Étude
Les inégalités de genre au travail renforcées par l’IA ?
L’essor de l’intelligence artificielle (IA) générative, qui transforme le monde du travail, pourrait davantage affecté les emplois occupés par des femmes, selon une étude de l’Organisation internationale du travail (OIT). Celles-ci sont en effet surreprésentées dans les activités administratives et de soutien aux entreprises (secrétariat, accueil, gestion des paiements, assistance comptable), souvent susceptibles d’être automatisées. De leur côté, les hommes sont majoritaires dans la construction, l’industrie manufacturière et les métiers manuels, où les tâches sont moins aisément automatisables. L’OIT souligne que, dans les pays disposant de données comparables, 29 % des professions à dominante féminine sont exposées à l’IA générative, contre 16 % de celles dominées par les hommes. Problème : les femmes sont peu présentes dans les métiers liés au développement de l’IA et dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques. Cela contribuerait à concevoir des technologies reproduisant elles-mêmes les biais et les stéréotypes existants. L’OIT plaide donc pour la mise en oeuvre, dès à présent, de politiques permettant l’égalité de genre dans la conception, le déploiement et la gouvernance de l’IA, accompagnées d’un dialogue social solide, pour dessiner un avenir du travail plus inclusif.
Sensibilisation
Les affiches de l’INRS s’exposent en entreprise
Spécialisé dans la fabrication de meubles en kit et de revêtements de sols, le groupe Strub lance une campagne de prévention en santé et sécurité au travail à destination de ses quelque 1 000 salariés. Parmi ses actions, elle organise, en 2026 et 2027, une exposition de 37 affiches issues du catalogue de l’INRS, sur les huit sites du groupe situés dans le Bas-Rhin, la Moselle, la Creuse et l’Indre. Les thématiques de ces affiches, sélectionnées conjointement par l’entreprise et l’INRS, seront adaptées en fonction des spécificités de chaque site et des situations identifiées comme les plus à risques. Cette exposition complète fait l’objet d’une convention entre le groupe Strub et l’INRS. À noter que toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, qui souhaitent utiliser une ou plusieurs affiches du catalogue INRS dans leurs locaux, pour sensibiliser leurs salariés à la prévention des risques professionnels, peuvent les télécharger ou les commander via le site de l’institut. Plus de 200 affiches, existant sous différents formats, et autocollants sont disponibles.
Accident du travail
Une démarche simplifiée
Depuis le 31 mars 2026, l’accès au questionnaire « risques professionnels », qui doit être complété lors de l’instruction d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, est simplifié pour l’employeur. Auparavant, celui-ci devait se rendre sur un compte dédié, muni d’identifiants spécifiques. Désormais, ce questionnaire est disponible directement via le compte entreprise sur net-entreprises.fr. Plus besoin de clics supplémentaires pour communiquer à la Caisse primaire d’assurance maladie l’ensemble des éléments nécessaires à l’étude du dossier ou pour suivre son évolution. À noter que ce questionnaire est renseigné à la fois par l’employeur, le salarié et les témoins éventuels.
Risques psychosociaux
Un panorama de la prévention en Europe
Stress, burnout, violence, harcèlement, isolement, conflits au travail… Dans une récente étude, Eurogip, acteur de la branche Assurance maladie-risques professionnels, dresse un panorama de la prévention des risques psychosociaux (RPS) au travail dans douze pays : sept européens (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Italie et Suède) et cinq extra-européens (Australie, Canada, Corée du Sud, États-Unis et Japon). Le rapport examine d’abord la législation européenne en la matière, puis les différentes législations nationales concernant les obligations de l’employeur, la prise en compte des RPS dans l’évaluation des risques, le droit à la déconnexion, ou encore la gestion de la violence et du harcèlement au travail. Il présente aussi les initiatives, outils et mesures de prévention mis en oeuvre dans ces pays (campagnes de sensibilisation, aides financières, réseaux d’entreprises engagées, plate-forme d’informations en ligne…).
