DOSSIER

Pour faire face à un développement très important des chaufferies au bois, en particulier celles qui équipent les collectivités territoriales depuis quelques années, les acteurs de la filière bois en Drôme-Ardèche ont réalisé un travail important sur la conception des lieux de livraison, afin d’y limiter les risques professionnels.

Dans un certain nombre d’installations, la livraison est réalisée par soufflage et mise en dépression du silo : ce système permet d’éviter toute exposition aux poussières de bois.

Dans un certain nombre d’installations, la livraison est réalisée par soufflage et mise en dépression du silo : ce système permet d’éviter toute exposition aux poussières de bois.

Chutes ou glissades, manutentions, poussières, circulation, coactivité possible avec d’autres acteurs, voire le public… « Les risques professionnels lors de la livraison de bois aux chaufferies sont nombreux, détaille Gilles Sospedra, contrôleur de sécurité à la Carsat Rhône-Alpes. Mais le sujet était complexe : nous nous adressons à des salariés et des entreprises du régime général, qui livrent essentiellement des établissements dont les maîtres d’ouvrage ou les personnes en charge de cette fonction travaillent pour des collectivités territoriales. Comment donc toucher les deux publics et faire passer des messages de prévention ? »

Trop souvent, les collectivités ne s’associent pas à la conception, ce qui donne des résultats médiocres.

La solution est venue de rencontres successives. À l’occasion d’une présentation portant sur la sécurité devant des acteurs locaux, Gilles Sospedra et Luc Thomasset de la Carsat Rhône-Alpes croisent Mathieu Petit, chargé de mission Bois-Énergie à Fibois Drôme-Ardèche, un organisme interprofessionnel qui regroupe des entreprises de l’ensemble de la filière bois Ardèche et Drôme. Celui-ci travaille alors à la création d’un guide sur la livraison de bois pour les chaufferies, notamment celles des collectivités. Filière et métiers relativement jeunes, absence de références propres, nombreux travaux portant sur les risques dans des secteurs proches (services, commerces…) : « Nous avons réalisé ensemble qu’il existait une opportunité unique de développer la prévention des risques professionnels, tant auprès des entreprises que des collectivités, des fournisseurs que des clients, des intervenants que des donneurs d’ordre. Cela passe notamment par un travail essentiel sur la conception des espaces (lieux et situations) de travail », poursuit le contrôleur de sécurité.

Mathieu Petit, avec l’aide de la Carsat et d’autres experts (Cibe, Fibra et divers fournisseurs), a donc réalisé une brochure de conception des aires de livraison de bois (déchiqueté ou granulés) aux collectivités locales : « Nous avons constaté que, lors de la conception des futurs lieux de livraison, les architectes ou bureaux d’études souhaitaient disposer de données précises et chiffrées pour le dimensionnement des futurs postes. Aussi, il faut prévoir une solide information, voire une formation préalable, autant auprès du maître d’ouvrage que de l’architecte ou du bureau d’études, avant de procéder à toute phase de conception de projet. Faute de quoi, on court le risque de rater le poste de livraison à la réalisation et de multiplier les risques, tant professionnels que de coactivités possibles (avec les groupes scolaires, les publics divers…), du fait de l’allongement des temps de livraison », détaille le chargé de mission de Fibois Drôme-Ardèche.

La solution est venue de rencontres successives. À l’occasion d’une présentation portant sur la sécurité devant des acteurs locaux, Gilles Sospedra et Luc Thomasset de la Carsat Rhône-Alpes croisent Mathieu Petit, chargé de mission Bois-Énergie à Fibois Drôme-Ardèche, un organisme interprofessionnel qui regroupe des entreprises de l’ensemble de la filière bois Ardèche et Drôme. Celui-ci travaille alors à la création d’un guide sur la livraison de bois pour les chaufferies, notamment celles des collectivités. Filière et métiers relativement jeunes, absence de références propres, nombreux travaux portant sur les risques dans des secteurs proches (services, commerces…) : « Nous avons réalisé ensemble qu’il existait une opportunité unique de développer la prévention des risques professionnels, tant auprès des entreprises que des collectivités, des fournisseurs que des clients, des intervenants que des donneurs d’ordre. Cela passe notamment par un travail essentiel sur la conception des espaces (lieux et situations) de travail », poursuit le contrôleur de sécurité.

Mathieu Petit, avec l’aide de la Carsat et d’autres experts (Cibe, Fibra et divers fournisseurs), a donc réalisé une brochure de conception des aires de livraison de bois (déchiqueté ou granulés) aux collectivités locales : « Nous avons constaté que, lors de la conception des futurs lieux de livraison, les architectes ou bureaux d’études souhaitaient disposer de données précises et chiffrées pour le dimensionnement des futurs postes. Aussi, il faut prévoir une solide information, voire une formation préalable, autant auprès du maître d’ouvrage que de l’architecte ou du bureau d’études, avant de procéder à toute phase de conception de projet. Faute de quoi, on court le risque de rater le poste de livraison à la réalisation et de multiplier les risques, tant professionnels que de coactivités possibles (avec les groupes scolaires, les publics divers…), du fait de l’allongement des temps de livraison », détaille le chargé de mission de Fibois Drôme-Ardèche.

