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Un nouveau modèle de l’outil d’aide à la conception en 3D Mavimplant vient d’être mis en ligne. Dédié à la restauration, il guide les utilisateurs tout au long de leur démarche de conception ou d’aménagement de leur futur local professionnel. Sylvie Marcoux, conseillère entreprises à la CCI du Var, a participé à l’élaboration de l’outil et réalisé les premiers tests auprès d’utilisateurs, avant son lancement officiel.

© Fabrice Dimier pour l’INRS

À partir des premiers tests de l’outil Mavimplant Restauration réalisés auprès de professionnels de votre département, qu’avez-vous observé ?
Sylvie Marcoux
. L’intérêt pour les utilisateurs est de voir leur futur espace de fabrication, c’est-à-dire la cuisine, en maquette 3D. Cet outil les aide à positionner le matériel en alliant réglementation en termes d’hygiène alimentaire et exigences de sécurité au travail. La démonstration permet d’intégrer beaucoup d’éléments, d’envisager divers scénarios. En visionnant l’espace, ils s’imaginent à l’intérieur du local et peuvent s’y projeter en activité. Cela peut même éclairer dans certains cas sur le choix ou non d’un futur local de restauration.

Quel est le degré d’information des restaurateurs sur la santé et sécurité au travail ?
S. M.
La majorité d’entre eux connaît l’existence de la réglementation, mais ce n’est pas leur première préoccupation. Ils se consacrent beaucoup plus à l’hygiène alimentaire par exemple. Ils maîtrisent le côté technique de leur métier, mais n’ont pas toujours le temps de s’occuper de la prévention. Pourtant, les risques sont présents et multiples dans l’activité : TMS, chutes de hauteur ou de plain-pied, glissades, coupures, brûlures… C’est aussi pourquoi Mavimplant est intéressant pour nous en tant que relais. Les dirigeants de ces TPE étant l’équivalent de maîtres d’ouvrage, cet outil d’aide à la conception nous offre un rôle de pédagogie et d’information pour les accompagner et leur expliquer les différentes règles qu’ils doivent respecter. Mavimplant étant axé à la fois sur les règles d’hygiène et sur la sécurité, au moment de la conception, il est possible de dire « attention, plusieurs risques se rencontrent, il faut les prendre en compte ».

Outre les restaurateurs, d’autres acteurs peuvent-ils être intéressés par Mavimplant restauration ?
S. M.
Les restaurateurs font parfois appel à des cuisinistes ou à des architectes pour les aider dans leur projet. Ces professionnels n’ont pas non plus forcément la maîtrise des questions de santé et sécurité au travail. Pour eux aussi, l’outil Mavimplant s’avère pertinent. Bien sûr, il ne se substitue en aucun cas aux professionnels, à leur expertise, chacun reste à sa place. Mais il permet de mieux concilier les interventions du conseiller de la CCI, de l’architecte, du cuisiniste et du restaurateur, d’ouvrir à de nouveaux sujets d’échanges.

MAVIMPLANT, LA RESTAURATION TRADITIONNELLE ET LES RISQUES PROFESSIONNELS

Mavimplant restauration est le troisième outil informatique développé par l’INRS après ceux destinés aux métiers de la réparation automobile et de la boulangerie-pâtisserie. Il s’agit, à l’instar de ses prédécesseurs, d’un logiciel d’aide à la conception en 3D des lieux de travail, destiné aux TPE-PME. Cette nouvelle version de Mavimplant s’inscrit dans une offre de prévention plus large destinée à la restauration traditionnelle, un secteur qui représentent 600 000 salariés, près de 100 000 entreprises, majoritairement des TPE, et près de 1,7 million de journées perdues chaque année en raison d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. Un partenariat entre l’Assurance maladie-risques professionnels, l’INRS et CCI France a permis le déploiement auprès des acteurs du secteur d’un socle de prévention, notamment à travers la recommandation R 493 adoptée le 5 octobre 2016 par le comité technique national D (services, commerces et industries de l’alimentation), ou encore la mise à disposition de l’outil d’aide à l’évaluation des risques OiRA Restauration.

En savoir plus : www.inrs.fr/restauration

LE CHIFFRE

7 ans,

c’est le temps moyen entre chaque création-reprise d’un restaurant.

Propos recueillis par Céline Ravallec

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