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Masques en tissu, masques chirurgicaux, masques FFP2… À l’heure où, depuis plusieurs mois, tout travailleur doit porter un masque sur son lieu de travail, et alors que de nouveaux produits arrivent sur le marché, Michèle Guimon, chef du pôle risques chimiques de l’INRS, apporte son expertise sur les bons usages.

© Fabrice Dimier pour l’INRS/2020

© Fabrice Dimier pour l’INRS/2020

Travail & Sécurité. Depuis peu, des distributeurs proposent des masques textiles revêtus d’une substance biocide. Ces derniers présentent-ils un intérêt ? 
Michèle Guimon, chef du pôle risques chimiques de l’INRS
. L’ajout de substances biocides n’améliore pas l’efficacité de filtration du masque, ils n’apportent donc pas de plus-value par rapport aux masques non traités comme moyen de lutte contre la transmission de la Covid-19. Ils pourraient au contraire présenter des dangers pour la santé. Il est donc nécessaire que le fabricant fasse une évaluation préalable des risques toxicologiques associés à ces produits en tenant compte de la nature et de la dangerosité des substances utilisées, de la quantité présente sur le masque, de la qualité d’adhérence au tissu, de la durée d’utilisation et de la proximité avec les voies respiratoires. Par ailleurs, ces masques doivent être lavés avant le premier emploi et changés au bout de quatre heures. Étant donné qu’ils peuvent être salis et contaminés par d’autres micro-organismes que le Sars-CoV-2, ils doivent être lavés après chaque utilisation, tel que préconisé pour les masques non traités.

Quelle est la différence entre un masque chirurgical et un masque FFP2 ?
M. G.
Un masque chirurgical est un dispositif médical (norme EN 14683) et non un équipement de protection individuelle. Il est destiné à éviter la projection de gouttelettes du porteur du masque vers son entourage. Il protège également ce dernier contre les projections de gouttelettes émises par une personne en vis-à-vis. En revanche, il ne protège pas contre l’inha­lation de très petites particules en suspension dans l’air. On distingue trois types de masques chirurgicaux : 

  • le type I présente une efficacité de filtration supérieure à 95 % d’un aérosol de taille moyenne 3 µm ;
  • le type II offre une efficacité de filtration supérieure à 98 % ;
  • et le type IIR une efficacité de filtration supérieure à 98 % ainsi qu’une résistance aux éclaboussures.
    Quant au masque FFP, il s’agit d’un équipement de protection individuelle (conforme à la norme NF EN 149 sur les appareils de protection respiratoire). Il est destiné à protéger celui qui le porte contre l’inhalation à la fois de gouttelettes et de particules en suspension dans l’air. Le port de ce type de masque est plus contraignant du fait de l’inconfort thermique et de la résistance respiratoire. Il existe trois catégories de masques FFP, selon leur efficacité, estimée en fonction de la nature du filtre et de la fuite au visage : les masques FFP1 filtrent au moins 80 % des aérosols de taille moyenne 0,6 µm, les masques FFP2 en filtrent au moins 94 % et les masques FFP3 en filtrent au moins 99 %.

Des dispositifs complémentaires permettent-ils d’améliorer l’efficacité et le confort des masques chirurgicaux ?
M. G.
L’ajout d’une barrette nasale permet d’améliorer l’ajustement du masque et d’éviter la buée pour les personnes qui portent des lunettes. En revanche, l’introduction de coques à l’intérieur des masques est déconseillée : ces dispositifs écartent en effet le masque du visage, empêchant ainsi un bon ajustement et augmentant la pénétration des aérosols par le pourtour du masque.

Quels masques préconisez-vous dans une situation de travail où deux salariés ne peuvent pas être éloignés ? 
M. G.
Si la distance minimale ne peut pas être respectée, chaque opérateur concerné doit porter soit un demi-masque filtrant FFP1 de préférence sans soupape, en particulier en espace clos mal aéré, soit un masque chirurgical de type I. Des visières (ou écrans faciaux) peuvent également être proposées, en complément du masque, en cas de contact rapproché avec du public ne portant pas de masque. Ces visières protègent les muqueuses oculaires des porteurs des grosses gouttelettes émises immédiatement après une toux par une personne à proximité et face à l’écran, mais ne permettent pas de protéger des particules restant en suspension. 

PROPOS RECUEILLIS PAR Céline Ravallec

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