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Les actualités de février

Chaque mois, la rédaction de Travail & Sécurité propose une sélection des actualités du monde de la santé et la sécurité au travail.

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La rédaction - 18/02/2026
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Vue d'une situation de travail dans le spectacle vivant.

Spectacle vivant

La profession s'interroge sur la charge de travail

« Parler de charge de travail, c’est souvent parler de surcharge de travail. » En introduction de la table ronde qu’elle animait mardi 9 décembre à la Comédie Française, à Paris, Sophie Proust, maîtresse de conférences en études théâtrales et chercheuse au Centre d’étude des arts contemporains (Ceac) à l’université de Lille 3, a posé le problème. La table ronde avait lieu dans le cadre d’une journée, organisée par Les Nuits de Fourvière, consacrée à la charge de travail et la prévention des risques dans le spectacle vivant. Dans un secteur constitué essentiellement de petites structures aux moyens limités, en tension permanente et confrontées sans cesse aux incertitudes économiques, le sujet est particulièrement prégnant.

Stress, dépression, burnout, mais aussi troubles musculosquelettiques, la surcharge de travail est source de risques professionnels variés aux conséquences qui peuvent s’avérer graves. Elle est également susceptible d’être à l’origine d’accidents du travail. « Selon une étude réalisée par notre cabinet, 80 % des personnes interrogées estiment que leur charge de travail a largement augmenté ces dernières années, malgré une faible augmentation, voire une baisse d’activité des structures », avance Xavier Perdix, consultant du cabinet Kuribay qui travaille sur le sujet avec Les Nuits de Fourvière. Et s’il s’agit d’une préoccupation centrale dans le monde du travail, la configuration du spectacle vivant, qui cumule notamment contrats courts et horaires atypiques, rend cette question de la charge de travail plus difficile à traiter qu’ailleurs. « Comment travailler sur le collectif quand on a affaire la plupart du temps à des intermittents qui, par définition, ne constituent pas un collectif », interroge Maxime Loizeau, médecin du travail au sein de Thalie Santé, service de prévention et de santé au travail spécialisé dans le secteur et partenaire de la journée.

Effectivement, les leviers pour agir en prévention et limiter la charge de travail apparaissent peu nombreux, surtout quand les moyens manquent et que le temps est compté. Pour les professionnels présents à cette journée, il existe pourtant des solutions : partir de la réalité du travail pour mettre en question la prescription, réfléchir à son organisation avec une meilleure clarification des rôles de chacun, mettre en place des indicateurs, ou encore pratiquer une écoute active afin de prendre en compte la dimension subjective de la charge de travail, peuvent représenter des pistes de mesures susceptibles d’améliorer la situation. La tâche est ardue, mais se poser la question, c’est déjà un premier pas et le début de la solution.

Bronchopneumopathie chronique obstructive

Le lien avec des expositions professionnelles est établi

Dans un récent avis, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pointe une relation causale entre exposition professionnelle et développement de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Décryptage en trois points.

  • Une maladie sous-diagnostiquée

La BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) est l’une des principales maladies respiratoires dans le monde. Or, en raison de sa progression insidieuse et lente, la BPCO est largement sous-diagnostiquée et les patients ont tendance à consulter tardivement, lorsque leur capacité respiratoire est déjà altérée. Elle est souvent associée au tabagisme, y compris passif, qui constitue le principal facteur de risque identifié. Pourtant, plusieurs études scientifiques estiment à environ 15 % la part des BPCO dont l’origine est professionnelle.

  • Un lien avéré avec l’exposition aux vapeurs, gaz, particules ou fumées

L’Anses a identifié de nombreuses études sur des travailleurs qui montrent que la BPCO peut être causée par l’inhalation de polluants émis dans l’air dans les environnements de travail : particules minérales (silice, charbon...), particules organiques (végétaux, moisissures...), gaz, vapeurs et fumées. Ceux-ci proviennent de réactions thermiques ou chimiques, d’action mécaniques ou de combustion de matériaux. Et les métiers exposés concernent de multiples secteurs : mines et carrières, BTP, fonderies, sidérurgie, cokeries, industries textile et chimique, secteur agricole. En se basant sur ces données existantes, l’Agence conclut à une relation causale avérée entre l’exposition professionnelle aux vapeurs, gaz, particules ou fumées (VGPF) et le développement de la maladie respiratoire.

  • Vers un tableau unique de maladie professionnelle ?

