DOSSIER

Vestas France, fabricant d’éoliennes, forme très tôt ses salariés à la prévention des risques professionnels. Voire avant même leur prise de poste, grâce à un partenariat avec des lycées.

À quels risques professionnels sont exposés les salariés de Vestas France ?
Nicolas Wolff, directeur général de Vestas France. Le secteur de l’éolien est relativement récent, mais les risques, assez nombreux, sont plutôt bien définis dans le lexique de la prévention des secteurs ou entreprises plus anciens : risques électriques bien sûr, mais aussi travail en hauteur, – les éoliennes les plus hautes pouvant culminer à près de 100 m de haut  –, risques mécaniques avec les axes cinématiques et les parties tournantes… Sans oublier les conditions météorologiques, le risque routier lors des déplacements ou missions, les activités physiques, etc.

Quelles mesures de prévention avez-vous développées ?
Marie Prunet, responsable hygiène, sécurité, environnement (HSE) de Vestas France. La sécurité est abordée à l’embauche de nos collaborateurs à travers une formation obligatoire de trois semaines dès l’arrivée, comprenant notamment la prévention des risques professionnels. Nos plans de formation continue comprennent des montées en compétences supplémentaires, dont la prévention : mises à niveau, recyclages, spécialisations selon les métiers (interventions sur pales et éléments mobiles)… Pour le travail en hauteur, nous disposons de trois formateurs en interne, certifiés selon les référentiels en vigueur. Les autres formations sont assurées par des organismes habilités. Elles comprennent notamment l’habilitation électrique, les formations spécifiques aux machines et équipements, la sécurité incendie, le sauvetage-secourisme du travail, les activités physiques, l’utilisation d’équipements sous pression… Sur les chantiers d’installation d’éoliennes, nous organisons des minutes sécurité hebdomadaires, ainsi que des réunions mensuelles plus formelles.

N. W. La sécurité est un aspect fondamental de nos métiers. Nous insistons tout particulièrement auprès de notre encadrement pour piloter et relayer en interne les messages de prévention auprès des salariés. Dans notre presse interne, nous publions régulièrement des rappels concernant la sécurité. Globalement, nous avons bien progressé depuis sept ans sur la prise en compte de la prévention. Nous disposons également d’un CHSCT très actif, qui collabore aussi à l’amélioration des conditions d’exercice : par exemple, un système d’évaluation des équipements, en particulier des équipements de protection individuelle, sous le pilotage de Mme Prunet, fonctionne depuis plusieurs années. Nous effectuons également, en liaison avec la Carsat Languedoc-Roussillon et le Centre interrégional de mesures physiques (CIMP) : mesures de niveaux sonores, poussières dans les nacelles. Enfin, les bonnes relations que nous entretenons avec un certain nombre de nos clients (développeurs et distributeurs d’énergie électrique : EDF, Engie, etc.) nous permettent d’organiser un réseau favorisant les échanges d’informations et de bonnes pratiques de prévention, voire de faire converger les points de vue.

Quelles autres actions menez-vous envers des publics plus larges ?

M. P. Nous avons engagé des partenariats avec plusieurs lycées techniques et IUT en France, qui préparent leurs élèves à des diplômes intéressant directement la filière (en particulier, la formation des techniciens de maintenance des parcs éoliens) : à Nîmes, Charleville-Mézières, ou au Mans… L’apprentissage fourni aux élèves comprend notamment les bases essentielles en santé et en sécurité au travail (BESST). De nombreux élèves sont embauchés à l’issue de leur formation. Les autres salariés bénéficient de nos cursus de formation continue, de mise à niveau et d’amélioration des connaissances ou des compétences.

VESTAS : FAITS ET CHIFFRES

@ Gael KerbaolFiliale du groupe Vestas Monde, leader sur la filière en France.
280 salariés à Montpellier et Paris, 180 personnes environ réparties en huit centres régionaux de maintenance sur le territoire.
2 257 MW installés pour 1 130 machines en opération. Vente d’énergie électrique aux distributeurs ou développeurs : EDF EN (énergies nouvelles), Engie, etc. Vente des machines et installations avec des contrats de maintenance « full-scope » (ensemble des prestations) sur 15 ans.

Propos recueillis par Antoine Bondéelle

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