Certain extincteurs doivent bientôt être retirés du marché et ne plus être utilisés. Quel est le contexte de cette restriction ?
Aline Mardirossian. Elle s’inscrit dans le cadre du règlement (UE) 2025/1988 du 2 octobre 2025, entré en vigueur le 23 octobre 2025, qui fixe un calendrier de suppression des PFAS (Substances per- et polyfluoroalkylées) dans les mousses antiincendie. Ces substances couvrent une large famille de plusieurs milliers de composés chimiques utilisés depuis les années 1950 pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou encore résistantes à la chaleur. Or, certains sont suspectés d’être cancérogènes, de nuire au développement de l’enfant et d’avoir des effets, à faible dose, sur des organes tels que le foie ou sur le système immunitaire. Ils sont notamment présents dans les mousses anti-incendie, utilisées dans certains extincteurs portatifs, comme les modèles à eau et additif fluoré du type AFFF (agent formant un film flottant). Cela correspond à des millions d’extincteurs actuellement installés dans les entreprises.
Quelles sont les principales échéances prévues par le règlement ?
A. M. Le texte prévoit une suppression progressive afin de laisser le temps aux utilisateurs de remplacer leurs équipements. Plusieurs dates sont à retenir. D’abord, à compter du 23 octobre 2026, les extincteurs portatifs contenant des additifs fluorés ne pourront plus être mis sur le marché. À partir de cette même date, ceux en service ne pourront plus être rechargés, sauf si l’utilisateur final (l’entreprise qui en est équipée) dispose d’un stock de recharges conformes. Une deuxième échéance est fixée six mois plus tard, le 23 avril 2027, pour interdire la mise sur le marché des extincteurs utilisant des mousses résistantes aux alcools contenant des PFAS. Enfin, à partir du 31 décembre 2030, l’utilisation des extincteurs portatifs contenant des PFAS sera définitivement interdite.
Concrètement, que doivent faire aujourd’hui les entreprises qui disposent de ce type d’appareils ?
A. M. Malgré l’existence de cette période de transition, il leur est conseillé d’anticiper et de réaliser d’ores et déjà un état des lieux de leur parc d’extincteurs afin d’identifier les équipements concernés. L’idée étant de planifier leur renouvellement suffisamment en amont pour éviter un remplacement massif à l’approche de l’échéance. Si la présence de PFAS est parfois indiquée sur l’appareil (mention AFFF…), ce n’est pas toujours le cas. Pour savoir si un extincteur en contient, l’entreprise peut se renseigner auprès du fournisseur. Éventuellement, une attestation de ce dernier précisant l’absence de PFAS peut être demandée.
Que faire ensuite de ces extincteurs ?
A. M. Ces appareils sont considérés comme des déchets contenant des PFAS. À ce titre, les utilisateurs doivent veiller à ce qu’ils soient étiquetés avec la mention suivante : « AVERTISSEMENT : Contient des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) à une concentration égale ou supérieure à 1 mg/l pour la somme de tous les PFAS ». Ces informations doivent être indiquées de manière visible, lisible et indélébile. Enfin, ces équipements doivent être éliminés via des filières adaptées, spécialisées dans le traitement de ce type de déchets. Pour en savoir plus sur cette procédure, l’entreprise peut se tourner vers le fabricant, l’installateur ou l’entreprise en charge de la maintenance.