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Concours vidéo INRS

« Semer des petites graines »

Cette année, pour la 14e édition du concours vidéo « santé et sécurité au travail : de l’école au travail », organisé par l’INRS et la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole (CCMSA), 99 vidéos ont été reçues. Les quatre établissements lauréats ont été accueillis le 22 mai dernier dans les locaux parisiens de l’INRS, pour la remise des prix.

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Delphine Vaudoux - 08/07/2026
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Illustration du concours vidéo INRS.

Ils sont jeunes, ils commencent à être confrontés au monde du travail et ils se sont lancés dans le concours vidéo « santé et sécurité au travail : de l’école au travail », organisé par l’INRS et la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole (CCMSA) - sous le parrainage du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Cette année, pour sa 14e édition, 99 vidéos ont été reçues. Les quatre établissements lauréats ont été accueillis le 22 mai dernier dans les locaux parisiens de l’INRS, pour la remise des prix. L’occasion de revenir sur la genèse de ces projets…

Sandrine Costeur Rachez, enseignante des métiers de l’esthétisme, au Lycée Boilly de La Bassée, dans la Manche, a encadré les neuf apprenties ayant eu le premier prix : « Chaque année, nous avons un projet à mener. Par le passé, nous sommes intervenues auprès de personnes handicapées, ou encore dans le besoin. » C’est en cherchant des documents sur le site de l’INRS que l’enseignante est tombée sur l’annonce du concours vidéo. « Nous sommes allées à fond sur le ton décalé, pour jouer sur les clichés et aborder des risques auxquels on ne pense pas forcément dans notre secteur… tout est passé très vite, et en une semaine et demie, le projet était finalisé », relate l’enseignante, particulièrement fière de ses élèves.

Du son et des images

Le coup de coeur du jury est allé à une vidéo évoquant le bruit, quotidien, incessant, répétitif, auquel ne prêtent pas forcément attention les agents en charge du nettoyage. Kelly Soodts est enseignante en arts appliqués auprès des CAP agent de propreté et d’hygiène du lycée du Pays de Saint-Omer. « La plupart des jeunes orientés dans cette filière ne l’ont pas vraiment choisi. Ce projet a été un excellent moyen de les valoriser. » Tout a commencé, il y a deux ans, par un travail mené sur le son avec cette enseignante. À travers des rencontres, le projet a pris de l’ampleur et elle a souhaité lui donner une suite. « Les jeunes ont voulu mettre des images sur leurs montages sonores. » L’idée d’un clip, dans le cadre du concours INRS, a débouché sur ce projet pour le moins original sur les bruits du quotidien professionnel et leurs effets potentiels sur la santé. Une vraie prise de conscience selon l’enseignante. Mais « ce travail a surtout permis à mes élèves – dont certains souffrent de handicap – de totalement s’épanouir, de prendre confiance et pouvoir prendre la parole en public pour faire passer des messages. »

Le deuxième prix a été attribué à un projet où la bande-son occupe également une place centrale, avec un rap dont les paroles ont été écrites par l’une des élèves de 1re année CAP peintre applicateur de revêtement du CFA Picardie de Laon. « Au début, cela a été compliqué, les élèves étaient très éparpillés, puis le projet s’est construit », se remémore Christian de Meyer, formateur en peinture. « Ça les a fait grandir, complète Adeline Lepreux, responsable du centre de ressources et d’aide à la formation. Il y a eu une sorte de déclic au cours du projet, ils ont ensuite pu travailler davantage en autonomie, réfléchir aux propositions de saynètes de situations dangereuses amenées par l’une des élèves, et trouver ensemble les solutions. »

Quant au lycée agricole Hervé-Bichat, de Courcelles-Chaussy, qui remporte le 3e prix, il avait déjà participé au concours de l’INRS. « Cette année, nous l’avons proposé à deux classes », explique Béatrice Galonnier, responsable pédagogique. Onze élèves se sont portés volontaires, et le scénario a été écrit à partir d’idées lancées par le personnel encadrant le projet. « Nous avons eu beaucoup de mal à trouver des créneaux communs, donc nous ne réitérerons pas un projet associant plusieurs classes, mais je dois reconnaître que ce fut très riche et cela a permis à des élèves se côtoyant peu de travailler ensemble. » Les jeunes se sont réparti les rôles naturellement et, depuis que la vidéo est terminée, ils n’ont de cesse de communiquer sur les réseaux sociaux. « Ils se sont approprié le projet et ce sont maintenant eux qui parlent aux jeunes, s’amuse l’enseignante. C’est une bonne façon d’amener la prévention auprès de ce public. Je suis convaincue que c’est lorsqu’ils sont au lycée qu’il faut les sensibiliser à la prévention des risques professionnels. Ces petites graines porteront leurs fruits dans leur activité professionnelle future. »

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