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Les masques à usage unique utilisés dans le cadre de la pandémie de Covid-19 doivent-ils être considérés comme des déchets à risques infectieux ? Nécessitent-ils de suivre une filière de traitement spécifique ? Entretien avec Myriam Bouslama, expert d’assistance conseil à l’INRS.

© Gaël Kerbaol/INRS/2020

© Gaël Kerbaol/INRS/2020

Travail & Sécurité. Les masques à usage unique utilisés pour se protéger de la Covid-19 doivent-ils être considérés comme des déchets infectieux ?
Myriam Bouslama,
expert d’assistance conseil à l’INRS. Les masques à usage unique ne sont pas, à proprement parler, des équipements de protection individuelle (EPI). Pour autant, ils entrent dans la même catégorie que les EPI non réutilisables portés par des salariés exposés à des agents biologiques et doivent, à ce titre, être considérés comme des déchets contaminés. En conséquence, il convient d’être particulièrement vigilant lors de leur élimination, notamment pour prévenir les risques auxquels pourraient être exposés les salariés chargés de leur collecte voire de leur traitement.

Comment les entreprises doivent-elles donc procéder pour les éliminer ?
M. B.
Pour les entreprises du milieu des soins, qui disposent par définition de la filière Dasri (déchets d’activités de soins à risques infectieux), la question ne se pose pas réellement. Il n’en est pas de même pour toutes les autres, qui n’ont accès qu’à la filière des ordures ménagères. Les masques peuvent alors suivre le circuit traditionnel de traitement des déchets ménagers mais le sac dans lequel ils se trouvent doit être inséré dans un second sac résistant aux déchirures. Ces précautions limitent les risques de contamination pour les travailleurs en charge de la collecte. 
Certaines entreprises ont obtenu des dérogations pour collecter et recycler ces masques à usage unique en vue de valoriser la matière plastique qu’ils contiennent. Du fait de la grande quantité de masques manipulés, cette valorisation peut présenter un risque de contamination pour les travailleurs, depuis la collecte jusqu’au recyclage final. Dans ce cadre, il est donc nécessaire de respecter des mesures de prévention similaires à celles appliquées pour la filière Dasri.

Quelles sont ces mesures ?
M. B.
Elles portent sur les étapes successives de la prise en charge des déchets. La première est de s’assurer que la nature de l’emballage réponde bien aux consignes en termes d’étanchéité, de résistance, d’identification - et qu’il soit manipulé en suivant les règles établies par la filière. La deuxième consiste à veiller à leur déplacement en sécurité (fermeture hermétique, résistance aux manipulations, port de gants pour les manipuler…). La durée d’entreposage des déchets avant leur prétraitement est également réglementée et varie, depuis un an, de 5 jours à un mois en fonction de la quantité produite. Enfin, le prétraitement par désinfection doit être effectué selon un procédé bien établi avec des appareils répondant à un certain nombre de spécificités et de normes. 

EN SAVOIR PLUS

Déchets infectieux. Élimination des Dasri et assimilés. Prévention 
et réglementation. ED 918, INRS. 

Céline Ravallec

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