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ANSES

Un rapport pointe les effets des horaires atypiques hors travail de nuit

Le 2 septembre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié une expertise collective consacrée aux effets des horaires atypiques, hors travail de nuit, sur la santé des travailleurs. Le point sur les principaux enseignements et les pistes de prévention.

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Corinne Soulay - 28/09/2026
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Vue d'une situation de travail en horaires atypiques.

Travailler plus de 8 heures par jour ou plus de 40 heures par semaine, tôt le matin (à partir de 5 heures) ou tard le soir (jusqu’à minuit), le week-end, en journées fractionnées ou horaires décalés de type 2x8… Plus de la moitié des Français seraient concernés par ces horaires de travail, dits atypiques. « Ce terme désigne l’ensemble des aménagements du temps de travail qui sortent du cadre “standard”, c’est-à-dire 8 heures de travail entre 8 h et 19 h, 5 jours par semaine, du lundi au vendredi. Cela recouvre donc des réalités diverses », explique Laurence Weibel, experte d’assistance médicale à l’INRS, qui a participé à l’expertise de l’Anses. Concernant leur impact éventuel sur la santé, si les effets du travail de nuit sont bien documentés, ceux des autres formes d’horaires atypiques étaient jusque-là moins connus. Une expertise collective de l’Anses vient de paraître sur le sujet.

Premier enseignement de cette recherche : quelle que soit leur forme, les horaires atypiques entraînent des conséquences sanitaires et sociales. Les grandes amplitudes horaires sont notamment fortement associées à une augmentation du risque cardiovasculaire et des troubles psychiques, comme la dépression et l’anxiété, ainsi que des troubles du sommeil. Les études tendent également à montrer que le travail le week-end a un effet sur la vie sociale et familiale et favorise l’apparition de troubles cardiométaboliques, de troubles de la santé mentale et du sommeil, de douleurs musculosquelettiques et d’accidents du travail.

Des impacts sanitaires et sociaux

Mêmes observations concernant les horaires décalés, la littérature scientifique évoque des effets néfastes sur la vie sociale et familiale (surtout pour le travail en soirée), la santé mentale et cardiovasculaire, ainsi que sur la durée et la qualité du sommeil (en particulier pour les postes du matin). Plusieurs mécanismes seraient à l’oeuvre dans la survenue de ces effets négatifs. « La dette de sommeil et l’irrégularité des cycles veille-sommeil, les désynchronisations circadiennes (quand les horaires atypiques “frôlent” ceux de nuit), ou encore le stress chronique, lié notamment à la difficulté à concilier vie personnelle et vie professionnelle, pourraient être en cause », souligne Laurence Weibel.

Le rapport met également en lumière un phénomène de polyexposition : au cours de sa carrière, un salarié  peut être confronté à plusieurs types d’horaires atypiques dont les effets vont se cumuler. « On observe aussi que ces travailleurs sont davantage exposés à d’autres risques professionnels tels que les risques psychosociaux (RPS) ou, comme l’INRS l’a montré dernièrement, les risques chimiques », ajoute l’experte.

Des pistes d’action

Comment prévenir les risques liés aux horaires atypiques ? L’Agence appelle tout d’abord à limiter le recours régulier à ce type d’organisation lorsque c’est possible ou, à défaut, à mieux préparer leur mise en place et à les encadrer. « La priorité pour  l’employeur est d’évaluer les risques associés, souligne Laurence Weibel. Des outils spécifiques restent à développer mais, pour l’heure, il est déjà possible d’utiliser l’outil “RPS DU” développé par l’INRS, qui comprend un volet sur les horaires atypiques. » En revanche, faute de connaissances suffisantes, la question de la prise en compte des polyexpositions, notamment celles liées aux RPS et aux agents chimiques, reste ouverte.

La mise en place d’horaires de travail atypiques requiert également un certain nombre de précautions. En premier lieu, il convient d’associer les salariés au choix des horaires et des rythmes, et de privilégier les personnes volontaires. L’employeur doit aussi veiller à préserver une bonne articulation entre temps de travail et temps de vie personnelle. Si possible, ne pas imposer des prises de poste trop tôt le matin ou des départs trop tardifs, et s’assurer que ces horaires sont compatibles avec les transports en commun, pour éviter notamment les accidents de trajet. Il est également important d’agir sur le contenu du travail, en laissant des marges de manoeuvre suffisantes au salarié pour s’organiser et en favorisant la dimension collective du travail.

« Le soutien social qui en découle réduit l’exposition aux risques psychosociaux, note Laurence Weibel. En cas de rotation, par exemple, c’est bien de prévoir un temps de chevauchement pour les transmissions. Souvent, en particulier pour les amplitudes horaires de 12 heures, ces temps-là ne sont pas intégrés et se font donc sur le temps personnel du salarié. » Une dernière piste concerne les dispositifs compensatoires. L’Anses préconise de privilégier des compensations favorables à la santé plutôt que seulement pécuniaires, comme des repos supplémentaires, des lieux et temps alloués à la microsieste…

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