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Comment concilier enjeux de santé et de sécurité au travail et exigences relatives au bien-être animal ? Porté par l’Institut de l’élevage (Idele), le projet Bouv’innov propose aux intervenants impliqués une méthode pour la conception et la rénovation ainsi que des références techniques d’aménagement des bouveries et bergeries d’abattoirs.

© Gaël Kerbaol/INRS

© Gaël Kerbaol/INRS

La mise en ligne début avril du site internet www.bouvinnov.fr marque l’aboutissement d’un projet né au dernier trimestre de 2017. Un projet porté par l’Institut de l’élevage (Idele) et financé par la Cnam, la Carsat Bretagne, la MSA et l’association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes (Interbev). L’objectif de Bouv’innov est de s’intéresser aux conditions de travail dans les bouveries et bergeries d’abattoirs, à savoir toute la zone ante mortem, du déchargement à la gestion des animaux, la mise en logement, le stockage et la mise à mort.

« Le projet est parti du principe qu’en améliorant les conditions de travail, on réduit les risques et la pénibilité pour les salariés, mais on a également une action positive sur le bien-être animal et la qualité des viandes et des cuirs », explique Barbara Ducreux, chef de projet conditions de travail et protection animale à l’Idele. Le but est de fournir aux entreprises d’abattage et aux intervenants potentiels (collectivités territoriales, équipementiers, bureaux d’études, préventeurs, vétérinaires…) des références actualisées : d’une part une méthode pour mener des projets de conception et de rénovation des abattoirs 1, et d’autre part des références techniques sur l’aménagement des bouveries et bergeries.

Pour cela, l’Idele a commencé par effectuer une enquête en ligne auprès des abattoirs français, contactés par le biais des trois fédérations d’abattage. Le but était d’identifier les besoins des entreprises. En parallèle, l’Institut s’est rapproché de l’Aract Bretagne avec laquelle il a accompagné pendant plus d’une année deux maîtrises d’ouvrage qui portaient chacune un projet de conception d’abattoir. Un troisième site, de construction récente, a fait l’objet d’un retour d’expériences.

Référentiel méthodologique

Ces différents suivis contribuent à produire un enseignement méthodologique. « Nous avons également mobilisé les équipementiers d’abattoirs.
La plupart ont répondu présents et participé à la coconstruction de grands repères de conception, impliquant une diversité d’acteurs », poursuit
Barbara Ducreux. Par ailleurs, le Centre interrégional de mesures physiques de la Carsat Bretagne
a également entrepris des études sur les nuisances physiques, chimiques (bruit, ventilation, qualité des sols…) et liées aux risques biologiques, jusqu’alors très peu objets d’investigations dans ces établissements.

« Dès à présent, une vidéo consultable sur le site www.bouvinnov.fr et regroupant des témoignages de professionnels délivre les principaux messages clés du projet, annonce Barbara Ducreux : la réussite de la conception ou de la rénovation d’un abattoir repose notamment sur le pilotage du projet, l’implication des salariés et la coopération avec les services vétérinaires. » Le site met également à disposition le référentiel méthodologique détaillant les différentes phases de conception-rénovation et un référentiel technique sur la base de fiches illustrées relatives aux différentes étapes de travail : déchargement et réception des animaux, identification et tri, mise en logement, amenée au système de contention et mise à mort.

« Chaque fiche présente les différentes tâches, les solutions techniques et les exigences réglementaires. Nous y avons intégré des dimensions relatives à l’ergonomie et à la circulation des personnes dans les plans de conception des bouveries, souligne Séverine Demasy, expert d’assistance-conseil à l’INRS. Ce travail collaboratif a également permis de sensibiliser l’ensemble des acteurs aux risques liés aux machines ». 

G.B.

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