Ce site est édité par l'INRS

En bref

Les actualités de décembre

Chaque mois, la rédaction de Travail & Sécurité propose une sélection des actualités du monde de la santé et la sécurité au travail.

3 minutes de lecture
La rédaction - 23/12/2025
Lien copié
Illustration d'une formation en entreprise

Notions essentielles pour la prévention

Une nouvelle autoformation en e-learning de l’INRS

L’INRS enrichit son offre d’autoformation, en libre accès, avec un nouveau module d’une heure, intitulé « Notions essentielles pour la prévention des risques professionnels ». « Nous l’avons pensé au départ pour les médecins, infirmiers, assistants et IPRP [NDLR : Intervenant en prévention des risques professionnels] des services de prévention et de santé au travail (SPST) . Mais, en fait, il s’adresse à toute personne souhaitant acquérir les concepts de base de la prévention des risques professionnels : formateurs, étudiants, préventeurs, personnel RH… », explique Olivier Couché, en charge de la coordination du projet e-learning, à l’INRS. Au travers de contenus interactifs (animations, cas pratiques, exercices), l’apprenant découvre les définitions et concepts fondamentaux liés à la prévention (danger, risque, situation dangereuse, accident, maladie professionnelle…) ; les différents acteurs de la santé et sécurité au travail, internes et externes à l’entreprise, et leur rôle ; ainsi que les enjeux, les étapes et principes généraux d’une démarche de prévention. Le module comprend également une introduction aux différents risques professionnels avec des exemples d’actions de prévention adaptées, dans divers environnements de travail (bureaux, logistique, industrie).

Une formation complémentaire

« Cette autoformation est vouée à être le socle d’une collection qui compte déjà un module sur la prévention des risques biologiques et qui sera bientôt complétée par six autres, pour former un parcours de formation complet », précise Christopher Pichelin, chargé de projet e-learning à l’INRS. Quatre modules, consacrés respectivement aux troubles musculosquelettiques (TMS), au bruit, aux risques chimiques et aux risques psychosociaux sont prévus pour le premier semestre 2026, et les deux derniers, sur les risques machines et les pratiques addictives, pour la fin de l’année prochaine. « Attention, cette nouvelle formation ne remplace pas l’autoformation “Acquérir les bases de la prévention des risques professionnels”, proposée aussi par l’INRS, qui dure huit heures et est un prérequis pour participer et obtenir l’attestation officielle exigée pour certaines formations de l’INRS », rappelle Olivier Couché.

Bruit au travail

Un sujet trop souvent passé sous silence

60 % des actifs se disent gênés par le bruit sur leur lieu de travail, soit 10 points de plus qu’en 2017. À l’occasion du lancement de la 10e édition de la Semaine de la santé auditive au travail, qui s’est tenue du 3 au 6 novembre 2024, l’Association nationale de l’audition (Ana) présentait les résultats du baromètre Ana–Ifop 2024 sur le bruit et la santé auditive, alertant en particulier sur les expositions sonores quotidiennes en dessous du seuil de 80 dB(A)/8h, à partir duquel les actions de prévention doivent être mises en œuvre par l’employeur. « Dans de nombreux environnements tertiaires tels que les bureaux, les écoles ou les commerces, les niveaux de bruit atteignent régulièrement 60 à 75 dB(A) et fragilisent déjà la santé, entraînant de la fatigue, des troubles de l’attention, du stress et une aggravation des risques psychosociaux », déclare Sébastien Leroy Rochet, porte-parole de l’association, pour laquelle se limiter au seul risque de surdité conduit à laisser dans l’ombre certaines populations vulnérables. Nombreuses à travailler dans les secteurs du soin, de l’éducation et du commerce, les femmes se trouvent de fait particulièrement exposées. De même que les salariés en open-space soumis à une gêne sonore sous-estimée, ou encore les intérimaires et CDD moins formés et informés. Enfin, les personnes devenues malentendantes sont elles aussi insuffisamment intégrées dans les politiques de prévention. « 34 % des actifs déclarent connaître au moins un collègue souffrant d’acouphènes ou de pertes d’audition, qui peuvent être considérés comme un indicateur de souffrance au travail. Par ailleurs, le vieillissement des actifs nécessite que l’on regarde désormais le phénomène de presbyacousie - qui désigne la diminution des capactiés auditives liée à l'âge - comme un enjeu de santé au travail », reprend Sébastien Leroy Rochet.

