DOSSIER

CPI-Salina, TPE qui fabrique des pompes pour tous les secteurs de l’industrie,
s’est installée dans de nouveaux locaux à Chanteloup-les-Vignes l’année dernière. La partie administrative du bâtiment, tout comme les espaces dédiés à la production, a été conçue en intégrant des principes de prévention et en portant une attention toute particulière aux ambiances lumineuses, sonores et thermiques.

Au premier étage, les bureaux de 3,5 mètres de hauteur sous plafond sont dotés de larges baies vitrées, et la partie supérieure des murs est constituée de polycarbonate double peau, un matériau filtrant mais laissant passer les rayons du soleil.

Au premier étage, les bureaux de 3,5 mètres de hauteur sous plafond sont dotés de larges baies vitrées, et la partie supérieure des murs est constituée de polycarbonate double peau, un matériau filtrant mais laissant passer les rayons du soleil.

AU SEIN de l’entreprise CPI-Salina, le monde des Shadoks n’est jamais très loin. à l’instar de cette civili­sation imaginaire, la TPE yvelinoise a fait du pompage son cœur de métier : elle fournit des équipements d’aspiration de liquides et autres pâtes. Et pas n’importe quelles pompes puisqu’elle conçoit et fabrique du matériel sur mesure. En plus de la centaine de commandes qui sortent annuellement de ses ateliers, la société importe et distribue des références étrangères. Autre corde à son arc, la location de pompes bâties pour résister à la rudesse des chantiers de travaux publics particuliers, comme ceux des fondations de lignes TGV ou de métro. 

Le montage des mécaniques expose les salariés qui officient dans les ateliers à des risques chimiques, mais aussi mécaniques, physiques, ou de port de charge. Quand, en 2017, décision est prise de quitter les locaux d’Andrésy, pour aller à proximité immédiate, dans la commune de Chanteloup-les-Vignes, afin de répondre à l’augmentation de l’activité, Jean Auniord, directeur de l’établissement, pense en profiter pour améliorer les conditions de travail de la production. « Une visite de l’inspection du travail avait pointé des problèmes au niveau de notre cabine de peinture de l’époque et je tenais à m’équiper d’un pont roulant qui facilite les manutentions des pièces les plus volumineuses », se remémore-t-il. Aussi, lorsqu’il parle de son projet avec d’autres professionnels, ils lui conseillent de se rapprocher de la Cramif afin de se faire aider dans le choix de ces équipements. 

« Emmanuelle Lepage, contrôleur de sécurité à la Cramif, m’a expliqué que je pouvais en profiter pour faire évoluer les conditions de travail de mon équipe adminis­trative. Ce qui ne m’avait pas effleuré l’esprit, reconnaît Jean Auniord. Ça a été une véritable prise de conscience et nous avons travaillé sur le projet en intégrant la prévention des risques présents dans les bureaux. » Ainsi, sur les 1 400 m2 du nouveau bâtiment dont la TPE a pris possession en juin 2019, 400 sont dédiés au tertiaire, ce qui est quatre fois plus que précédemment. Ils abritent huit bureaux individuels, trois au rez-de-chaussée et cinq à l’étage qui accueille en outre un bureau collectif de quatre postes. 

Déversement de lumière naturelle

Les dix administratifs, sur les quinze salariés que compte l’entreprise, ont pu donner leur avis sur cette répartition et sont désormais très à l’aise. « Aujourd’hui, toutes les places ne sont pas occupées. Cela nous permet d’accueillir des stagiaires et d’envisager sereinement d’éventuels recrutements », souligne Jean Auniord. « Cela change tout. À Andrésy, nous étions littéralement les uns sur les autres. Je travaille pour ma part dans le bureau collectif et il y a bien quatre mètres entre mes collègues et moi, abonde Irvin Ducarteron, technico-commercial sédentaire. Quant à nos confrères souvent sur la route, ils ont désormais leur propre bureau. Plus besoin de se serrer lorsqu’ils sont de passage. Et du côté de la luminosité, c’est le jour et la nuit. C’est le cas de le dire. »

UN PAS APRÈS L’AUTRE

Si les murs répondent à de nombreuses exigences de prévention, l’ergonomie des postes tertiaires de l’entreprise CPI-Salina peut être améliorée. « Chaque chose en son temps, tempère Jean Auniord, directeur de l’établissement. Nous venons d’investir dans ce beau bâtiment. Dès que cela sera possible, nous travaillerons ce point. Peut-être en acquérant des bureaux réglables en hauteur. Une entreprise pas loin d’ici en propose, cela nous permettra de nous renseigner facilement. »

