DOSSIER

Le réseau ADMR des Vosges est constitué de 37 associations locales, d’une association départementale et d’une fédération. Ces 39 structures, toutes autonomes, proposent des services d’aide à domicile sur l’ensemble du département. La fédération ADMR pilote et harmonise la prévention des risques professionnels des 880 salariés. La Carsat Nord-Est les a accompagnées dans cette démarche.

Marie-Noëlle Hatton-Couval aide à la préparation du déjeuner d'une bénéficiaire.

Marie-Noëlle Hatton-Couval aide à la préparation du déjeuner d'une bénéficiaire.

À 11 h 30, après avoir garé sa voiture à proximité du bâtiment de quatre étages, Marie-Noëlle Hatton-Couval accède par l’ascenseur au domicile de Paule, 95 ans. Sa tenue de travail enfilée, l’auxiliaire de vie réchauffe le déjeuner préparé par un traiteur local. Anciennement salariée dans la restauration, elle porte une attention particulière à la présentation des plats avant de les apporter sur un plateau. Tout en lui donnant son repas, elle discute avec Paule. Celle-ci bénéficie des services de l’association ADMR d’Épinal depuis huit ans, mais ces trois dernières années, la fréquence des visites a augmenté. « Depuis que Paule a fait une chute et ne peut plus utiliser son poignet », précise Marie-Noëlle Hatton-Couval.

Ils sont actuellement cinq salariés à se relayer pour l’assister 7 jours sur 7, toute l’année, dans les gestes qu’elle ne peut plus faire seule : la toilette, l’habillage, la préparation des repas, le ménage. « Et aussi l’accompagner pour une balade, à ses rendez-vous médicaux, ou jouer au scrabble ou aux cartes avec elle », ajoute la salariée. La nonagénaire a encore toute sa tête, se lève et se déplace seule, éventuellement à l’aide d’une canne ou d’un déambulateur. Il n’a donc pas été nécessaire d’équiper son domicile en aides techniques particulières, à l’exception d’un siège de douche. Le trois-pièces est lumineux, spacieux et bien rangé. Rien ne traîne au sol, aucun obstacle n’entravera le bon déroulement de l’intervention.

« Étant l’intervenante attitrée, je passe quatre fois par jour, 5 jours sur 7. En plus de ces quatre visites, je réalise entre cinq et six interventions en moyenne dans la journée », précise l’auxiliaire de vie, qui opère sur le secteur urbain et résidentiel d’Épinal et alentours, chez des personnes âgées ou handicapées. « Notre travail permet aux personnes de rester chez elles, souligne-t-elle. Chaque bénéficiaire a son caractère, mais je n’ai jamais eu de problème à m’adapter. Nous agissons avec diplomatie car nous sommes au domicile de la personne accompagnée. » Les lieux d’intervention sont aussi très variés… le tout menant à une multitude de situations de travail pour les aides à domicile de l’association ADMR d’Épinal.

Il s’agit de l’une des 37 associations locales du réseau ADMR des Vosges chacune étant sur une zone géographique. Ensemble, elles couvrent tout le département. Les 776 salariés d’intervention assistent principalement des personnes en perte d’autonomie, du fait de leur âge ou d’un handicap, « des activités particulièrement accidentogènes, qui présentent notamment des risques de troubles musculosquelettiques [TMS] et de chutes », note Florence Ung, contrôleur de sécurité de la Carsat Nord-Est.

L’ADMR EN FRANCE

  • L’ADMR est un réseau associatif national composé de 92 fédérations départementales. Il propose des services à la personne de la naissance à la finde vie dans quatre domaines : services et soins aux séniors, accompagnement du handicap, enfance et parentalité, entretien du domicile. Dès sa création en 1945, l’ADMR a développé un modèle associant clients, bénévoles et salariés permettant de remplir plusieurs missions : développer le lien social, créer des emplois et répondre aux besoins de tous.
  • 2 700 associations locales
  • 94 375 salariés
  • 96 000 bénévoles
  • 720 000 clients

En 2016, la direction de l'ADMR des Vosges a fait de la qualité de ses services et de la prévention des risques professionnels une priorité, en embauchant une responsable QHSE, Céline Duclet. Celle-ci a débuté par une démarche d’harmonisation des pratiques au sein des 39 structures. Chaque association est en effet administrée et gérée par une équipe de bénévoles. « La fédération ADMR joue un rôle de conseil et d’accompagnement auprès des associations », précise Céline Ambert, responsable RH de la fédération.

Conseil et accompagnement

« J’ai rédigé un document unique d’évaluation des risques professionnels [DUERP] commun et un plan d’action pour l’ensemble des associations, explique Céline Duclet. Une fois par an, dans chaque association, un groupe de travail composé du président de l’association, du secrétaire fédéral et de salariés réactualise le DUERP. Par ailleurs, un comité de pilotage fédéral, qui se réunit trois fois par an, a été mis en place il y a trois ans afin de gérer la prévention des risques professionnels en faisant un point régulier avec les présidents des structures : suivi des indicateurs de sinistralité, analyse des accidents du travail significatifs, etc. » 

Pour accompagner les associations au quotidien, quatre encadrants de secteur, salariés de la fédération, constituent des appuis et des relais essentiels de proximité dans cette démarche. « Ils ont suivi la formation de trois jours proposée par la Carsat pour mettre en œuvre et animer les actions de prévention des risques au sein de structures d’aide à domicile », précise Florence Ung.

L’évaluation des risques au domicile est un levier important pour prévenir les deux principaux risques professionnels identifiés par les associations, à savoir les chutes et les TMS liés à la manutention. « En 2016, nous avions envisagé de faire faire une évaluation exhaustive des risques dès la première visite au domicile des personnes accompagnées réalisée par les bénévoles lors de la constitution du dossier de prestation », se souvient Florence Ung. Cependant, par manque de temps lors du démarrage de la prise en charge, l’idée a malheureusement été abandonnée. « Le bénévole ne renseigne que la partie la plus visible des risques : un tapis qui constitue un risque de chute, des accès difficiles, un éclairage insuffisant…, détaille Céline Duclet. Cette fiche d’évaluation, qui a été formalisée en 2018, reste ensuite dans le cahier de liaison plusieurs semaines afin d’être complétée par les salariés au cours des premières interventions. »

Fin 2017, au sein de chaque association, des réunions ont été organisées afin d’aborder la prévention des risques professionnels et ainsi sensibiliser les salariés et les bénévoles. « C’est l’opportunité de faire remonter les difficultés de terrain », explique Céline Duclet. « L’ensemble des actions menées par la fédération a permis de diffuser une culture de prévention des risques professionnels au sein de toutes les associations », apprécie Florence Ung. 

Katia Delaval

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