En matière de sécurité incendie, la réglementation impose aux entreprises de prendre les mesures nécessaires en vue d’empêcher tout départ de feu. Lorsqu’un sinistre survient, il est essentiel de permettre une évacuation rapide et sûre de tous les occupants d’un bâtiment, de faciliter l’intervention des sapeurs-pompiers et de limiter la propagation du feu. L’organisation de la sécurité incendie au sein des entreprises fait l’objet de réglementations précises, qui se déclinent sous diverses formes selon la nature de l’activité de l’entreprise (installations classées pour la protection de l’environnement ou ICPE par exemple) et selon les types de bâtiment (bâtiments à usage professionnel, établissements recevant du public, etc.).
Qui sont les équipiers de seconde intervention (ESI) et quelles sont leurs missions ?
Cette organisation relève de la responsabilité de l’employeur. Parmi les différents acteurs susceptibles d’intervenir figurent les équipiers de seconde intervention (ESI). Ces derniers constituent une population spécifique, qui se rencontre principalement sur les sites présentant des risques industriels importants : chimie, pétrochimie, pharmaceutique, dépôts de carburants, stockages de matières dangereuses, etc. La présence d’un ESI n’est pas imposée par le Code du travail mais elle peut être rendue obligatoire par arrêté préfectoral selon la nature de l’activité de l’entreprise, ou de la localisation géographique d’un site, si ce dernier est par exemple éloigné des premiers services départementaux d’incendie et de secours (Sdis). Leur présence peut aussi être imposée par les assureurs, afin de garantir la maîtrise du risque incendie et plus largement du risque industriel. La France compte autour de 7 000 ESI dont 2 600 à temps plein.
Dans le cadre d’un sinistre, l’intervention des équipiers de seconde intervention consiste à assurer la gestion des alarmes incendie, la mise en sécurité des personnes et éventuellement les premiers secours aux personnes, la sauvegarde des actifs stratégiques de l’entreprise, la mise en oeuvre des moyens de protection pour limiter la propagation d’un incendie (portes coupe-feu, équipements de lutte contre le feu…), à accueillir les services de secours et les accompagner pour établir un état des lieux de la situation. Les ESI sont souvent en lien régulier avec les Sdis locaux, et peuvent organiser des exercices d’évacuation dans leurs établissements. Ils contribuent à une bonne coordination de l’intervention et à sa meilleure anticipation.
Que font les équipiers de seconde intervention (ESI) en cas de début d'incendie
Concrètement, dans la hiérarchie des opérations en cas de début d’incendie, les ESI ont pour mission de venir renforcer l’action et de prendre le relais des équipiers de première intervention (EPI), et d’intervenir le plus rapidement possible avant l’arrivée en renfort des secours extérieurs. Ils utilisent des moyens d’intervention additionnels auxquels ils sont formés : il peut s’agir d’installations fixes d’extinction automatique, de bouches ou poteaux d’incendie, de lances à incendie ouencore de générateurs de mousse. Leur intervention est renforcée avec la mise en oeuvre de ces matériels d’intervention plus puissants et le port d’équipements de protection adaptés au risque (tenues résistant au feu, port d’appareils respiratoires isolants…). Cela nécessite d’avoir un personnel spécifiquement et régulièrement formé au maniement de tous les moyens d’intervention et au port des équipements de protection.
Mais si les interventions pour limiter la propagation d’un incendie sont une de leurs deux grandes missions, l’autre consiste à promouvoir la prévention. Ils peuvent ainsi être également chargés de remplir des missions de conseil auprès de la direction, d’établir des procédures, de sensibiliser et former les salariés, de surveiller si les règles établies sont bien appliquées et bien respectées, et enfin de s’assurer que l’état du matériel d’intervention est opérationnel.
