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EN BREF

Les actualités d'avril

Chaque mois, la rédaction de Travail & Sécurité propose une sélection des actualités du monde de la santé et la sécurité au travail.

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La rédaction
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Vue d'une situation de travail dans l'agriculture.

Agriculture

La santé n’est pas un coût mais un capital

Lors du salon international de l’agriculture qui s’est tenu en février dernier à Paris, la MSA a lancé son nouveau Plan santé sécurité au travail (SST) pour la période 2026-2030. En guise d’entrée en matière, deux courtes vidéos montrant des situations de travail réelles dans lesquelles des agents de la MSA sont intervenus ont été projetées. L’assistance devait ensuite réagir : identifier les risques professionnels et émettre des hypothèses d’actions. L’occasion de faire partager à l’assemblée présente le travail de terrain effectué par les conseillers en prévention…

LA SST À LA MSA

  • 240 médecins du travail
  • 273 infirmiers en santé au travail
  • 287 conseillers en prévention
  • Pour 1,27 million d’actifs agricoles

Puis le plan SST 2026-2030 a été présenté. Il repose sur quatre orientations transverses : une seule santé, soit un guichet unique ; la prévention primaire ; la mise en place d’une relation personnalisée ; et, enfin, une stratégie d’influence en SST pour faire connaître et reconnaître les actions de la MSA. Elles sont couplées à deux axes visant à réduire les effets délétères sur la santé des opérateurs, et à soutenir les transformations du monde agricole. Dominique Semeraro, directrice nationale SST à la CCMSA, a notamment cité la prévention du risque chimique : « Au-delà de l’utilisation des pesticides, l’amiante est encore très présent dans les toitures de notre secteur, et le monde agricole est souvent exposé aux poussières en général. »

Du côté des transformations du monde agricole, elle a mentionné une attention particulière portée à l’usage des drones et des exosquelettes, tandis que pour les nouvelles générations se formant, elle a salué un partenariat avec la DGER pour que la SST soit enseignée dans le cursus de l’enseignement agricole. Jean-François Fruttero, président de la CCMSA, a pour sa part insisté sur le fait que la santé n’est pas un coût mais un capital : « Les actions de la MSA en matière de prévention le prouvent, elles montrent qu’il est possible de concilier performance économique, qualité de vie au travail et durabilité des territoires. » 

Sanitaire et social

L’Igas lève le voile sur un possible plan décennal

Les métiers du sanitaire, du social et du médico-social souffrent d’un manque d’attractivité et de tensions de recrutement majeures. Ces difficultés, liées notamment à une pénurie de professionnels et à l’augmentation des besoins due au vieillissement de la population, perturbent l’organisation de l’activité : fermetures temporaires de services, allongement des délais de prises en charge…. Partant de ce constat, l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) a publié en février dernier le troisième et ultime volet d’une analyse du secteur qui visait à « identifier les multiples dimensions de l’attractivité de [s]es métiers (hors professions médicales) et à proposer des leviers d’action ». La dernière mission portait sur l’évaluation de la qualité de vie et des conditions de travail dans les secteurs de l’autonomie (grand âge) et du handicap. Des secteurs où le nombre d’accidents du travail est 2,5 fois supérieur à la moyenne nationale, et 1,7 fois supérieur à celui du BTP. 

« Les accidents les plus graves se concentrent notamment dans les services à domicile, de soins et d’aide, les Ehpad et accueils de jour, les maisons d’accueil spécialisées, les foyers et les établissements d’accueil médicalisés », est-il indiqué dans le rapport qui précise que le coût de cette sinistralité est estimé à 20 000 équivalents temps plein (en 2023).

La mission propose un plan décennal avec : un investissement massif en matériel (rails plafonniers, aides techniques…), le renforcement de la formation initiale et continue et un accompagnement des managers. Des éléments pouvant être en partie financés dans le cadre du Fipu (Fonds pour l’innovation et la prévention de l’usure professionnelle). À noter que la mission indique que les premiers retours sur investissements pourraient être observés moins de cinq ans après le lancement de ce plan.

Exposition 

Les affiches INRS voyagent 

Afin de sensibiliser les jeunes de l’Île de Beauté à la prévention des risques professionnels, la Dreets (direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) de Corse met actuel-lement à la disposition des établissements d’enseignement professionnel, une exposition itinérante intitulée « La santé et la sécurité au travail s’affichent ». « Celle-ci se compose d’une sélection d’affiches du catalogue de l’INRS, historiques et récentes, qui mettent en évidence l’évolution des messages de prévention à travers le temps, explique Nadia Koufane, ingénieure de prévention à la Dreets de Corse. Ces affiches abordent plusieurs volets : la culture de prévention ; les évolutions du monde du travail et des risques professionnels ; le regard porté sur le travailleur : de coupable à acteur de la prévention ; et le regard des affichistes sur la prévention. »

L’exposition sera amenée à circuler de lycée en lycée pendant toute l’année 2026. Elle fera notamment étape au lycée professionnel Jean-Nicoli, à Bastia, le 28 avril prochain, lors de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail (SST). L’établissement organisant, ce jour-là, un forum sur le sujet de la SST. Pour compléter ce dispositif, dans le cadre d’une convention signée entre la Dreets et l’association « Entreprendre pour apprendre », une journée de sensibilisation par des inspecteurs du travail réunira une soixantaine d’élèves, issus de plusieurs établissements. Les participants seront invités à concevoir leur propre affiche de prévention. Des créations qui seront ensuite exposées au cours de l’année sur les grilles de la préfecture d’Ajaccio, en même temps que l’exposition des affiches INRS.

