DOSSIER

© Grégoire Maisonneuve pour l’INRS/2021

En limitant l’accumulation de polluants au sein des locaux de travail, la ventilation
contribue à maîtriser essentiellement les risques chimiques, biologiques et d’explosion.
Si toutes les entreprises sont concernées, le type de ventilation à mettre en œuvre est lié à l’activité et à l’analyse préalable des risques présents dans l’entreprise.

Le confort des salariés est un élément qui doit être pris en compte dans le choix d'un système de ventilation : maintien d’une température adaptée à l’activité, respect de vitesses d’air pas trop élevées au niveau des postes de travail (sensation de courant d’air), sans oublier la limitation du bruit généré par les installations de ventilation.

Le confort des salariés est un élément qui doit être pris en compte dans le choix d'un système de ventilation : maintien d’une température adaptée à l’activité, respect de vitesses d’air pas trop élevées au niveau des postes de travail (sensation de courant d’air), sans oublier la limitation du bruit généré par les installations de ventilation.

LA VENTILATION consiste à assurer des apports d’air provenant de l’extérieur (air neuf). C’est une mesure technique de prévention collective qui permet de garantir la qualité de l’air d’un lieu et limite la propagation et l’accumulation de polluants. Et c’est de plus une obligation réglementaire. En revanche, contrairement à certaines idées reçues, la ventilation n’est pas réservée aux seules activités industrielles qui émettent des polluants spécifiques sous forme de gaz, de vapeurs, de poussières ou d’aérosols liquides. Bureaux, commerces, entrepôts de stockage… Toutes les entreprises sont concernées pour l’ensemble de leurs locaux de travail.

« Dans les bâtiments tertiaires, la ventilation contribue à préserver la qualité de l’air intérieur (QAI), c’est-à-dire à éviter l’accumulation de polluants », explique Laurence Robert, responsable d’études en ingénierie aéraulique à l’INRS. Du dioxyde de carbone et de la vapeur d’eau provenant de la respiration des occupants ainsi que des polluants chimiques, de multiples natures, peuvent s’y accumuler comme les composés organiques volatils (COV). « Les effets d’une mauvaise QAI sur la santé sont variés et non spécifiques, poursuit-elle. Irritations de la peau, des muqueuses respiratoires, sécheresse oculaire, inconfort, maux de tête… Ces symptômes, qui peuvent devenir chroniques, dépendent de la nature des polluants, de la fréquence d’exposition et de la sensibilité des personnes exposées. »

Dans les bureaux, ces polluants peuvent être émis notamment par le bâtiment, le mobilier, le matériel informatique, les produits d’entretien… « Dans les entrepôts de stockage et les magasins, autres environnements tertiaires, nous avons mis en évidence la présence de polluants émis par la marchandise neuve », souligne Laurence Robert.

Trois types de risques professionnels

Dans l’industrie, viennent souvent s’ajouter des polluants spécifiques, qui dépendent des activités qui y sont pratiquées. Poussières (de bois, de métal, de plastique, de farine…), gaz et vapeurs émis par l’utilisation de produits chimiques (peintures, solvants, colles, dégraissants, colorants…), fumées de soudage, émissions de moteurs thermiques, fluides de coupe, produits de combustion, polluants biologiques des eaux usées… les polluants rencontrés sont très variés. Selon leur nature, ils peuvent présenter des risques chimiques, des risques biologiques ou encore des risques d’explosion. La ventilation contribue à maîtriser l’exposition des salariés à ces risques. Et, idéalement, elle s’effectue sans recyclage de l’air extrait, afin d’éviter que les polluants captés soient réintroduits dans l’atmosphère de travail.

