LE TÉMOIGNAGE DE...
Pauline Barbier, responsable prévention de Vinci Autoroutes
« Le risque de collision entre un usager de l’autoroute et un fourgon ou un patrouilleur à pied, est le risque numéro 1 sur notre document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Il fait l’objet d’un plan d’actions dédié, en quatre volets. Le premier concerne la formation. Vinci Autoroutes a créé une école des métiers de l’autoroute à destination des agents de surveillance, patrouilleurs et ouvriers autoroutiers. Avant de pouvoir intervenir seuls sur le terrain, ceux-ci suivent un apprentissage théorique et pratique, sur piste d’entrainement, en conditions proches du réel, pendant cinq semaines. L’occasion de les acculturer à nos « règles d’or » de sécurité. Cette formation initiale est complétée par du tutorat, par des professionnels confirmés, et s’achève sur un examen qui donne droit à une certification, qui les rend aptes à intervenir sur autoroute. Une réévaluation a ensuite lieu tous les ans pour la théorie et tous les trois ans pour la pratique.
En outre, nous avons mis en place de nombreuses procédures de sécurité, comme la zone tampon qui consiste pour le patrouilleur à s’immobiliser 100 m avant l’événement observé. Dans un souci d’amélioration continue, nous réalisons différentes expérimentations, en lien avec le ministère des transports qui doit donner son autorisation, pour faire évoluer les procédures. Un troisième volet du plan consiste à réaliser une veille technologique et à tester régulièrement des équipements innovants, comme des systèmes utilisant l’IA ou un baliseur-débaliseur automatique, qui permet de poser ou récupérer les cônes sur l’autoroute sans que l’opérateur ne le fasse à la main. Nous améliorons également sans cesse les équipements existants : après avoir reçu l’autorisation du ministère, nous avons enrichi la signalétique de nos fourgons, jusque-là rouge et blanche, par des bandes rétroréfléchissantes jaunes, à l’instar des véhicules de secours (pompiers, etc.), afin de gagner en visibilité pour les usagers.
Enfin, nous multiplions les canaux d’information à destination des automobilistes. En plus de la radio (107.7 fm) et des panneaux à messages variables disséminés sur le réseau, nous testons des systèmes qui permettent de communiquer directement dans l’habitacle des clients pour les avertir en cas de danger. Depuis quelques années, nous avons noué aussi des partenariats avec des systèmes communautaires de navigation routière comme Waze, Coyote ou l’application Truckfly, suivie par plus de 300 000 poids lourds, pour envoyer des notifications en temps réel. Nous menons enfin des campagnes de sensibilisation pour enjoindre les usagers à respecter le corridor de sécurité et être attentifs sur la route. Pour la 6e année, nous relançons l’action « Quand allez-vous percuter ? » : nous exposons sur des aires d’autoroutes et des parkings de péages des fourgons accidentés. En général, cela marque les esprits. »