Depuis une vingtaine d’années, les chaussures de sécurité ont fait l’objet de progrès importants en matière de souplesse, de design, d’ergonomie, d’adaptation aux besoins. Ces EPI, qui relèvent de la norme EN 20345, comportent des exigences fondamentales (embout de protection, insert anti-perforation, résistance au glissement…) et des exigences additionnelles (protection de la malléole, protection du métatarse, etc.). Derrière le terme général de « chaussures de sécurité » – les experts préfèrent parler de « protection du pied et du bas de la jambe » –, se décline une diversité de modèles répondant à des situation extrêmement variées.
Concilier efficacité, confort et coût dans le choix d’un EPI
À partir de la structure de la chaussure et des matières qui la composent, les modèles offrent ainsi les moyens de combiner diverses protections, modulables selon les exigences. « Aujourd’hui, il existe forcément sur le marché un modèle qui conviendra à chaque cas de figure, la limite d’accès à certains modèles pouvant être le prix », souligne Cynthia Kieffer, cheffe produit chez Lemaitre Sécurité, entreprise spécialisée dans la chaussure de sécurité.
Les chaussures de sécurité s’avèrent un EPI particulièrement personnel. De par la diversité des morphologies de pieds : pied grec, pied égyptien, pied carré… Et de par l’asymétrie du corps : pied gauche et pied droit présentent toujours une légère différence chez une même personne. Afin de définir le modèle le mieux adapté à un individu dans une situation de travail donnée, diverses questions doivent être posées : où va-t-il travailler (en intérieur, en extérieur), sur quel type de sol (meuble ou dur, plat ou incliné), dans quel environnement de travail (chaud, froid, humide), quels sont les risques environnants (mécaniques, chimiques, thermiques, électriques, lié aux déplacements) ? Et sur les pratiques du quotidien : est-ce que la personne marchera beaucoup ? Montera/descendra-t-elle fréquemment des échelles ? Est-ce que le porteur est souvent agenouillé, exposant à une probabilité d’abrasion de l’avant de la chaussure à force de frottements répétés ? Faut-il une chaussure qui isole d’un choc électrique ou qui aide à évacuer l’électricité électrostatique présente ?
Tester l’EPI avec les salariés avant de le généraliser
Face aux multiples critères de choix, « il n’y a rien de pire que d’imposer un modèle de chaussures sans justifier le choix, observe encore Cynthia Kieffer. Il ne faut pas oublier qu’on les porte toute la journée. L’idéal est de réaliser des essais au porter. » Une à deux semaines sont recommandées. « Un test sur une journée n’apportera rien de concret. Et il faut associer les personnes les plus réticentes au port d’un EPI pour les leur faire tester », poursuit Cynthia Kieffer. Comme le complète Valérie Genevès, experte d’assistance-conseil à l’INRS, « pour réaliser des essais d'EPI, il faut prendre un groupe de personnes afin d’identifier d’éventuelles gênes ou inconforts, et s’assurer que cela n’entraînera pas de nouveaux risques ».
Les EPI étant des équipements personnels, des cas particuliers peuvent être rencontrés. Prenons le cas des semelles orthopédiques. « Une chaussure de sécurité est certifiée avec la première de propreté, qui est une semelle amovible. Si l’utilisateur la change pour une semelle orthopédique, il faut que celle-ci soit conforme à la norme pour garantir les propriétés de la chaussure, remarque Cynthia Kieffer. Pour que la chaussure soit toujours considérée comme un EPI, la semelle de base devrait être travaillée par un podologue qui connaît la norme. » Après l’acquisition, il est impératif de lire la notice d’utilisation pour bien connaître son EPI et de s’approprier les consignes pour bien l’utiliser, le maintenir en bon état, le stocker et ainsi optimiser sa durée de vie.