Actuellement, il existe plusieurs tableaux de maladies professionnelles concernant la BPCO. Mais le rapport souligne que certains sont anciens et restrictifs, limités à des métiers qui n’existent plus, ou à des particules trop spécifiques par rapport à la réalité des connaissances scientifiques. Selon l’Anses, la multiplication des tableaux en lien avec une même pathologie complique les démarches de reconnaissance, pour les assurés et les médecins qui les suivent. Elle recommande donc la création d’un tableau unique, reprenant les éléments pertinents des tableaux existants et incluant la liste des travaux exposants aux VGPF identifiés dans cette expertise. Plus largement, l’Agence propose d’autres pistes d’action, en particulier sensibiliser le public à cette pathologie et déployer le dépistage de la BPCO, aussi bien lors des consultations de médecine du travail que dans celles de médecine générale.

1 million. C’est, selon le Syndicat des professionnels de la petite enfance (SNPPE), le nombre d’accroupissements que les salariés de ce secteur, essentiellement des femmes, sont amenés à réaliser dans leur carrière.

Administration

Un portail pour faciliter les démarches des entreprises

La direction générale du travail met à la disposition des entreprises un nouveau portail : « Mes démarches travail ». Le but ? Faciliter leurs démarches auprès de l’administration du travail et de l’inspection du travail. Parmi les huit services disponibles, la possibilité pour les entreprises du BTP d’effectuer la déclaration préalable d’un chantier soumis à coordination Sécurité protection de la santé (SPS de niveau 1 ou 2). Une formalité qui concerne toute opération du secteur du bâtiment ou du génie civil dont l’effectif prévisible doit dépasser vingt travailleurs au pic d’activité et dont la durée excède trente jours ouvrés, ainsi que celles dont le volume prévu des travaux est supérieur à 500 hommes-jours. Cette déclaration est adressée par le maître d’ouvrage (MOA), au plus tard à la date de dépôt du permis de construire. Cet envoi génère un accusé de dépôt pour garantir l’effectivité de la transmission aux services de prévention et la possibilité d’imprimer le Cerfa correspondant.

Le portail permettra aussi prochainement au coordonnateur SPS de déposer le plan général de coordination afin de le partager avec les agents de contrôle. Autre fonctionnalité, les entreprises de désamiantage peuvent saisir leurs plans de démolition, de retrait et d’encapsulage (PDRE) et les transmettre en un clic à l’ensemble des destinataires réglementaires mentionnés dans le Code du travail (inspection du travail, Carsat/Cramif/ CGSS, OPPBTP…). Plus largement, le portail permet notamment à toutes les entreprises de transmettre une déclaration de détachement de travailleurs en France, de déposer une demande d’autorisation de licenciement d’un salarié protégé ou encore de transmettre un accord d’entreprise ou d’établissement. Les déclarations et demandes sont ensuite consultées ou traitées par les services du ministère du Travail et, pour ce qui les concerne, les agents de l’inspection du travail.

Intérim et BTP

L’OPPBTP propose un kit pour préparer l’accueil des travailleurs temporaires

« Facile d’accès et prêt à l’emploi, […] conçu pour être utilisé directement sur le terrain par les chefs d’équipe, encadrants et préventeurs. » Voici comment l’OPPBTP qualifie son kit d’animation pour l’accueil des intérimaires sur les chantiers, disponible depuis décembre dernier. Téléchargeable depuis la rubrique « ressources » du site preventionbtp.fr, il permet d’aborder le sujet de la prévention grâceà des outils adaptés à l’accueil en sécurité des nouveaux arrivants. Ce kit comprend un support pédagogique, une courte vidéo d’une minute, un quiz sur ce même sujet et deux affiches. La première, « Quatre pistes pour améliorer le suivi santé des intérimaires », récapitule les bonnes pratiques en la matière. Quant à la seconde, elle donne accès à tous les éléments du kit par le biais de QR codes afin que chacun puisse y accéder depuis son smartphone.

Atmosphères explosives

Suivez le guide !

Agroalimentaire, pétrochimie, plasturgie, transformation du métal ou du bois, industrie automobile... De nombreux secteurs d’activité sont concernés par le risque d’explosion associé à la présence d’une atmosphère explosive (Atex). Pour assurer la sécurité de leurs salariés, les entreprises peuvent s’appuyer sur un nouveau guide pratique, intitulé « Guide pratique. Prévention du risque Atex » (réf. : Omega 36), issu d’un travail commun impliquant notamment le ministère du Travail, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) et l’INRS. Objectif : mettre en place des actions concrètes et durables. Accessible en ligne, ce guide fait d’abord un point sur la réglementation puis consacre une partie à la démarche de prévention, structurée en plusieurs étapes : organisation du groupe de travail, inventaire des substances, analyse du risque, définition des mesures de prévention, élaboration du document relatif à la protection contre les explosions (DRPCE) et réévaluation périodique. Sont ensuite abordées les formations et compétences à acquérir par les personnes exposées au risque Atex et les questions relatives à la gestion des interventions et des opérations de maintenance. Enfin, le guide répond aux principales questions concernant les équipements adaptés au risque Atex.

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