La vague de chaleur particulièrement précoce survenue fin mai en France rappelle la nécessité d’anticiper ces épisodes de fortes températures extérieures appelés à se multiplier, afin de prévenir efficacement les risques pour les travailleurs. Le travail à la chaleur recouvre l’ensemble des situations dans lesquelles un salarié exerce son activité dans un environnement où la température est élevée. Celle-ci est notamment appréciée au regard des seuils de vigilance (jaune, orange, rouge) définis dans le dispositif mis en place par Météo-France.
Quels sont les risques liés à la chaleur au travail ?
Les salariés les plus exposés sont d’abord ceux qui travaillent à l’extérieur, comme sur les chantiers, les voiries, dans les espaces verts ou la restauration. Mais le risque concerne aussi les personnes travaillant dans des locaux mal isolés ou peu ventilés, ou encore dans des ambiances thermiques déjà chaudes (fonderie, verrerie, boulangerie, teinturerie…). Et il est d’autant plus important lorsque l’activité implique une charge physique importante.
Les effets du travail à la chaleur sur la santé sont variables, allant d’une fatigue accrue à des atteintes plus graves, telles que la déshydratation, les crampes ou le coup de chaleur pouvant, dans certains cas, être mortel. En altérant la vigilance et les réflexes, les fortes chaleurs favorisent également la survenue d’accidents du travail.
Comment anticiper les épisodes de fortes chaleurs ?
« L’employeur, dans son obligation de sécurité, doit évaluer les risques, notamment ceux liés à la chaleur, et les consigner dans le document unique d’évaluation des risques. L’anticipation est primordiale pour identifier, en amont des épisodes de chaleur, les mesures de prévention à mettre en place, explique Jennifer Shettle, responsable du pôle information juridique à l’INRS. Celles-ci peuvent ensuite être discutées avec les représentants du personnel (CSE ou CSSCT), les salariés et le service de prévention et de santé au travail, puis ajustées en fonction des retours de terrain et des conditions réelles. »
L’anticipation permet de ne pas être pris au dépourvu et d’intégrer, par exemple, le confort thermique dans les choix architecturaux lors de la conception de nouveaux bâtiments. Elle facilite également la préparation des moyens de prévention à déployer lors des fortes chaleurs. Enfin, pour une prévention optimale et une meilleure anticipation des risques, les employeurs peuvent s’appuyer sur les services de prévention et de santé au travail (SPST) et les Carsat. Un panel de ressources utiles est également disponible sur le site www.inrs.fr.
LES ACTIONS À METTRE EN PLACE
Parmi les mesures de prévention à adopter :
• assurer un accès permanent à de l’eau fraîche et potable en quantité suffisante, et encourager les salariés à s’hydrater régulièrement ;
• adapter l’organisation du travail en limitant le temps d’exposition aux heures les plus chaudes, en décalant les horaires quand c’est possible et en prévoyant des périodes de repos supplémentaires dans des espaces frais ou ombragés ;
• éviter les travaux lourds ou le port de charges pendant les pics de chaleur, et prévoir une période d’acclimatation progressive pour les salariés affectés à des tâches exigeantes ;
• améliorer la ventilation, installer des protections contre le soleil ;
• fournir des équipements de protection individuelle (EPI) adaptés pour compenser les effets des fortes températures ou se protéger des effets des rayonnements solaires ;
• informer et former les travailleurs, en les sensibilisant aux bonnes pratiques en cas de forte chaleur, ainsi qu’à l’utilisation correcte des équipements de travail et des EPI…