Affiche INRS.

Cancer du sein

Le retour à l’emploi reste à améliorer

Trois ans après un cancer du sein, 77 % des femmes ont repris un emploi à temps plein, mais 15 % restent en arrêt ou en invalidité et 8 % travaillent à temps partiel. Au retour, 26 % déclarent une perte de responsabilité, un refus d’augmentation ou une rétrogradation. Ces données, issues d’une évaluation de la Cour des comptes, soulignent l’impact durable de la maladie sur la vie professionnelle. Pourtant, des leviers existent pour améliorer la réinsertion professionnelle mais celle-ci se heurte à des obstacles structurels, en dépit de dispositifs existants d’accompagnement (temps partiel thérapeutique, orientation vers des espaces emploi). Les femmes ayant bénéficié d’aménagements de poste ou de temps de travail présentent, cinq ans après le diagnostic, un taux d’emploi nettement supérieur (88,9 %) à celui des patientes n’ayant pas eu accès à de tels dispositifs (69,6 %). D’où la nécessité d’intégrer le retour à l’emploi au parcours de soins, en renforçant la coordination entre acteurs de santé et de l’emploi et en proposant systématiquement des dispositifs de réinsertion adaptés.

Journée mondiale

Les risques psychosociaux en première ligne

Le 28 avril prochain, se tiendra la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail. L’Organisation internationale du travail (OIT) a choisi de consacrer cette édition 2026 à la dimension psychosociale du travail. À cette occasion, différentes actions seront
menées pour rappeler l’impact des facteurs psychosociaux – la charge et le temps de travail, la clarté des rôles, l’autonomie, le soutien… – sur la sécurité, la santé et la performance des travailleurs, et l’importance de prévenir les risques psychosociaux, au même titre que les risques physiques, chimiques et biologiques.

232 731 entreprises ont transmis leur document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) à leur service de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI) en 2024, ce qui représente environ 15,6 % des établissements suivis par ces services. Un pourcentage en forte hausse – il atteignait seulement 5 % en 2023 et 3 % en 2022 – mais qui reste insuffisant puisque la transmission du DUERP est une obligation légale depuis l’adoption de la loi du 2 août 2021 renforçant la prévention en santé au travail. Source : rapport annuel sur l’activité des services de prévention et de santé au travail (SPST) en 2024.

Maladies professionnelles

De nouveaux cancers reconnus chez les sapeurs-pompiers

Un décret élargit la liste des maladies professionnelles (MP) reconnues chez les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires, ainsi que chez les militaires affectés aux missions permanentes de sécurité civile. Le texte actualise deux tableaux relatifs à l’exposition à la combustion de charbon et à l’inhalation de poussières d’amiante. Résultat : deux cancers – les mésothéliomes (plèvre, péritoine…) et les cancers de la vessie – sont désormais officiellement associés à l’activité des pompiers. Ils viennent s’ajouter au carcinome du nasopharynx et au carcinome hépatocellulaire, déjà reconnus comme MP pour ces professions. La mesure devrait permettre une meilleure prise en charge de ces pathologies, cette reconnaissance ouvrant droit à une indemnisation automatique spécifique, lorsque les conditions prévues par les tableaux sont remplies.

BTP

Des aides reconduites en 2026

Réduire les risques sur les chantiers pour les entreprises de moins de 50 salariés. Tel est l’objectif des aides « Top BTP », mises en place depuis 2022, par l’Assurance maladie-risques professionnels. Reconduites en 2026, elles permettent de subventionner des équipements, (échafaudage « montage démontage en sécurité », protections des trémies d’escalier et ascenseurs, passerelles d’accès, bungalows, coffrets électriques…) ainsi que des formations (travaux en hauteur, coordination SPS…). Versées par les caisses régionales (Carsat, Cramif et CGSS/CSS), ces subventions couvrent jusqu’à 50 % du montant des équipements et 70 % pour les formations avec un plancher minimum d’investissement de 500 euros. À noter qu’en 2026, les micro-PEMP (plate-forme élévatrice mobile de personnel) et les plates-formes de type PIR et PIRL (plate-forme individuelle roulante légère) ne sont plus financées par Top BTP, mais par la subvention « Prévention chutes ».

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