Télétravail
Pas de rétropédalage massif selon l’Apec
À l'été 2025, deux grandes entreprises annonçaient revenir en arrière en matière de télétravail. La Société Générale, d’abord, entérinait le retour à un jour maximum par semaine, pour ses salariés, à partir d’octobre 2026. Puis Free, limitant cette modalité à six jours par mois et interdisant désormais d’en bénéficier deux jours consécutifs. Si ces cas médiatiques ont suggéré l’idée d’un revirement massif des entreprises françaises sur le sujet, une enquête de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) vient nuancer l’existence d’un mouvement de fond. En 2025, seule une entreprise sur dix a réduit le nombre de jours de télétravail autorisés pour ses salariés. Dans le détail, il s’agit surtout de TPE et PME (respectivement 8 % et 10 % d’entre elles, contre 5 % pour les ETI/GE). La tendance devrait se poursuivre en 2026 : 94 % des établissements n’envisagent pas d’évolution de leur politique de télétravail dans les douze prochains mois. Toujours selon l’Apec, les entreprises autorisant le télétravail sont convaincues qu’il constitue un levier de performance en termes de productivité (45 %) et de qualité de vie au travail (67 %). Nombre d’entre elles anticipent ainsi des effets délétères en cas de réduction du nombre de jours de télétravail : 38 % estiment que cela générerait des difficultés à recruter, 33 % une baisse d’engagement et 23 % des départs de collaborateurs. 74 % des cadres seraient en effet mécontents si leur entreprise venait à réduire le nombre de jours ou à supprimer complètement le télétravail (80 %). Dans ce dernier cas, près d’un cadre télétravailleur sur deux indique qu’il envisagerait de changer d’entreprise.
Campagne
L’OPPBTP encourage « le réflexe prévention »
Après un plan Horizon 2025, déployé entre fin 2021 et mars 2026, l’OPPBTP a annoncé le lancement d’un nouveau plan stratégique, baptisé Horizon 2030. « Si le précédent visait à faire avancer la prévention dans les entreprises du BTP, le nouveau, qui s’inscrit dans la même temporalité que le 5e Plan santé travail du ministère du Travail et de l’Emploi, va plus loin dans la transformation du secteur, en visant à instaurer une véritable culture de prévention dans les entreprises du BTP et à ancrer des pratiques durables sur le terrain », explique Paul Duphil, directeur général de l’OPPBTP. Cinq thématiques prioritaires sont affichées : promotion massive de la culture de prévention, focus sur les TPE, formation et compétences, acteurs de la chaîne de construction – du maître d’ouvrage au compagnon –, accidents très graves et mortels. Ces thématiques font l’objet de campagnes de communication, dont la première a été lancée fin avril, autour de la devise « Adoptons le réflexe prévention », incarnée par une mascotte baptisée Reflexo. Tout de rouge vêtu, avec ses longues jambes et son casque de chantier, ce personnage est pensé comme un repère visuel simple et facile à identifier, en vue de rendre les messages de prévention accessibles et concrets, notamment auprès des petites et moyennes entreprises. Une websérie, composée d’une trentaine d’épisodes courts d’environ 1 min 30, à retrouver sur Youtube, est également diffusée jusqu’en octobre. À travers des saynètes pédagogiques, souvent traitées avec humour, elle aborde des sujets tels que l’organisation du travail, la gestion des imprévus, la prévention des risques, et montre comment adopter des réflexes de prévention au quotidien.
Nouvelle technologie
MaSanTPrev, l’info prévention dans la poche
Le réseau Présanse, organisme représentatif des Services de prévention et de santé au travail interentreprises de France, lance MaSanTPrev, une application mobile dédiée à la prévention en santé au travail. Conçue pour les travailleurs, elle propose des contenus adaptés à leurs métiers, leurs parcours et leurs expositions professionnelles et diffuse des conseils pratiques, en lien avec leur service de prévention et de santé au travail (SPST). L’application met à disposition des contenus pédagogiques (quiz, vidéos…) pour permettre une appropriation progressive des enjeux de santé au travail, et intègre un assistant conversationnel multilingue, afin de faciliter l’accès à l’information pour les publics non francophones.
Amiante
Un nouveau plan quinquennal pour améliorer la prévention
Près de 30 ans après son interdiction, l’amiante reste la première cause de cancer d’origine professionnelle en France (entre 1 800 et 4 000 cas bronchopulmonaires par an). Dans ce contexte, le gouvernement lance un second plan d’actions interministériel, sur cinq ans. Baptisé PAIA2, il a pour objectif d’améliorer la prévention des risques liés à l’amiante et est structuré autour de six grandes actions : renforcer l’information du public et des professionnels sur le risque sanitaire lié à l’amiante et sur la réglementation, accélérer la professionnalisation des acteurs, développer des outils de collecte et de suivi de données, faire évoluer la réglementation et accompagner sa mise en oeuvre, et soutenir la recherche et le développement.
Baromètre
Les artisans du bâtiment ont le moral en berne
Les résultats du baromètre ARTIsanté 2025, dédié à la santé des artisans du bâtiment, ont été publiés dans un contexte de crise prolongée et de recul de l’activité. Les professionnels interrogés font état d’une importante charge de travail : 48 % des répondants sont amenés à travailler régulièrement le week-end, 63 % déclarent consulter leurs mails quotidiennement durant leurs congés, sachant que 27 % d’entre eux prennent au maximum deux semaines de congés dans l’année. Plus d’un artisan sur deux se dit stressé, en raison de la charge de travail, du poids des responsabilités, de l’administratif et du manque de visibilité sur l’avenir, sans compter l’instabilité politique. 43 % des artisans interrogés déclarent avoir été en difficulté psychique au cours de l’année 2025. 54 % des chefs d’entreprise se sentent assez, voire très fatigués, soit 4 points de plus qu’en 2024.