forme d’échanges avec des questions-réponses et des retours d’expérience. Ensuite, le collaborateur part avec son manager sur son poste de travail, où il est systématiquement en binôme.

Comment les saisonniers appréhendent-ils les risques professionnels ? 
A. S.
Il y a une vraie écoute lorsque ce sujet est abordé en formation. J’ai le sentiment que cette question de santé et sécurité au travail touche tous les collaborateurs de façon personnelle : ils comprennent bien que c’est une thématique qu’ils vont retrouver tout au long de leur parcours professionnel et que ce qu’ils apprennent au parc pourra leur être profitable ultérieurement, quelle que soit leur carrière. De plus, qu’ils travaillent au parc pour un, trois ou six mois en fonction des contrats, ils sont au contact d’acteurs de la sécurité au quotidien : je pense aux responsables de la sécurité du parc qui sont là pour les visiteurs, mais aussi pour les travailleurs, à leurs collègues sauveteurs secouristes ou formés à la prévention des risques liés à l’activité physique (Prap). Donc, en filigrane, les saisonniers profitent d’un maillage de personnes engagées pour la prévention des risques. 

QUID DE LA SANTÉ DES TRAVAILLEURS SAISONNIERS ?

Activités très diverses, hétérogénéité des profils de travailleurs… S’il est difficile d’appréhender le travail saisonnier et d’établir des données statistiques concernant cette modalité de travail, l’Observatoire régional de la santé (ORS) de Nouvelle-Aquitaine est parvenu à réaliser une enquête auprès de 1 627 travailleurs saisonniers afin d’en savoir plus sur leur santé, leurs conditions de vie et de travail. Les résultats mettent en avant que les travailleurs saisonniers sont souvent jeunes – un âge médian de 25 ans – avec une surreprésentation féminine (57 %). Concernant les conditions de travail, en comparaison avec la population générale des travailleurs salariés, les saisonniers sont soumis à des postes de travail avec des contraintes horaires importantes (travail posté ou en coupure, travail en weekend et jours fériés…) et des contraintes physiques plus fortes – notamment dans le secteur de l’agriculture et de la pêche. Malgré ces indicateurs, 93 % d’entre eux indiquent être globalement satisfaits de leur travail, ce qui laisse penser que le travailleur saisonnier est généralement dans une posture de travail « choisi » et que cette pénibilité est acceptée car expérimentée de façon passagère.

Propos recueillis par L.F.

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