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Les actualités de mars

Chaque mois, la rédaction de Travail & Sécurité propose une sélection des actualités du monde de la santé et la sécurité au travail.

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La rédaction - 16/03/2026
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Vue d'une situation de travail dans l'Éducation nationale.

Santé des professeurs

La Cour des comptes pointe les carences de l’Éducation nationale

Dans un rapport consacré au « temps d’enseignement perdu par les élèves au collège », la Cour des comptes met en évidence des chiffres inquiétants : entre 2018-2019 et 2023-2024, les congés de maladie ordinaires des enseignants ont augmenté de 41,3 %, tandis que les temps partiels thérapeutiques ont connu une croissance de 250 %. Les absences pour raison de santé représentent désormais la principale cause d’absence des enseignants, devant les motifs institutionnels (formation, réunions pédagogiques, concours, coordination…). Malgré ces constats, la Cour des comptes note que « le ministère de l’Éducation nationale ne conduit pas une politique de prévention structurée ». À titre d’exemple : en 2023, seuls 54 % des collèges ont rédigé un document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et 9 % seulement le mettent à jour. Uniquement 10 % des documents intègrent une analyse des risques psychosociaux (RPS).

Or les RPS représentent la catégorie de risques la plus signalée (en moyenne 35 %) dans les registres « santé et sécurité au travail » et « danger grave et imminent » du ministère de l’Éducation nationale. La Cour des comptes recommande donc de renforcer sans délais la politique de prévention ministérielle et académique en matière de santé, en particulier des RPS, en menant une analyse de ces registres. Enfin, elle insiste sur l’importance de prendre en compte le vieillissement du corps enseignant : « La forte hausse du nombre d’enseignants de plus de 50 ans, davantage sujets aux absences longues, aux maladies professionnelles et aux accidents du travail, nécessitera, outre des besoins de remplacement accrus dans les prochaines années, une politique de prévention et d’accompagnement RH spécifiques, en particulier pour aménager les fins de carrière. »

Observatoire

Deux actifs sur trois se déclarent satisfaits de leurs conditions de travail

L’Observatoire de la qualité de vie au travail, qui regroupe plus de 1 000 employeurs et se donne trois missions – inciter les entreprises à mettre en place des actions concrètes, faciliter le partage des bonnes pratiques entre employeurs et suivre l’évolution des attentes des salariés et des pratiques des entreprises –, vient de publier son baromètre annuel. Selon cette enquête, 67 % des actifs se disent satisfaits de leur qualité de vie et de leurs conditions de travail. Le document détaille les motifs principaux de satisfaction : 79 % des personnes interrogées apprécient leurs relations avec leurs collègues (ambiance, coopération…), 75 % la place laissée à l’autonomie, 69 % le respect du droit à la déconnexion et/ou du temps de repos, 69 % la souplesse et la flexibilité dans l’organisation de leurs horaires de travail, 65 % la qualité de la relation avec leur manager et 63 % la charge de travail. Reste que 32 % des répondants se disent insatisfaits. Une proportion qui augmente chez les ouvriers (39 % contre 21 % des cadres), les femmes (38% contre 28 % des hommes), les ruraux (35 %) et les jeunes de moins de 35 ans (34 %). Globalement, seuls 50 % des actifs estiment que leur employeur reconnaît leur travail et 48 % que la prévention du stress et de l’épuisement professionnel est suffisante.

35 % des salariés déclarent ne bénéficier d’aucun dispositif de prévention en santé mentale. Ce résultat dénote de fortes inégalités selon les secteurs d’activité où les actions de prévention demeurent très différemment déployées : ainsi, 68 % des salariés du secteur banque-assurance indiquent qu’au moins une action de prévention a été mise en place dans leur entreprise, contre seulement 43 % dans le secteur de l’enseignement et de la formation professionnelle.

Agriculteurs

Une procédure de reconnaissance des AT/MP simplifiée

Depuis le 1er janvier 2026, la reconnaissance des accidents du travail et maladies professionnelles est simplifiée et harmonisée pour les salariés et non-salariés agricoles, ainsi que pour le régime local d’Alsace-Moselle. La procédure s’aligne désormais largement sur celle du régime général avec des étapes mieux identifiées, une information renforcée des victimes tout au long de l’instruction du dossier, des délais d’instruction clarifiés et encadrés, et des démarches assouplies. Objectif : rendre la procédure moins complexe et plus lisible pour les victimes comme pour les employeurs concernés, afin de garantir une plus grande égalité de traitement entre les assurés.

Podcast

Une table-ronde sur la santé mentale

Le cabinet Empreinte humaine, spécialisé en risques psychosociaux et qualité de vie au travail, a lancé une série de podcasts sur la santé mentale au travail. Chaque épisode prend la forme d’un échange, d’environ 50 minutes, avec un spécialiste français ou canadien autour d’une thématique. Parmi les sujets abordés, le harcèlement moral. L’invitée, Pascale Desrumaux, professeure des universités en psychologie sociale du travail à l’Université de Lille, revient sur les mécanismes de ces situations destructrices et les leviers pour agir. Au programme : un point sur les critères permettant de distinguer le harcèlement moral d’un simple conflit, les facteurs organisationnels qui créent un terreau favorable, le lien entre harcèlement moral et burnout, ou encore des pistes d’actions concrètes pour les entreprises.

Formation

Le Passeport prévention se déploie en direction des employeurs

Une nouvelle étape vient d’être franchie dans le déploiement du passeport prévention. Pour rappel, ce dispositif, créé dans le cadre de la loi santé du 2 août 2021, a pour but de recenser l’ensemble des attestations, certificats et diplômes obtenus par le travailleur en matière de santé et sécurité au travail. Il pourra, à terme, être complété par l’employeur, les organismes de formation ou le salarié. Or, depuis le 16 mars 2026, les employeurs ont désormais accès à leur espace personnel : ils peuvent donc y déclarer les formations éligibles dispensées en interne à leurs salariés, et vérifier, s’ils le souhaitent, les formations déclarées par les organismes de formation pour leur compte. L’obligation de déclaration des employeurs devient effective à compter de cette date, mais elle sera mise en oeuvre progressivement. Dans un premier temps, elle ne concernera qu’un périmètre restreint de formations et les employeurs bénéficieront de délais prolongés afin de faciliter la prise en main de l’outil. D’autre part, comme pour les organismes de formation, des actions ciblées et un accompagnement pédagogique leur seront proposés, afin de les aider à s’approprier ce nouveau service numérique. L’ouverture de l’espace du portail réservé aux travailleurs, est quant à elle prévue pour le quatrième trimestre 2026.

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