DOSSIER

Le garage Gray Automobile a changé de mains il y a deux ans. Le nouveau propriétaire a décidé d’améliorer la démarche de prévention dans l’entreprise et a trouvé en Seirich un parfait allié, non seulement pour évaluer le risque chimique, mais aussi pour informer son personnel et alimenter son projet de conception de nouveaux locaux.

Les nombreuses informations sur le risque chimique apportées par le logiciel vont permettre d’intégrer la prévention dans la conception du prochain bâtiment qui abritera l’entreprise fin 2018.

Les nombreuses informations sur le risque chimique apportées par le logiciel vont permettre d’intégrer la prévention dans la conception du prochain bâtiment qui abritera l’entreprise fin 2018.

Dans le département de la Haute-Saône, le garage Gray Automobile combine deux activités. La vente de véhicules, neufs et occasions des marques Renault et Dacia, et la réparation mécanique et carrosserie. Il y a deux ans, les onze salariés de l’entreprise, mécaniciens, carrossiers et peintres, ont vu leur quotidien évoluer lorsque Christophe Claudet a racheté la concession. Si le nouvel acquéreur souhaite alors conserver les équipes, il a cependant en tête de changer leurs habitudes en ce qui concerne la sécurité.

Les premières mesures touchent notamment les fumeurs qui sont invités à quitter l’atelier pour pouvoir s’en griller une. « Cela m’a immédiatement interpellé quand je suis arrivé dans les locaux, se remémore Christophe Claudet. Voir les gars la cigarette au bec alors que des produits inflammables sont utilisés et stockés juste à côté, ce n’était juste pas possible. Certains ont renâclé au début, mais tous ont fini par comprendre que s’exposer ainsi à des risques d’incendie ou d’explosion était tout simplement inconcevable. » Le nouveau patron demande également que les clients ne soient plus accueillis dans les ateliers de réparation et milite activement pour le port des gants.

Cette fibre préventive, Christophe Claudet en a hérité de ses années dans un grand groupe d’ingénierie. Une période qui l’a confronté à des problématiques de santé et sécurité, sans toutefois qu’il soit partie prenante dans leur résolution. Au-delà des actions de bon sens qu’il met en place dans son garage, il sait devoir agir sur le risque chimique, puisque ses salariés manipulent des graisses, des huiles et des peintures notamment. Il s’attelle donc à l’inventaire des produits utilisés et à la collecte des fiches de données de sécurité correspondantes. Mais sans connaissance particulière du sujet, difficile de savoir que faire ensuite de ces informations.

C’est une intervention du Conseil national des professions de l’automobile (CNPA), il y a huit mois, qui lui a permis de repartir de l’avant. « Nous avons signé une convention avec la direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l’emploi (Direccte) de Besançon pour accompagner une cinquantaine de gérants sur le risque chimique en s’appuyant sur Seirich, raconte Jean-François Lessard, animateur HSE au CNPA. Cela représente 98 ateliers, mécaniques ou carrosseries, et donc autant d’évaluations. L’établissement Gray automobile était un candidat idéal. Le logiciel a permis de valoriser la démarche déjà initiée par Christophe Claudet. »

INTERVIEW

Jean-François Lessard, animateur HSE au CNPA

« Pour instaurer une culture de prévention des risques dans les métiers de l’automobile, comme dans d’autres domaines d’activité, il est primordial de s’adresser aux futurs professionnels du secteur. Il est compliqué d’amener un mécanicien qui a vingt ans de métier à modifier ses habitudes de travail. Si on sensibilise les jeunes à ces questions pendant leurs études, à leur entrée dans le monde de l’entreprise, ils seront prêts à entendre les discours de prévention et à appliquer les bonnes pratiques en la matière. Dans cette optique, j’ai décidé d’utiliser Seirich lors de sessions de formation que j’ai dispensées au début de l’année 2017 aux responsables pédagogiques des CFA de Bourgogne-Franche-Comté. Ceux-ci s’appuieront à leur tour sur le logiciel pour enseigner aux apprentis les principes de l’évaluation des risques chimiques. Si Seirich a été conçu pour les entreprises, sa simplicité d’utilisation, notamment en niveau 1, et les informations auxquelles il donne accès lui permettent d’être employé à des fins d’apprentissage. »

Outre l’information des équipes, Christophe Claudet utilise le logiciel pour rationaliser et réduire ses stocks en repérant les produits qu’il n’est plus nécessaire de conserver. « J’ai pu réduire le nombre de mes fournisseurs, car nous achetions des produits différents pour un même usage sans nous en rendre compte, explique Christophe Claudet. Je conserve les références les moins dangereuses, ce que je n’aurais pas su faire sans Seirich. Je ne suis pas expert et comparer deux FDS ne m’aurait pas permis d’arriver à des conclusions. »

Autre avancée à mettre au crédit de l’outil informatique, l’entreprise est maintenant informée sur les bonnes pratiques de stockage. « Je n’en avais aucune idée, avoue Christophe Claudet. C’est typiquement le genre de renseignement qui va me permettre de mieux concevoir mes nouveaux locaux. » Car en effet, un déménagement est prévu pour fin 2018 et l’employeur compte bien profiter de cette opportunité pour concevoir un bâtiment qui intègre la dimension prévention.

« Christophe Claudet a sollicité la Carsat pour obtenir des aides financières pour son projet. En s’appuyant sur Seirich, il a identifié des points d’action, comme le stockage de produits, l’aspiration des poussières de ponçage ou la ventilation du local de peinture, qui sont pris en compte dans la conception des futurs ateliers, souligne Fabrice Baretti, contrôleur de sécurité à la Carsat Bourgogne-Franche-Comté. Ce n’est pas si souvent qu’un dirigeant de TPE pense prévention aussi tôt, en amont. » Une belle démarche, donc, et même si l’entreprise n’en est qu’au début de sa politique en santé et sécurité au travail, Seirich lui a permis de passer un cap en matière de risques chimiques et d’intégrer cette problématique dans ses projets d’avenir.

Damien Larroque

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