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Les feux de forêt s’imposent aux entreprises des régions touchées

Cet été, des incendies de grande ampleur ont touché la France. Pour les entreprises des zones touchées, même celles qui n’ont pas été victimes des flammes, les locaux peuvent avoir été exposés aux fumées d’incendie. Il est alors nécessaire de prendre des précautions avant de faire revenir les salariés. Le point avec Florian Marc et Éric Silvente, experts d’assistance-conseil à l’INRS. 

3 minutes de lecture
Delphine Vaudoux - 26/08/2026
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Un casque de pompier

Travail & Sécurité. À l’occasion de grands feux comme ceux qui ont lieu cet été dans plusieurs régions de France, des entreprises qui n’ont pas été touchées par les flammes peuvent s’être retrouvées prises par les fumées d’incendies. Existe-t-il après coup des risques liées à cette expostion lorsque l’entreprise a la capacité de poursuivre son activité ? 

Florian Marc. Oui, car les fumées d’incendie peuvent contenir de nombreux polluants dépendant notamment de la nature des combustibles, mais aussi des conditions de combustion et des produits utilisés pour lutter contre les incendies. De plus, il peut y avoir des poussières qui se sont déposées et qui nécessitent un nettoyage approfondi. Après un incendie, parmi les substances les plus rencontrées, dont certaines sont cancérogènes, on retrouve notamment : des particules fines et de suie ainsi que des gaz et vapeurs tels les monoxyde de carbone, dioxyde de carbone, dioxyde de soufre, composés organiques volatiles (acroléine, formaldéhyde, benzène…), composés semi-volatiles. 

Quelles sont les précautions à prendre avant de faire revenir les salariés ?

Éric Silvente. Il faut éviter toute précipitation, prendre le temps d’analyser la situation en fonction de l’incendie, de son intensité, de la configuration des locaux et des conditions de fonctionnement avant sinistre. Ce n’est qu’après que l’on peut définir les interventions et les planifier. Et suivant les situations, il peut être nécessaire de recourir à une expertise externe (Carsat, service de prévention et de santé au travail SPST, assureur…). Pour la remise à disposition des locaux, il est important, dans la mesure du possible, de faire appel à une société spécialisée dans le nettoyage de locaux après exposition à des fumées d’incendie.
S’il n’est pas possible faire appel à une telle société, il est nécessaire a minima de mettre en route la ventilation mécanique des locaux, pendant 24 heures, après une vérification des prises d’air neuf et un changement préventif des filtres de traitement d’air, sans recours au recyclage de l’air. L’objectif est d’évacuer les polluants gazeux mais aussi les potentielles particules et dépôts présents dans les conduits de ventilation. Si les locaux ne sont pas dotés d’une ventilation mécanique, il faut procéder à une aération naturelle, pendant au moins 24 heures. À noter qu’avant d’intervenir, il est primordial de s’équiper d’une combinaison jetable, de gants type nitrile et d’un appareil de protection respiratoire (APR) muni d’un filtre polyvalent permettant de se protéger à la fois des poussières et des gaz : ABEK1 (pour les gaz) P3 (pour les poussières).
Une fois la ventilation des locaux réalisée, reste la pollution sous forme solide (poussières, suies). Pour cela, on pourra porter un APR muni seulement d’un filtre de classe P3 (comme un FFP3), en plus des gants et de la combinaison. Un nettoyage à l’humide est la solution pour éliminer les poussières et dépôts, qui évite leur remise en suspension. L’usage d’un aspirateur industriel de classe M peut représenter une alternative. Pour ce qui est des équipements techniques de type machines, il est nécessaire, après les avoir nettoyés selon les instructions du fabricant, de vérifier leur bon fonctionnement. Enfin, il est utile de tenir informés de la situation le service de prévention et de santé au travail dont on dépend.

Qu’en est-il des déchets ?

E. S. Les déchets issus des opérations de nettoyage des dépôts solides doivent être gérés comme des déchets industriels, mis dans des sacs plastiques et repris par une filière spécifique. 

CONTRÔLES CLASSIQUES DE REMISE EN ROUTE

Si les locaux restent inoccupés un certain temps, des contrôles doivent être réalisés, en particulier :
- laisser couler les points d’alimentation en eau, changer/vidanger et nettoyer les réservoirs d’eau, contrôler les tours aéroréfrigérantes ;
- dépoussiérer les armoires électriques (habilitation indispensable) ;
- vérifier le système de sécurité incendie (SSI) : état des batteries et bon fonContrôles classiques 
de remise en route
Si les locaux restent inoccupés un certain temps, des contrôles doivent être réalisés, en particulier :
- laisser couler les points d’alimentation en eau, changer/vidanger et nettoyer les réservoirs d’eau, contrôler les tours aéroréfrigérantes ;
- dépoussiérer les armoires électriques (habilitation indispensable) ;
- vérifier le système de sécurité incendie (SSI) : état des batteries et bon fonctionnement des équipements de sécurité, sans oublier ceux qui ne sont pas reliés au SSI.

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