Favorisée au maximum, la lumière naturelle se déverse par les nombreuses baies vitrées et le puits de lumière qui surplombe l’escalier. « Les anciens locaux, c’était Germinal, plaisante Liliane Botelho, la comptable, devant une porte-fenêtre au travers de laquelle est visible une terrasse. J’avais la chance d’avoir une petite fenêtre, contrairement à d’autres qui travaillaient dans des pièces aveugles, mais elle laissait passer un courant d’air. Ici, nous avons de la lumière et il fait bon. » 

Au premier étage, la hauteur sous plafond de 3,5 mètres permet une autre source de clarté : la partie supérieure des murs est constituée de polycarbonate double peau, un matériau filtrant mais laissant passer la lumière. « Ainsi, nous pouvons régulièrement nous passer d’allumer les éclairages à leds, affirme Jean Auniord. En revanche, ce matériau a aussi été utilisé d’un seul tenant entre les deux niveaux et fait le lien entre le réfectoire et le bureau collectif. Et il conduit le son d’un étage à l’autre. » 

Un panneau acoustique a été posé sur le mur adjacent pour absorber les discussions provenant de la salle de restauration. Cela aurait été dommage de ne pas rectifier le tir, d’autant que la prévention de l’exposition au bruit a été prise en compte par ailleurs. Dans tous les bureaux, de la moquette et des plafonds acoustiques confèrent une ambiance feutrée. « Je souffre d’hyperacousie, confie Jean Auniord. J’étais donc particuliè­rement sensible à cet aspect de la conception et je dois dire que je suis très satisfait. » Même son de cloche du côté du bureau collectif : « Quand l’un d’entre nous est au téléphone, ça n’empêche pas de se concentrer », acquiesce Irvin Ducarteron.

Feuille blanche

Enfin, dans une volonté de contrôle de l’ambiance thermique, les murs extérieurs de la partie administrative sont en double épaisseur. Le système de chauffage consiste en une climatisation réversible et chaque bureau possède un tableau de commande pour que les occupants puissent régler la température. Le toit a été équipé d’un débord qui protège du soleil en été, notamment du côté de la terrasse qui doit bientôt être agrémentée de jardinières, de bassins et d’un mur d’eau, histoire de mettre en avant l’efficacité des pompes maison. 

« Le centre de mesures physiques de la Cramif a validé nos installations par le biais de mesures d’éclairage, thermiques et sonores, se félicite Jean Auniord. Agrandir l’ancien bâtiment ne nous aurait pas fait gagner autant d’espace et aurait coûté beaucoup plus cher. Sans pour autant nous permettre d’aller aussi loin dans la recherche de bonnes conditions de travail. Partir d’une feuille blanche pour intégrer les solutions de prévention dès le départ, c’est ça le secret de locaux sûrs et agréables. »

UN MAL POUR UN BIEN

En 2018, alors qu’un emplacement pour accueillir le nouveau bâtiment de l’entreprise CPI-Salina est trouvé et que la conception des futurs locaux avance, le projet subit un coup d’arrêt. Le propriétaire du terrain n’ayant pas effectué les démarches administratives nécessaires à la découpe de son bien en différents lots, la vente est repoussée. « Ce ralentissement a finalement été une bonne chose, car c’est lors de ce moment de flottement que je me suis adressé à la Cramif pour solliciter son aide. Son intervention m’a non seulement ouvert les yeux sur ce qui pouvait être fait en matière de conditions de travail dans les bureaux, mais m’a aussi évité de commettre des erreurs sur la partie atelier. J’imaginais placer la cabine de peinture au milieu de ce dernier, ce qui aurait vraiment compliqué la mise en place du circuit de ventilation », estime Jean Auniord, directeur de l’établissement. Le terrain sur lequel s’élève aujourd’hui le bâtiment de CPI-Salina est situé à Chanteloup-les-Vignes, à 1 km environ des anciens locaux d’Andrésy. Rester dans la même zone géographique tenait à cœur au dirigeant de l’entreprise qui voulait éviter à ses salariés, qui habitent dans la région, de devoir effectuer de longs trajets, que ce soit sur la route ou dans les transports en commun franciliens. « En plus, nous sommes vraiment à deux minutes de la gare, ce qui est très pratique », indique Liliane Botelho, la comptable. 

Damien Larroque

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