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Sondes à ultrasons

À pas feutrés, les améliorations gagnent en amplitude

En Haute-Saône, Imasonic met au point des transducteurs à ultrasons pour l’échographie et la thérapie médicale, L’entreprise a profité de travaux d’extension pour revoir complètement son réseau de ventilation afin d’améliorer le captage de polluants générés pendant le process de fabrication et ainsi diminuer l’exposition de ses salariés.

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Damien Larroque - 03/06/2026
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Au niveau  de la préparation  des colles, les postes sont équipés d'installations d'aspiration munies de parois, à la manière de sorbonnes, et l’aspiration horizontale est complétée par un flux vertical.

Voray-sur-l’Ognon est une petite commune calme de Haute-Saône, située en bordure du Doubs. Le village, qui accueille à peine 1 000 âmes, abrite l’entreprise Imasonic, l’un des leaders de la conception de transducteurs à ultrasons. Ces produits sont des composants électroniques qui génèrent des ondes ultrasonores imperceptibles à l’oreille humaine, qu’ils réceptionnent après leur interaction avec la matière afin d'en reconstituer une image. « C’est le principe de l’échographie, résume Céline Fleury-Mathieu, la dirigeante, qui a pris avec son frère la suite de leurs parents, fondateurs de l’établissement en 1989 à Besançon. Les marchés de niche sur lesquels nous évoluons nous imposent de concevoir des modèles sur mesure en fonction de critères comme, entre autres, les caractéristiques du matériau à analyser ou le niveau de précision recherché. »

Les secteurs de l’aéronautique, du ferroviaire, du nucléaire ou de l’éolien ont recours aux produits d’Imasonic pour s’assurer de la qualité de matériaux ou de soudures. Dans le médical, les transducteurs sont utilisés pour l’imagerie de l’œil, le contrôle de débit, tandis qu’en thérapie, ils sont employés pour détruire des cellules cancéreuses ou ouvrir la barrière hémato-encéphalique autorisant ainsi des molécules médicamenteuses à atteindre le cerveau. Pour la recherche et le développement, l’entreprise emploie une cinquantaine de salariés, un chiffre conséquent au regard de l’effectif global de 155 travailleurs dont près de la moitié œuvre en production.

« Agir au bénéfice de l’homme et de son environnement est notre vocation, affirme Céline Fleury-Mathieu. Le projet d’agrandissement que nous avons lancé en 2023, et réceptionné en 2025, afin d’améliorer nos performances énergétiques, n’aurait pas eu de sens s’il n’avait pas tenu compte des conditions de travail de nos équipes. » Avec ses larges fenêtres, le nouveau bâtiment, qui a fait passer la surface des locaux de 3 800 à 6 600 m2, laisse largement entrer la lumière naturelle. « C’est radicalement différent de l’ancien atelier, confirme Christophe D. [NDLR : L'entreprise n'a pas souhaité communiquer les noms de famille de ses salariés], usineur en rectification. Une vue sur la nature, c’est bon pour le moral. » Mais la préoccupation première en termes de conditions de travail était la mise en place de deux réseaux d’aspiration centralisés pour capter les poussières contenant du plomb, générées lors de l’usinage de pièces en céramique ainsi que les vapeurs chimiques libérées lors de la préparation des colles ou des résines entrant dans la composition des transducteurs.

80 %  des transducteurs à ultrasons produits par Imasonic sont exportés vers 35 pays.

« Toute la difficulté résidait dans l’équilibre à trouver entre les différents réseaux (aspiration, apport d’air, climatisation, géothermie…), qui peuvent s’influencer les uns les autres, souligne Fabrice Baretti, contrôleur de sécurité à la Carsat Bourgogne-Franche-Comté. Afin que l'efficacité de ces dispositifs soit maintenue quelle que soit la configuration de fonctionnement, mes collègues du Centre interrégional de mesures physiques (Cimp) ont participé à l’élaboration du cahier des charges. »

Une stratégie payante

Intégrer la dimension prévention dès la phase de conception est une stratégie payante puisque les résultats sont au rendez-vous pour un coût moindre comparé, à des correctifs sur l’existant. Les deux machines d’usinage trois axes installées dans le nouveau bâtiment sont reliées à un réseau haute dépression qui capte les poussières à la source, et à un réseau basse dépression qui piège les particules restantes. « Auparavant, chaque machine était dotée de sa propre centrale d’aspiration qui nécessitait d’utiliser un aspirateur bruyant pour récupérer la poussière restant dans l’enceinte d’usinage, avec les expositions que cela impliquait, raconte Anna C., coordinatrice QHSE. Et puisque les mouvements des outils de la machine cinq axes sont trop complexes pour permettre le captage à la source, nous avons opté pour une temporisation empêchant l’ouverture de la porte pendant une minute après l’arrêt lors des usinages les plus émetteurs. Un laps de temps suffisant pour que le réseau basse dépression suffise, à lui seul, à débarrasser l’enceinte de la quasi-totalité de la poussière. »

Un autre avantage du réseau centralisé réside dans le cyclofiltre unique qui conditionne la poussière dans des sacs sans qu’elle entre en contact avec les opérateurs. Précédemment, cette opération était multipliée par le nombre de machines et le vidage des bacs remettait des particules en suspension. « La quantité de poussières générées est faible puisque les pièces en céramique sont de très petite taille. Sa récupération, pour remise à notre prestataire de gestion des déchets dangereux, ne se fait qu’une fois par an, précise Anna C.. Mais ce n’est pas parce que le risque d'exposition est peu fréquent qu’il ne faut pas le prévenir. »

Du côté de la préparation des colles, c'est avec cette même volonté de réduction du risque à un niveau le plus bas possible qu'Imasonic a décidé de l'aménagement des postes de travail en allant plus loin que la réglementation en vigueur. En effet, pour répondre à cette dernière, des dosserets aspirants suffisent, mais ce sont finalement des installations munies de parois à la manière de sorbonnes qui leur ont été préférées. « L’aspiration horizontale est complétée par un flux vertical, se félicite Élodie L., une préparatrice de mélanges qui porte masque, gants et lunettes de protection. Lorsque je manipule des poudres, je les vois se faire happer très rapidement, alors que les anciens dosserets, dont les petits trous avaient tendance à s’obstruer, laissaient flotter des petits nuages en suspension. »

Si les performances des nouveaux réseaux de ventilation sont plébiscitées, un défaut est apparu à l’usage. « Les arrivées d’air de l’atelier d’usinage sont bruyantes », déplore Frédéric C., technicien d’usinage. « Les mesurages réalisés par le Cimp vont nous permettre d’identifier la meilleure solution pour résoudre ce problème dans les mois à venir », le rassure Anna C. qui démontre qu’Imasonic s’inscrit dans une démarche de prévention continue. 

FICHE D'IDENTITÉ

Nom : Imasonic
Lieu : Voray-sur-l’Ognon (Haute-Saône)
Activité : fabrication de transducteurs à ultrasons pour applications médicales et industrielles
Surface : 6 200 m2
Effectif : 155 salariés dont 65 en production

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