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© Vincent Nguyen pour l’INRS/2018

© Vincent Nguyen pour l’INRS/2018

Concerts, festivals de musique, boîtes de nuit, shows pyrotechniques, spectacles en tout genre… Avec l’été, le spectacle vivant a battu son plein, souvent accompagné de sons forts et parfois assourdissants. Un phénomène qui ne touche pas que les artistes sur scène ou en première ligne, chanteurs et musiciens. Qu’ils soient régisseurs, managers, techniciens ou encore serveurs, agents de sécurité, danseurs, etc., de très nombreux professionnels du secteur sont aussi directement exposés et concernés par le bruit dans le cadre de leur activité. Destiné à tous les professionnels du secteur de la musique et du divertissement, dont on estime que 50 % d’entre eux présentent un début de pertes auditives, un guide de prévention, L’Audition, un capital à préserver (https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/laudition_un_capital_a_preserver_guide_complet.pdf), vient d’être publié par la Direction générale du travail. Il a été rédigé conjointement par le CidB, Thalie Santé, l’INRS, la Cnam, la Cramif et Agi-Son (CidB : Centre d’information et de documentation sur le bruit ; Thalie Santé : service de prévention et de santé au travail principalement dédié aux entreprises et salariés du secteur des industries culturelles et créatives ; Agi-Son : association œuvrant dans le spectacle vivant pour une gestion sonore conciliant préservation de la santé auditive et respect de l’environnement et des conditions de la pratique musicale).

Ce guide répond à l’obligation réglementaire imposée par une directive européenne concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé relatives à l’exposition des travailleurs aux risques dus aux agents physiques (bruit). Composé de deux fiches introductives et cinq fiches pratiques, il présente les mesures de prévention à mettre en œuvre pour préserver le capital auditif de tous les professionnels exposés. « Les professionnels exerçant dans l’enceinte de diffusion de la musique ont clairement conscience du risque lié au bruit, commente Thomas Venet, responsable d’études au laboratoire Ototoxicité et neurotoxicité de l’INRS. Mais ils se heurtent encore à des difficultés pour mettre en œuvre les moyens de prévention. »
Deux fiches d’introduction s’adressent pour l’une aux employeurs et pour l’autre aux salariés. Deux autres, intitulées « Comment concevoir et aménager des lieux de diffusion de musique pour prévenir le risque auditif ? » et « Comment optimiser la sonorisation des lieux de diffusion de musique amplifiée ? », s’adressent aux décideurs et maîtres d’ouvrage qui gèrent des lieux de spectacle. Enfin, la fiche intitulée « Quelles protections auditives individuelles ? » vise, quant à elle, les porteurs de ces EPI ainsi que leurs employeurs, dans le cas où les mesures de protection collective s’avèrent inapplicables ou insuffisantes.
Toute perte auditive liée au bruit est irréversible, et malgré leur forte exposition, aucune des activités liées aux métiers du spectacle amplifié ne figure dans le tableau 42 des maladies professionnelles du régime général. « On observe que dans les secteurs du spectacle, bien souvent les intermittents sont moins bien protégés que les salariés permanents, poursuit Thomas Venet. Ce guide est donc aussi l’occasion de quelques rappels sur le fait que l’employeur est responsable de leur sécurité et doit leur fournir les EPI nécessaires. » 

Propos recueillis par C.R.

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