Agriculture
Un accord pour améliorer les conditions de travail
Après deux ans et demi de négociations, un accord national collectif interbranches vient d’être signé entre les organisations représentatives d’employeurs et de salariés pour améliorer les conditions de travail dans les métiers de l’agriculture. L’un des principaux objectifs de l’accord est l’amélioration de l’attractivité de ces professions. Producteurs agricoles, coopératives d’utilisation de matériel agricole (Cuma), entreprises de travaux et services agricoles, ruraux et forestiers (Etarf), paysagistes, rouisseurs-teilleurs de lin, propriétaires forestiers privés, exploitations forestières et scieries agricoles… Quasiment toutes les branches de ce secteur sont concernées. Parmi les sujets abordés dans cet accord, la prévention du risque chimique : employeurs et salariés « préconisent une utilisation raisonnée des produits chimiques » avec la volonté d’éliminer ou, à défaut, de réduire l’exposition des salariés aux pesticides. En outre, pour la première fois, le texte intègre explicitement le réchauffement climatique : celui-ci engendrant une modification des conditions de travail et imposant de nouvelles contraintes aux salariés, un plan d’adaptation dédié spécifiquement aux risques professionnels liés aux changements climatiques doit être mis en œuvre par l’employeur. Plusieurs points concernent, d’autre part, la santé des femmes. L’accord prévoit ainsi de permettre aux salariées souffrant d’endométriose, et justifiant d’un certificat médical, de bénéficier de treize jours d’absence. Des jours de congés payés sont également dorénavant instaurés en cas de fausse couche (trois jours) ou de procréation médicalement assistée (PMA). L’accord définit, en outre, un cadre national visant à améliorer les pratiques en matière d’hébergement et de transport des salariés agricoles. Les organisations signataires s’engagent notamment à promouvoir un hébergement digne, respectueux de la santé, de la sécurité et de la vie privée de chacun.
Rédaction du PPSPS
Le périmètre des entreprises concernées est précisé
La direction générale du travail vient de publier un ensemble de questions-réponses sur le plan particulier de sécurité et de protection de la santé (PPSPS). Objectif : préciser les règles relatives à l’élaboration de cet outil, instrument essentiel en matière de prévention. Le PPSPS, établi par les entreprises intervenant sur les chantiers du bâtiment et du génie civil, détaille les mesures particulières que celles-ci comptent prendre pour prévenir les risques liés au contexte du chantier, à des travaux dangereux réalisés par d’autres entreprises ou à ceux résultant de leurs propres travaux, auxquels se trouveraient exposés leurs salariés, comme ceux des autres entreprises. Or, un arrêt de la Cour de cassation, rendu le 14 janvier 2025 à la suite d’un accident mortel sur un chantier lors d’une opération de maintenance d’une grue, a précisé le périmètre des entreprises soumises à l’obligation de rédaction d’un PPSPS. La Cour considère ainsi que « l’ensemble des entreprises dont les travaux concourent à la réalisation de l’opération de construction » sont concernées, soit à la fois les entreprises qui participent directement à l’acte de construire, et les entreprises prestataires non sous-traitantes. Ainsi, sont concrètement visées celles qui exécutent des actions techniques sur le chantier, impliquant une intervention directe sur l’ouvrage, sur ses équipements, sur ses installations provisoires (installations électriques…) ou sur les moyens nécessaires à sa réalisation (moyens de levage, de protection…). Sont aussi concernées celles qui réalisent des interventions techniques qui, sans constituer des travaux de construction stricto sensu, s’inscrivent directement dans la phase de réalisation de l’ouvrage. Par exemple : les interventions d’installation, de maintenance, de réglage, de mise en sécurité, de modification, d’essai ou de réparation d’équipements de chantier indispensables à l’exécution des travaux, de dispositifs de sécurité collective ou d’équipements de chantier (grues, ascenseurs de chantier, installations sanitaires…) ; les essais techniques, les mises en service ou les réglages d’équipements de l’ouvrage avant réception (escaliers mécaniques, monte-charge).
Convention
Renforcer la prévention dans les formations
Les salariés ou demandeurs d’emploi, sortis du système scolaire ou en reconversion, peuvent acquérir des compétences professionnelles spécifiques, notamment via l’obtention d’un titre professionnel. Cette certification d’État est élaborée et délivrée par le ministère en charge du Travail. Il en existe dans la plupart des secteurs d’activité : bâtiment, services à la personne, transports, restauration, commerce, industrie, tourisme… Le 21 avril 2026, une convention a été signée entre l’INRS et l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) chargée d’élaborer les référentiels de ces titres professionnels en lien avec le ministère. Objectif : intégrer durablement la prévention des risques professionnels et la santé et la sécurité au travail dans ces référentiels de compétences, qui doivent être respectés par les organismes déployant les formations. Le but étant aussi que la santé et la sécurité au travail fassent partie des critères d’évaluation lors des épreuves de certification.