DOSSIER

Le programme « Aidants-aidés, une qualité de vie à préserver » a vu le jour en 2012 en Aquitaine. Son objectif est de diminuer les accidents à la fois chez les salariés de l’aide à domicile et chez les personnes qu’ils accompagnent.

Le programme « Aidants-aidés, une qualité de vie à préserver »  a été créé en 2012 par la Carsat Aquitaine. En quoi consiste-t-il ?
Sandrine Paradis, ingénieur-conseil à la Carsat Aquitaine et pilote du programme
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Ce programme a pour objectif de prévenir les risques au domicile de trois publics : les personnes aidées, leurs proches et les professionnels de l’aide et du soin à domicile. Le logement, qui est un lieu de vie pour les uns et de travail pour les autres, peut présenter des situations à risques d’accidents pour tous, de chutes par exemple. Par ailleurs, plus la personne accompagnée est valide et autonome, moins l’aidant effectue de manutentions, ce qui réduit les accidents du travail associés : c’est en quelque sorte un cercle vertueux. Le dispositif propose un accompagnement technique, méthodologique et financier aux structures d’aide et de soins à domicile, que ce soit des établissements publics, des entreprises privées ou des associations. L’idée est que les solutions choisies soient avantageuses tant pour les bénéficiaires que pour les aides à domicile, pour préserver la qualité de vie de chacun.

Concrètement, qu'est-ce que ça donne ?
S. P.
Les contrôleurs de sécurité de la Carsat Aquitaine, en association depuis 2019 avec des cabinets d’ergonomie, accompagnent pendant deux ans les établissements qui participent au programme. Plusieurs actions sont menées dans chacun d’entre eux. Tout d’abord, afin d’animer, de cadrer et d’organiser la démarche de prévention des risques professionnels, un référent est nommé au sein de la structure. La formation de l’ensemble des salariés va alors les aider à repérer des risques au domicile, afin de mettre en place des solutions d’aménagement de l’habitat ou des aides techniques selon les besoins identifiés. Dans les cas les plus complexes, le programme prévoit un accompagnement par un spécialiste (ergonome ou ergothérapeute).

La Carsat travaille avec des partenaires extérieurs sur ce programme ?
Pierrick Chaussée, directeur adjoint Maladie, action sociale, risques professionnels de la Carsat Aquitaine de 2010 à 2020
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Le secteur de l’aide à domicile est atypique. Il est essentiellement financé par des fonds publics ou sociaux, notamment par les conseils départementaux. Ce sont eux qui pilotent la politique d’accompagnement des personnes âgées et des personnes handicapées. Ils ont donc un rôle essentiel dans le fonctionnement et le financement du programme. Nous les avons associés très tôt à ce projet. Le secteur se distingue aussi par la structure des entreprises, essentiellement associatives ou publiques. La mobilisation des partenariats engagés par la Carsat au titre de la politique d’action sociale en faveur des retraités a permis aux préventeurs de rencontrer les bons interlocuteurs et de mieux appréhender l’organisation et les enjeux de ce secteur professionnel.

Quels résultats avez-vous obtenus avec ce programme ?
S. P.
Nous avons testé le programme en 2012, en Dordogne et dans les Landes, puis nous l’avons étendu en 2015 à la Gironde, au Lot et aux Pyrénées-Atlantiques. Environ 450 structures d’aide à domicile sont présentes sur ce territoire et nous en avons accompagné 170 depuis la mise en place du programme. En 2016, l’indice de fréquence des accidents du travail dans les structures que la Carsat Aquitaine a accompagnées était de 82, puis de 76 en 2018. Les services de santé au travail des structures que nous avons suivies nous ont également signalé qu’il n'y aavait plus autant de licenciements pour inaptitudes médicales. 

LE PROGRAMME « AIDANTS-AIDÉS » EN SEINE-MARITIME

Trois structures de Seine-Maritime – une association et deux entreprises – participent au programme « Aidants-aidés ». « Il débute par une journée de formation pour les dirigeants aux risques professionnels, explique Thierry Gantois, ingénieur-conseil à la Carsat Normandie et pilote de l’expérimentation. Puis, nous réalisons un diagnostic dans chaque structure qui leur sert de base pour établir un plan d’action. Il porte sur trois axes : l’organisation de la santé et la sécurité, l’accueil des nouveaux embauchés et la formation et la gestion des compétences. » Des formations spécifiques pour les salariés du terrain sont proposées : le repérage de situations dangereuses et l’utilisation d’aides techniques. Le service Action sociale-retraite et le service Prévention des risques professionnels de la Carsat animent un comité technique auquel les trois structures participent, afin d’échanger sur leurs avancées et les difficultés rencontrées.

Propos recueillis par K. D.

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