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SI LE TRAVAIL à distance a été pratiqué par un grand nombre de personnes de façon intensive depuis plus d’un an, il reste plébiscité comme vecteur d’autonomie dans l’organisation du travail et de souplesse dans les horaires. Mais avec des réserves… à commencer par le fait qu’il ne doit pas être pratiqué à temps plein. C’est ce qui ressort d’un rapport d’enquête intitulé « Télétravail, un an après », publié le 6 septembre dernier par l’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens CGT.

Explorant l’expérience du télétravail vécue par les salariés depuis le premier confinement lié à la pandémie de Covid-19, cette enquête aborde de multiples thématiques : organisation du travail, charge et temps de travail, conciliation entre vie professionnelle et vie privée, santé physique et mentale... Les données ont été recueillies en ligne durant quatre semaines, du 17 mai au 14 juin derniers, auprès de 14 830 salariés répondant à plus de 100 questions.

Inégalités renforcées

Si les réponses traduisent une grande hétérogénéité dans le vécu des personnes, reflétant les multiples situations qui ont été rencontrées, certains points saillants émergent. Ainsi, la durée, la charge et l’intensité du travail ont fortement augmentés pour une majorité des répondants, impactant directement la séparation entre vie professionnelle et vie privée. Les deux tiers des personnes ont répondu qu’avec le travail à distance, leur activité est devenue « plus chronophage, plus stressante et a entraîné davantage de charge mentale ».

Concernant le travail collectif, pour plus de la moitié des répondants, l’esprit d’équipe s’est dégradé. En matière de droit à la déconnexion et de définition de plages horaires précises, les auteurs de l’enquête soulignent que « les inégalités se renforcent entre les petites entreprises, avec peu ou pas de représentants du personnel, et les plus grosses », qui ont négocié des accords. D’ailleurs, « le télétravail a été généralisé aux catégories socioprofessionnelles qui en bénéficiaient auparavant », remarquent encore les auteurs.

Concernant les questions de santé, le télétravail prolongé a favorisé la sédentarité, la survenue de troubles musculosquelettiques et de migraines, liées notamment au travail sur écran. La majorité des salariés n’a en effet pas été équipée de matériel ergonomique adapté financé par l’employeur. Sur le plan de la santé mentale, 19 % des personnes ont déclaré présenter un symptôme dépressif (d’après l’échelle définie par l’OMS). Deux tiers des personnes disent s’être senties isolées. Malgré ces constats nuancés, la quasi-totalité des salariés souhaitent poursuivre partiellement leur activité en télétravail, sous réserve qu’il soit mieux encadré et organisé. 

LE CHIFFRE DU MOIS

18 médicaments cytostatiques utilisés comme traitements anticancéreux sont suspectés par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail d’être nocifs pour la santé. L’Anses a recommandé le 20 juillet dernier d’inclure les travaux exposant à ces principes actifs à l’arrêté fixant la liste des procédés cancérogènes en droit du travail. L’Agence a également émis des recommandations afin de sensibiliser les employeurs et protéger les professionnels potentiellement exposés, soit près de 100 000 personnes.

Céline Ravallec

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