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Didier Carton est délégué du comité central HSCT des productions cinématographiques et publicitaires. Depuis mars dernier, il a fallu s’adapter sur les tournages pour appliquer les protocoles sanitaires.

© DR

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Comment se passent les tournages, depuis mars dernier ?
Didier Carton.
Lors du premier confinement, les tournages se sont arrêtés. Non pas par décision administrative, mais parce que nous n’avions pas de réponse toute prête aux questions qui se posaient. Comme d’autres branches, il a donc fallu élaborer un guide de mesures destinées à éviter la propagation du virus pendant l’activité professionnelle. Si nous avons été victimes d’un malheureux concours de circonstances, notre guide est sorti le jour où le gouvernement a publié un protocole dont la vocation était de se substituer aux guides de branches – notre travail a permis aux entreprises de décliner le protocole pour nos activités spécifiques. 

Après l’allocution présidentielle d’avril 2020, les tournages reprennent ?
D. C.
Oui, tous ceux qui avaient dû les interrompre n’avaient qu’une envie, reprendre au plus vite. D’autres avaient profité du confinement et étaient prêts. À mon niveau, si je me réfère au nombre de déclarations de production ce qui constitue seulement un indice, à quelques unités près, il semble qu’il y aura eu autant de tournages en 2020 qu’en 2019. Avec, pour ce qui est des tournages publicitaires, une augmentation assez marquée car beaucoup de tournages à l’étranger n’ont pu se faire… ils ont donc eu lieu en France.

Comment faire respecter les règles sanitaires sur les tournages ?
D. C.
Mon rôle est de conseiller, d’inciter… car la sécurité reste de la responsabilité de l’employeur : c’est à lui d’évaluer les risques et de décider. La difficulté, dans ce secteur, est de mettre en place des mesures de prévention, alors que nous touchons à l’artistique. Certes, il y a les mesures barrières mais le port permanent du masque est souvent incompatible avec les activités qui se déroulent face à la caméra. Il faut faire preuve d’imagi­nation, mais cela touche souvent la mise en scène et c’est un sujet délicat. En revanche, pour ceux qui travaillent à proximité des personnes non masquées (par exemple lors du maquillage ou des prises de vues), nous demandons des mesures renforcées avec le port de masques FFP2. Globalement, les mesures de protection sont bien comprises par les équipes.

Quel est le rôle du référent Covid ?
D. C.
Présent sur chaque tournage, son rôle ne doit pas se limiter à la distribution de gel hydroalcoolique. Il doit faire partie de l’encadrement, être associé au projet dès la préparation du tournage, la construction des décors… et contribuer à évaluer les risques et à déterminer les mesures adaptées. Nous avons identifié un autre point délicat sur lequel je voudrais insister. Il s’agit de l’organisation des repas, qui imposent l’abandon du masque et le regroupement des équipes dans des espaces clos. En complément de la distanciation, des mesures d’hygiène (surfaces et personnes), des modalités de distribution des repas, de la ventilation, il est primordial de rétablir une protection physique avec l’ajout d’écrans entre les convives.

Comment sont utilisés les tests de dépistage de la Covid ?
D. C.
Comme, dans certaines circonstances, tout le monde ne peut pas porter de masque, il y a eu un recours massif et régulier aux tests, même s’ils ne peuvent être obligatoires. Ces tests ont leur utilité, mais ils ne doivent pas être à l’origine d’une dérive. D’ailleurs, les organisations syndicales sont très vigilantes à ce que cela ne devienne pas une pratique conditionnant le contrat de travail… Cela peut devenir une vraie question sociétale. 

Propos recueillis Delphine Vaudoux

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