REPÈRES

Guide technique Concevoir et dimensionner en toute sécurité un silo de chaufferie bois. Fibois (à paraître fin 2015).

Silos à livrer

Portes-lès-Valence, dans la Drôme, est une commune d’environ 10 000 habitants, équipée d’une chaufferie au bois déchiqueté. Cet équipement permet d’alimenter un ensemble de bâtiments collectifs : deux écoles, un restaurant scolaire, un bâtiment destiné à la petite enfance. Un travail important sur la conception du poste de livraison a été mené : « Le silo date de 2011, précise Pierre Paturel, technicien territorial à la mairie et responsable du secteur Bâtiments. Nous connaissions de nombreux points de livraison mal conçus, qui non seulement entraînent de mauvaises conditions de travail pour les entreprises, mais génèrent aussi des surcoûts dus aux délais de livraison allongés. Trop souvent, les collectivités ne s’associent pas à la conception et laissent courir les projets, ce qui donne des résultats médiocres. »

Ici, la zone de livraison a été pensée en tenant compte des usages futurs : il s’agit d’un espace séparé de la voie publique, avec possibilité pour les camions d’entrer en marche avant, de manœuvrer sur une zone assez large et de placer la benne au-dessus du silo. « Les livraisons ont lieu d’octobre à avril, une fois par semaine en moyenne, avant sept heures du matin, afin d’éviter toute coactivité avec les groupes scolaires », souligne Pierre Paturel. Le silo, entouré de garde-corps, s’ouvre, à l’aide d’un moteur hydraulique, avec un angle supérieur à 90 degrés : « Cela fait partie des recommandations de notre guide de conception, signale Mathieu Petit. Ainsi, on réduit considérablement les risques de heurts de la benne avec la structure. » À chaque livraison, 30 m3 de bois déchiqueté peuvent être déversés directement de la benne au silo, en moins de trois minutes. Derrière les garde-corps, un cheminement est prévu pour le nettoyage. Au fond du silo, un déssileur rotatif permet de distribuer, via une vis sans fin, les copeaux de bois dans la chaudière (lire à ce sujet l’interview de Pierre Paturel).

INTERVIEW

Pierre Paturel, technicien territorial à la mairie de Portes-lès-Valence
« Les raisons du choix de ce type de chauffage ont été d’ordre à la fois économique et politique. Le bois résineux, d’origine locale, représente un produit à la fois simple d’accès, peu onéreux, et de signature modeste pour l’environnement. Nous consommons à peu près 600 m3 par an, ce qui implique une vingtaine de livraisons chaque hiver. Un chiffre qui justifie amplement les investissements réalisés pour le poste de livraison. Nous réalisons dorénavant sur le silo une maintenance préventive des pales du déssileur, avec un changement tous les 18 à 24 mois. Les contraintes mécaniques sur cet équipement sont fortes en cours de fonctionnement. »

À Manthes, également dans la Drôme, un autre type de chaufferie fonctionne aux granulés de bois reconstitué. Elle assure le chauffage d’un ensemble de bâtiments : deux logements, la mairie-école, une bibliothèque, une salle polyvalente et une cantine scolaire. Patrick Lepetit, adjoint au maire, s’en réjouit : « Ce choix nous a permis de réaliser des économies substantielles et de doubler nos capacités de chauffage par rapport à l’installation précédente. » La chaufferie et le silo destiné à recevoir les granulés sont installés depuis deux ans et livrés deux fois par an, en général l’hiver : « Nous consommons entre cinq et six tonnes de granulés par an, pour une qualité de chauffage excellente », indique l’adjoint. La livraison est réalisée par soufflage et mise en dépression du silo : « Ce système permet d’éviter toute exposition aux poussières de bois, signale Gilles Sospedra. Attention cependant à ne pas négliger d’autres risques en lien avec la tâche : positionnement des bouches sans trop de hauteur, accès facilités pour le livreur, etc. Toutes ces dispositions ont été reprises dans le guide mis au point par Fibois, avec l’appui de la Carsat. »

FAITS & CHIFFRES

  • Le combustible utilisé par la chaufferie de Portes-lès-Valence est de la « plaquette forestière », provenant essentiellement du massif du Vercors, situé à moins de 50 km ; P31 (dimensions inférieures à 31 mm) – M30 (humidité inférieure à 30 %).
  • Lors des livraisons par soufflage comme à Manthes, les tuyaux utilisés sont des standards européens en termes de diamètre (en général du « DN 100 »), mais les entreprises prévoient souvent d’autres standards (notamment scandinaves) en cas de chaufferies hors normes (en termes de diamètre des bouches de livraison).
  • La brochure d’aide à la conception et à l’utilisation de postes de livraison de bois dans les chaufferies sera disponible sur plusieurs sites internet d’ici la fin 2015 : le site de la filière bois, celui de la Carsat Rhône-Alpes, ceux de l’Ademe, de la Draf, etc.

Antoine Bondéelle

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