Prescilla Attard est l’assistante QSE (qualité, sécurité, environnement) du site Chimirec de Penta-di-Casinca, en Corse, unique site de collecte de déchets dangereux de ce groupe sur l’île. Alternant visites de terrain et travail administratif, elle a pour objectif d'identifier les risques professionnels, faire comprendre et appliquer les mesures de prévention, et partager avec les 41 autres sites du groupe, ses observations, afin d’identifier les pistes de progrès.
Prescilla Attard, assistante QSE (qualité, sécurité, environnement) chez Chimirec Corsica, arrive sur le site de Penta-di-Casinca, en Haute-Corse. L’établissement est spécialisé dans la collecte et le regroupement des déchets industriels dangereux et huiles noires, ainsi que dans le nettoyage de sites industriels et pétroliers, sans oublier la déchetterie ouverte au public et aux professionnels. Autour d’un café, elle présente sa journée de travail qui va débuter par une visite de suivi et de sécurité. Elle en réalise deux par an et par chauffeur afin de s’assurer que les risques sont bien identifiés, ainsi que les mesures de prévention à appliquer. Aujourd’hui, en ce milieu du mois de janvier 2026, elle accompagnera Xavier Raffaelli, l’un des six chauffeurs polyvalents du site.
Avant de partir en tournée, Anne Busson, responsable d’exploitation, procède, comme toutes les semaines, à un « préjob briefing » de Xavier. Sous l’oeil attentif de Prescilla, il est mis en situation : « Je te propose un contrôle des déchets à collecter, ça te va ? », lui demande Anne Busson. Xavier doit décrire son activité, les risques associés, les moyens de prévention et les équipements de protection individuelle (EPI). La discussion s’engage, Xavier positionne les pictos sur un tableau blanc. Chutes d’objets, encombrement, CMR (cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction)… Règles de circulation, étiquetage ADR - l'accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route… les réponses fusent. « On a l’impression que c’est une activité sans risque, et finalement, il y en a pas mal », conclut Anne. Tandis que Prescilla part enfiler ses vêtements de travail et récupérer ses EPI, Xavier vérifie qu’il a bien les cale-roues de son camion. « Obligatoires, même en cas de sol plat. C’est la règle chez Chimirec », commente Michel Koutcherawy, le directeur du site, présent également à ce briefing. Direction une concession Mercedes de Bastia. Tout au long du trajet, Prescilla observe la conduite de Xavier. Rien à signaler.
Arrivé chez le client, Xavier se présente au chef d’atelier. De son côté, Prescilla contrôle l’ensemble des documents du chauffeur : permis, carte de qualification, ADR, les Caces… Tout est en règle. Xavier déploie le hayon, puis descend trois fûts vides ainsi qu’une sache - sac plastique particulièrement solide - de 330 l, sur lesquels il colle les étiquettes de danger. Pour déplacer les fûts, il dispose d’un lève-fût et d’un transpalette manuel. Il charge dans le 16 tonnes deux fûts remplis de filtres à huile et d’aérosols ainsi qu’une sache pleine de bidons d’huiles vides. Prescilla suit ses moindres gestes, remplit son formulaire et prend des photos. Une fois les bidons sanglés et arrimés, Xavier s’exclame, tout en dépliant à l’avant et à l’arrière de son camion la plaque orange qui signifie qu’il transporte des déchets dangereux : « On passe à l’administratif, pas la chose la plus facile ! »
Il remplit son bordereau et le reporte dans l’application « Track déchet », une plate-forme numérique permettant de dématérialiser la traçabilité des déchets dangereux, obligatoire pour tous les acteurs concernés par la traçabilité des déchets dangereux et de l'amiante. Il a fini sa première intervention. Enfin presque. Car Prescilla l’interroge : « Quelles sont les règles qui sauvent ? Quel est l’objectif de l’entreprise, à quels risques as-tu été confronté, quelles améliorations peux-tu proposer… ? » Avant de partir, il signera le document. Et s’il n’avait pas bien répondu ? « Ça dépend du type de question, mais on aurait revu des choses ensemble, après sa tournée, sous forme de causerie », répond l’assistante QSE. Pour les besoins du reportage, nous laissons Xavier, pour revenir au site. Prescilla, après s’être changée, reporte ses notes et ses photos dans une application en ligne. Elle poursuivra cette tâche, après une pause méridienne consacrée au sport.
Prescilla remet sa tenue de travail pour procéder au tour du site de 12 477 m2 et relever la température des déchets dangereux ou susceptibles de s’enflammer. Une opération qui doit être réalisée trois fois par jour. « Nous sommes en janvier, il y a assez peu de départs de feu, mais en été, la température peut vite grimper, on surveille ça de très près. » Elle commence par le contenant de la déchetterie destiné aux piles et petites batteries. « En été, nous le mettons à l’ombre, et en 2026, nous allons construire une ombrière pour protéger les salariés et mettre à l’ombre ces déchets. » 16,8 °C. Tout va bien. « Si la température monte 20 °C au-dessus de la température extérieure, nous arrosons, et nous contrôlons la température deux heures après. » Benne de déchets verts : 20 °C. La prise de température, sur les quatre faces de la benne, se fait à l’aide d’une caméra que la jeune femme déplace pour chercher le point le plus chaud. En 2026, le site va s’équiper d’une détection incendie afin de faciliter la surveillance la nuit. Puis elle se dirige vers les bennes en instance de départ. Insularité oblige, tous les déchets récoltés vont sur le continent. Mais le directeur a pour projet de créer une installation pour prétraiter les eaux hydrocarburées et réduire de plus de 80 % les déchets liquides envoyés de l’autre côté de la Méditerranée. Bennes d’emballages métalliques et plastiques souillés, bennes de filtres à huile… Les températures n’excèdent pas les 28 °C. « Elles peuvent dépasser les 70 °C en période estivale », commente Prescilla. Elle vérifie ensuite les accès aux moyens d’extinction, le rangement et l’accès à une zone tampon. On passe ensuite aux alvéoles dans lesquelles sont rangées d’autres types de déchets (inflammables, bases, acides, zone prison – grillagée pour les déchets non identifiés –, aérosols, toxiques)… pas d’échauffements là non plus.
Nous arrivons au hangar de 500 m2 destiné aux contenants vides. L’accès d’un RIA (NDLR. Robinet d'incendie armé) est gêné par la présence d’une palette. Prescilla prend une photo, elle ira le noter dans le cahier de remontées des presqu’accidents et des situations dangereuses. Mais avant, elle ira voir le responsable du hangar pour qu’il déplace la palette. « Je le déclare aussi dans le module accidentologie du groupe. » Son tour terminé, Prescilla revient à son bureau, jette un coup d’oeil à sa messagerie. Elle nous remonte qu’une filiale a déclaré un incident géré par l’infirmerie. « Il s’agit d’une coupure lors d’un contrôle à réception… Le fait de recevoir l’accidentologie de toutes les filiales est très pratique. On peut réagir si nous sommes susceptibles d’être confrontés au même problème. »
L’assistante QSE termine sa journée par une réunion Teams avec les responsables QSE de deux autres sites, afin de se concerter pour une chasse aux risques qui sera proposée dans quelques mois à l’ensemble du groupe.