Ce site est édité par l'INRS

Leptospirose

Gare aux rats

En janvier dernier, l’Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté a lancé une alerte après la confirmation de plusieurs cas de leptospirose humaine. Si ces contaminations n’ont pas eu lieu dans le cadre du travail, certaines activités professionnelles sont susceptibles d’exposer les salariés à cette maladie, transmise notamment par des rongeurs. Décryptage en trois points.

3 minutes de lecture
Corinne Soulay - 16/03/2026
Lien copié
Vue d'une situation de travail en contact avec des rats.

Des professions plus exposées

La leptospirose est une zoonose : elle est transmise aux hommes par des animaux. Certains mammifères peuvent être porteurs de bactéries spécifiques, les lepstospires, à l’origine de la maladie. Les rongeurs constituent le réservoir principal de cet agent biologique. « Asymptomatiques, ils éliminent les bactéries dans leurs urines, souillant ainsi l’environnement. Le plus souvent, la contamination de l’humain se fait alors par contact avec de l’eau ou des sols souillés. Les bactéries pénètrent dans l’organisme par des plaies cutanées, même petites, ou par les muqueuses (yeux, bouche, nez) », explique Naïma Berthol, experte d’assistance médicale à l’INRS. Ainsi, sont davantage exposés à cette zoonose les professionnels dont l’activité implique des contacts fréquents avec de l’eau ou des milieux humides potentiellement souillés par ces urines contaminées, comme les égoutiers, les agents travaillant dans les réseaux d’assainissement (entretien de stations d’épuration…), les agriculteurs, les éleveurs, mais aussi les opérateurs chargés de l’entretien des berges ou des voies d’eau, le personnel d’animalerie, ou les professionnels d’activités de loisirs en eau douce (sports nautiques, canoë-kayak, plongeurs en eau douce).

Des effets plus ou moins graves sur la santé

Fièvre, maux de tête, douleurs musculaires… La plupart du temps, la leptospirose se manifeste sous forme d’un syndrome pseudo-grippal. Mais il existe d’autres formes cliniques qui peuvent entraîner des atteintes rénales, hépatiques ou neurologiques, ou des manifestations hémorragiques. Certaines formes sévères peuvent être mortelles. Le traitement repose sur l’administration d’antibiotiques. Selon les cas, une hospitalisation peut s’avérer nécessaire.

Diminuer le réservoir, couper la transmission, porter des EPI

Pour réduire le risque de contamination en milieu professionnel, la prévention s’appuiera d’abord sur des mesures de protection collective, visant à diminuer le réservoir de l’agent biologique : par exemple, des actions de lutte contre les rongeurs ou le drainage des zones inondées. Il conviendra aussi d’agir sur la transmission afin de limiter les contacts entre le travailleur et l’environnement contaminé (éviter le contact avec les eaux douces dans les zones fréquentées par les rongeurs…). Ces mesures peuvent, en outre, être complétées par des mesures de protection individuelle comme le port d’EPI adaptés : gants résistants et étanches, bottes, lunettes de protection, combinaisons imperméables en fonction de l’activité. Quid de la vaccination contre la leptospirose ? « Elle peut être proposée à certains professionnels susceptibles d’être exposés. Elle ne dispensera pas de la mise en place et du respect des mesures de protection collective et individuelle. Dans tous les cas, il est important de s’appuyer sur le service de prévention et santé au travail (SPST) de l’entreprise. Le médecin du travail évaluera le risque et, en fonction du poste de travail, des tâches réalisées et des mesures de protection mises en place, décidera de la pertinence de cette vaccination », précise Naïma Berthol. Enfin, il est important que les salariés potentiellement exposés reçoivent une information sur le risque de leptospirose et sur les mesures de prévention à mettre en œuvre.

Partager L'article
Lien copié
En savoir plus

À découvrir aussi