Né de la fusion de quatre associations de Haute-Saône, de Côte-d’Or et du Doubs, le groupe Handy'Up assiste les personnes porteuses de handicaps mentaux ou psychiques tout au long de leur vie et leur permet de s’épanouir dans les différentes facettes de leur existence. Scolarité, hébergement, sorties culturelles, pratiques sportives… Et, bien sûr, vie professionnelle, grâce à six établissements et services d'accompagnement par le travail (Esat) et trois entreprises adaptées aux activités multiples (assemblage, emballage, découpe, soudure, blanchisserie, second œuvre, recyclage, espaces verts, élevage, horticulture, maraîchage…).
« Nous cherchons continuellement à diversifier notre offre métier – nous venons d’ouvrir une biscuiterie-chocolaterie –, pour élargir le champ des possibles aux personnes que nous soutenons, explique Lucie Cudrey, directrice amélioration continue du groupe. Elles ont ainsi plus de chances de trouver un emploi qui corresponde à la fois à leurs capacités et à leur intérêt personnel. » Handy’Up favorise la mobilité de ses travailleurs entre ses activités, par le biais de stages et de formations dispensées à ceux qui expriment un désir de changement ou pour maintenir dans l’emploi ceux dont l’évolution des capacités physiques rend leurs tâches quotidiennes de plus en plus ardues.
Dans la même optique de lutte contre la désinsertion professionnelle, le groupe associatif a intégré à son organigramme la fonction de « responsable bonnes pratiques et ergonomie » en 2021. Dans un premier temps, les études de postes lancées à la suite de cette innovation ont eu du mal à déboucher sur des résultats concrets sur le terrain. « Il manquait une démarche partagée par tous pour que chacun puisse se saisir du sujet des conditions de travail et participer à leur amélioration », explique Pauline Rovigo qui a repris la nouvelle fonction en 2023.
Une dynamique positive qui essaime
« J’ai lancé le projet “culture ergo”, poursuit l’actuelle responsable bonnes pratiques et ergonomie, dont la première phase a consisté à former et sensibiliser, à tous les niveaux de l’entreprise, aux bases de l’ergonomie et à leur prise en compte dès la phase de conception des postes. » Encadrants et travailleurs sont désormais sollicités lors des analyses de postes et des tests de solutions identifiées. Les équipes n’hésitent pas à faire remonter leurs difficultés au quotidien. Un succès objectivé par l’augmentation du nombre d’interventions ergonomiques, qui est passé de trois en 2023 à dix en 2025, et des actions d’améliorations portées par les équipes sur le terrain.
Cette dynamique positive se retrouve à l’œuvre dans l’Esat de Gevigney-et-Mercey, en Haute-Saône, dont l’activité principale est l’emballage de kits de pièces pour l’entreprise Velux. Ainsi, une table élévatrice limite les postures contraignantes qu’il fallait adopter pour saisir des clips métalliques livrés en vrac dans d’énormes caisses. Les bacs plastiques réceptionnant ces pièces, qui nécessitaient auparavant plusieurs reprises, aboutissant à porter jusqu’à une tonne par jour et par opérateur, sont maintenant directement déposés sur des chariots réglables en hauteur qui alimentent la ligne sans avoir à se baisser pour récupérer les pièces.
« Nous avons acquis, il y a deux ans, une machine pour former les cartons, ce qui limite les gestes répétitifs, indique Thibauld Mongin, responsable technique du site. Les travailleurs n’ont plus qu’à remplir les boîtes, les fermer et les reposer sur le convoyeur. » À l’extrémité de la ligne, les balances, utilisées pour s’assurer de la bonne composition des kits, n’émettent plus les bips qui dégradaient l’ambiance sonore de l’atelier. Le code couleur qui s’affiche sur les écrans, placés à hauteur des yeux pour plus de confort, les remplace avantageusement. « Quant à la flotte de tirepalettes haute levée qui acheminent les caisses vers l’expédition des kits finalisés, elle est en cours de remplacement, renchérit Claudie Viteaux, responsable d’atelier. Nous passons à des modèles électriques qui soulèvent la charge par simple pression d’un bouton au lieu de devoir pomper avec le timon. »
Des projets dans les tuyaux
Depuis le début de l’année, le projet « culture ergo » est entré dans sa seconde phase. « L’objectif est cette fois de consolider les compétences et de renforcer la démarche en instaurant plusieurs formats de rendez-vous réguliers, de rappels et d’échanges pour éviter l’essoufflement et poursuivre notre progression, explique Pauline Rovigo. Nous allons également mettre en œuvre de nouveaux outils visant à donner les moyens aux établissements pour améliorer l’ergonomie des postes. L’un permet de modéliser les postes en 3D et l’autre de visualiser les contraintes sur les articulations des travailleurs lors de la réalisation des tâches. Nous serons ainsi mieux à même d’identifier les priorités sur lesquelles mener des études approfondies et ainsi choisir des solutions adaptées. »
Dans les différents établissements de Handy'Up, de nombreux projets sont dans les tuyaux. Du côté de l’atelier de recyclage de papiers de l’Esat de Gevigney, un projet de réaménagement vise à limiter les positions contraignantes et le port de charges imposés par la configuration du destructeur et de la presse. En ligne de mire, une nouvelle machine deux-en-un qui détruit les documents avant de les convoyer vers une presse à la sortie de laquelle les balles de papier, pesant entre 100 et 150 kilos, seront récupérées à l’aide d’un palan. De quoi soulager les travailleurs qui, à l’heure actuelle, se mettent à plusieurs pour les manutentionner. « Avec sa nouvelle approche, Handy'Up se donne les moyens d’améliorer les conditions de travail de manière continue et pérenne », se félicite Fabrice Baretti, contrôleur à la Carsat Bourgogne-Franche-Comté.
FICHE D'IDENTITÉ
Nom : Handy'Up
Lieux : Haute-Saône et Est de la Côte-d’Or
Établissements et services : 35
Effectif : 1 000 salariés
Personnes accueillies : 1 600
Chiffre d’affaires : 80 millions d’euros