Sensibilisation

L’inspection du travail en campagne contre les accidents

Quand les agents de l’inspection du travail enquêtent à la suite d’un accident survenu dans le cadre professionnel, leurs conclusions sont souvent les mêmes : ils concluent à l’absence d’évaluation des risques ou à sa mauvaise qualité ou à des mesures de prévention insuffisantes ou inadaptées. Face à ce constat, l’inspection du travail a mené, en 2024, une campagne sur la prévention des accidents du travail (AT). Son objectif ? Inciter les employeurs à tirer les conséquences de ces événements, parfois dramatiques, qui se produisent dans leurs entreprises et à respecter leurs obligations en matière de sécurité de leurs équipes. BTP, transport routier de marchandise, exploitation forestière et aménagement paysager, médicosocial… La campagne ciblait les TPE/PME de secteurs d’activité à forte sinistralité. Elle a débuté par des actions d’information et de sensibilisation à destination des partenaires sociaux, employeurs, représentants du personnel et salariés. Après cette première étape, qui a duré deux mois, une phase de contrôle s’est ensuivie, incluant 2 690 visites dans près de 2 000 établissements et 1 228 AT examinés. Ces contrôles ont abouti à l’identification d’axes prioritaires pour une meilleure démarche de prévention dans les entreprises visitées : améliorer la qualité de l’évaluation des risques réalisée après un AT, définir plus efficacement les mesures de prévention à mettre en oeuvre pour éviter qu’un événement similaire ne se reproduise, impliquer davantage le comité social et économique (CSE) dans la santé et la sécurité au travail et, enfin, renforcer le suivi de l’état de santé des salariés victimes ainsi que leur accompagnement pour les maintenir dans l’emploi. Selon l’inspection du travail, « grâce à ces actions, le respect de la réglementation, notamment sur la qualité de l’évaluation des risques et la mise en oeuvre de mesures de prévention, s’est nettement amélioré. La campagne nationale a eu un impact significatif sur la sécurité des travailleurs et la prévention des accidents du travail ».

Reconnaissance des maladies professionnelles

La Cour des comptes juge le dispositif trop complexe

Le 3 octobre dernier, la Cour des comptes a rendu public son rapport consacré à la reconnaissance des maladies professionnelles (MP), qui consiste à accorder une prise en charge financière spécifique aux travailleurs victimes d’une maladie liée à leur activité. Le document pointe un phénomène massif de sous-déclaration et met en lumière les mécanismes qui le sous-tendent. En cause notamment, la longueur et la complexité des procédures qui découragent les victimes, mais aussi une appropriation difficile des tableaux de MP par les médecins, du fait de leur multiplicité, de leur technicité et du manque de formation des médecins. Problème : du fait de la sousdéclaration, des dépenses qui devraient relever de la branche accidents du travail et maladies professionnelles de la Sécurité sociale se retrouvent à la charge de la branche maladie, déjà très déficitaire. Pour y remédier, le rapport fait plusieurs recommandations. Il suggère d’abord de simplifier les procédures en dématérialisant les formulaires de déclaration de MP d’ici 2027 et en limitant le nombre de questionnaires adressés aux victimes. Une autre piste consisterait à actualiser et simplifier le tableau de MP relatif aux troubles musculosquelettiques, qui constituent 88 % des MP reconnues. Enfin, afin de mieux cibler la prévention des MP, le rapport souligne l’importance d’améliorer la connaissance statistique de ces dernières en publiant chaque année des données détaillées (par tableau de MP, sexe, âge), incluant les dossiers non indemnisés.

Partager L'article
Lien copié

À découvrir aussi