ACTUALITÉS

© Guillaume J.Plisson pour l’INRS/2020

© Guillaume J.Plisson pour l’INRS/2020

Les deux derniers week-ends de novembre, sous le tunnel du Mont-Blanc, s’est déroulé un chantier de réfection des chaussées qui a nécessité le retrait préalable d’enrobés présentant des traces d’amiante en faible quantité. Sur deux tronçons, de 360 m et 860 m de long, la totalité des enrobés a été retirée sur une épaisseur variant de 10 à 15 cm. La circulation avait été interrompue du samedi soir au lundi matin. Du fait des enjeux de réouverture dans les délais, une logistique particulière a été mise en place. « Les moyens humains et matériels ont été surdimensionnés afin de pallier les éventuels imprévus et de tenir les délais, explique Steeve Foirest, chef de secteur amiante chez Colas. Beaucoup de matériel était à disposition en double, en cas de panne. »

La base-vie a ainsi commencé à être installée deux semaines avant le début de l’intervention. À l’extérieur du tunnel, des échafaudages ont été montés pour permettre la pose des sacs double peau dans les bennes sans risque de chute de hauteur. Un chapiteau chauffé pour protéger contre les intempéries et le gel avec rampes de brumisation et dispositif de décontamination des engins a été installé en sortie de zone pour que les opérations de fermeture de ces mêmes sacs se fassent aussi en sécurité.

Une approche globale de maîtrise des risques

Afin d’empêcher toute dispersion de polluant à l’intérieur du tunnel, un rideau de brumisation avec un dispositif de captage et filtration des eaux a été installé à chaque extrémité de la zone d’intervention. Toutes les machines, y compris la raboteuse, étaient équipées d’une cabine sur-pressurisée et de brumisateurs, afin de rabattre au sol les éventuelles fibres d’amiante en suspension. De nombreuses mesures d’empoussièrement ont été réalisées durant les deux week-ends d’intervention. Seule une fibre d’amiante a été détectée sur un opérateur qui se trouvait en zone amiante. L’ensemble des mesures a montré l’efficacité de la brumisation intégrée aux machines. 

Pour éviter tout risque d’écrasement, une barrière immatérielle, sous forme d’un repère lumineux projeté au sol, indiquait aux opérateurs amiante la zone à ne pas franchir autour de la raboteuse. Toute marche arrière a été proscrite pour les véhicules, d’où la création d’un sens de circulation unique : les poids lourds allaient faire demi-tour à l’autre sortie du tunnel.

Ce protocole résulte de l’expérience de Colas, qui a déjà réalisé des chantiers similaires et qui effectue après chacun d’eux un retour d’expériences. « Il y a eu des réflexions, des réalisations techniques et organisationnelles appréciables autour du désamiantage qui aurait pu focaliser toutes les attentions, mais l’entreprise a eu une approche globale de maîtrise des risques », résume Pierre-Alban Doucet, contrôleur de sécurité à la Carsat Rhône-Alpes. Un échange entre maître d’ouvrage, maître d’œuvre, Carsat et OPPBTP avait eu lieu en amont pour définir les principes de réalisation des travaux, qui ont ensuite été intégrés au dossier d’appel d’offres. « Colas a présenté une analyse globale des risques très complète, ce qui était rassurant pour le maître d’ouvrage, et a contribué à choisir le mieux-disant à la suite de l’analyse multicritères des offres », conclut Cyrille Cheurlin, chef de projet chez Artelia, maître d’œuvre. 

Céline Ravallec

Haut de page