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Habilitation électrique

Le suivi médical change, mais la prévention reste de mise

À la suite d’une évolution réglementaire, les travailleurs habilités à effectuer des travaux électriques ne sont plus soumis au suivi individuel renforcé (SIR). Cela ne signifie pas pour autant que les exigences en termes de prévention diminuent.

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Corinne Soulay - 02/03/2026
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Vue d'une situation de travail sur une armoire électrique.

Électriciens, mais aussi maçons, peintres, mécaniciens… Les travailleurs susceptibles d’intervenir sur ou à proximité d’une installation ou d’un ouvrage électrique sont légion. Or, ceux-ci doivent recevoir de leur employeur une habilitation. Cette habilitation, remise après une formation théorique et pratique adaptée aux opérations qu’ils effectuent, constitue la reconnaissance par l’employeur de leur capacité à travailler en sécurité vis-à-vis du risque électrique. Jusqu’au 1er octobre 2025, quelle que soit la nature des opérations réalisées, tout travailleur habilité à effectuer des travaux électriques était automatiquement soumis à un suivi individuel renforcé (SIR). Concrètement, cela impliquait un examen médical d’aptitude préalable à l’affectation au poste, par le médecin du travail, puis un suivi périodique de l’état de santé du travailleur.

Mais un décret publié en avril 2025 change la donne : la détention de l’habilitation reste nécessaire pour l’ensemble de travaux électriques mais depuis le 1er octobre 2025, le SIR généralisé est abandonné Désormais, pour certains travaux, l’obtention de l’habilitation est conditionnée à la présentation d’une attestation d’absence de contre-indication médicale. Le périmètre des travaux concernés est défini par arrêté : il s’agit des travaux d’ordre électrique effectués sous tension ou au voisinage (simple ou renforcé), ainsi que des interventions de courte durée. L’arrêté exclut explicitement de l’exigence d’attestion les consignations, essais, mesurages, vérifications, manoeuvres, ainsi que les opérations réalisées sur des installations photovoltaïques.

L’analyse des risques s’impose

Pour autant, la vigilance reste de mise. « Sur le terrain, cette évolution réglementaire ne doit pas être interprétée comme une réduction du niveau de prévention, insiste Mimoun Mjallad, expert d’assistance-conseil à l’INRS. Les opérations exclues (consignation, essais, etc.) peuvent parfois exposer les opérateurs à des situations à risque, comparables à celles couvertes par l’attestation médicale. Les gestes techniques, les postures, la proximité des conducteurs nus ou les conditions environnementales peuvent donc impliquer le même niveau d’attention et de vigilance. » L’analyse des risques auxquels sont exposés les travailleurs reste nécessaire afin de continuer à proposer des mesures de prévention et un suivi médical adaptés. « Il reste pertinent d’associer le service prévention et de santé au travail (SPST) pour la prise en compte du risque électrique, pointe Mimoun Mjallad. En fonction des risques identifiés aux postes, le médecin du travail peut déterminer le suivi approprié pour tous les opérateurs pouvant opérer dans la zone de voisinage renforcée des installations ou des ouvrages. À cet effet, nous invitons fortement les employeurs à communiquer au SPST la liste de tous les travailleurs habilités, quel que soit le symbole d’habilitation. »

L’enjeu est de maintenir la cohérence entre le risque et la prévention, afin de préserver la santé et la sécurité des travailleurs exposés à l’électricité. « Pour ce faire, l’application de cette nouvelle réglementation gagnerait à s’accompagner d’une réflexion collective entre l’employeur, chargé de l’analyse du risque et de la définition des habilitations, le SPST, qui détermine le suivi médical le plus approprié pour les travailleurs, en fonction du risque auquel ils sont exposés, et les représentants du personnel et préventeurs. Ces derniers jouent un rôle essentiel pour confronter le cadre prescrit aux situations de travail réellement rencontrées », conclut Mimoun Mjallad.

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