LA RÉGLEMENTATION

Le Code du travail (articles R 4222-5 et 6) fixe un débit minimal d’air neuf à introduire par occupant, lorsque l’aération est assurée par ventilation mécanique : 25 m3/h dans les bureaux et locaux sans travail physique, 30 m3/h dans les locaux de restauration, 
de vente ou de réunion, 45 m3/h dans les ateliers ou locaux avec travail physique léger et 60 m3/h dans les autres ateliers et locaux. L’aération par ventilation naturelle, assurée exclusivement par ouverture de fenêtres ou autres ouvrants donnant directement sur l’extérieur, est autorisée lorsque le volume par occupant est égal ou supérieur à 15 m3 pour les bureaux et les locaux où est accompli un travail physique léger et à 24 m3 pour les autres locaux

« La ventilation est à mettre en place lorsque la suppression de ces risques, par substitution des produits ou par modification des process de fabrication, n’est pas possible, explique Bruno Courtois, expert assistance-conseil à l’INRS. On distingue deux types de ventilation : la ventilation générale, qui sert à renouveler l’air, et la ventilation localisée, qui permet le captage à la source de polluants. » Les dispositifs de captage des polluants au plus près de leur point d’émission évitent leur diffusion dans l’atmosphère de travail. « Lorsque sa mise en œuvre est possible, ce captage à la source est à favoriser par rapport à une ventilation générale car il s’avère toujours plus efficace », précise l’expert.

Une installation à vérifier

« Chaque situation de travail est unique : une analyse préalable des risques contribuera à déterminer la solution la plus adaptée à mettre en œuvre », poursuit-il. Une réflexion approfondie basée sur l’évaluation des risques doit être entreprise afin de déterminer le bon système de ventilation, qui sera adapté aux polluants émis, mais aussi aux machines et aux process utilisés. Le confort des salariés est un élément qui doit aussi être pris en compte : maintien d’une température adaptée à l’activité, respect de vitesses d’air pas trop élevées au niveau des postes de travail (sensation de courant d’air), sans oublier la limitation du bruit généré par les installations de ventilation. Les Carsat, la Cramif et les CGSS sont des partenaires particulièrement appréciables pour guider les entreprises dans leur choix.

À l’installation d’un système de ventilation, il est nécessaire que le chef d’entreprise s’assure que les valeurs aérauliques (débits ou vitesses d’air) sont conformes aux besoins exprimés dans le cahier des charges soumis à l’installateur. Il faut également veiller au respect des valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) pour les polluants à évacuer, quand elles existent. La constitution d’un dossier d’installation est une obligation réglementaire, aussi bien pour les réseaux de ventilation générale que pour ceux du captage à la source. « Le réseau de ventilation doit être entretenu régulièrement, ajoute Bruno Courtois, et des contrôles réalisés au minimum une fois par an conformément à la réglementation. » Ces contrôles visent à s’assurer que les débits ou les vitesses d’air restent conformes à ceux mesurés initialement et donc du bon fonctionnement des installations et de la protection de la santé des salariés, au cours du temps. Les mesures effectuées lors du contrôle initial et des contrôles périodiques doivent être reportées dans le dossier d’installation. Ce dernier devant être tenu à disposition des inspecteurs du travail, des agents des Carsat, Cramif, CGSS et des membres du CSE.  

ZOOM

DES GUIDES POUR BIEN VENTILER
La ventilation est une affaire de spécialistes. Face à un problème de pollution de l’air intérieur de ses locaux, une entreprise dont ce n’est pas le métier peut se trouver démunie. Afin d’apporter à ces structures un maximum d’informations sur la question, des groupes de travail composés d’experts en ventilation des services de prévention des Carsat, de la Cramif et de l’INRS ont rédigé des « Guides pratiques de ventilation ». Il s’agit d’une série de guides techniques traitant spécifiquement de la ventilation appliquée à différents types d’activités. Ils ont pour objectif d’aider à la conception de systèmes de ventilation installés pour la prévention contre des risques chimiques ou biologiques. Ils s’adressent, d’une part, aux entreprises utilisatrices pour les aider dans la rédaction de cahiers des charges pour l’acquisition de telles installations et, d’autre part, aux concepteurs et installateurs pour leur permettre de proposer des équipements efficaces et adaptés aux activités concernées. Ils couvrent des activités diverses telles que le soudage, la seconde transformation du bois, les laboratoires d’anatomie et de cytologie pathologiques ou les chantiers amiante. Il existe actuellement 27 guides pratiques de ventilation, disponibles sur le site de l'INRS (www.inrs.fr).

EN SAVOIR PLUS

  • Principes généraux de ventilation – guide pratique de ventilation. ED 695, INRS. 
  • Réceptionner et contrôler une installation de ventilation : réseaux de captages. ED 6366, INRS. 
  • Aération et assainissement ­ Aide-mémoire juridique. TJ5, INRS.

Katia Delaval

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