Ce site est édité par l'INRS

Les travaux routiers urbains

Faciliter l'installation des bases vie de chantier en centre-ville

Afin de mieux organiser et maîtriser les raccordements des chantiers se déroulant dans son hypercentre, la ville de Perpignan impose désormais aux maîtres d’œuvre d’installer leurs bases vie sur des sites préalablement identifiés et raccordés. Le point avec Sonia Maroselli, responsable de l’occupation du domaine public de la ville de Perpignan, et Sébastien Le Métayer, ingénieur-conseil BTP à la Carsat Languedoc-Roussillon.

3 minutes de lecture
Delphine Vaudoux - 01/09/2026
Lien copié
Vue d'une base vie.

Vous devez gérer de très nombreux chantiers dans le centre-ville, quels sont les problèmes que cela pose ?

Sonia Maroselli. Chaque année, nous devons répondre à 6 000 actes, ce qui signifie que nous sommes sollicités par un grand nombre d’entreprises externes qui souhaitent occuper le domaine public. Sur ces 6 000 actes, 4 000 concernent des chantiers de BTP. Cela peut être des concessionnaires, GRDF, Veolia, Orange, du gros oeuvre… En 2024, nous avons commencé à échanger avec Frédéric Mateus, contrôleur de sécurité à la Carsat Languedoc-Roussillon, car nous avions des préoccupations communes concernant la sécurité des chantiers occupant le domaine public, notamment les échafaudages et les bases vie, car cela posait des problèmes de cohabitation avec les touristes et les commerçants.

Sébastien Le Métayer. En ce qui concerne les bases vie, nous avions la volonté commune de trouver des solutions pour les installer en hypercentre, tout en répondant aux critères de la Carsat et en respectant les contraintes de la ville de Perpignan. Pour cela, nous avons réuni autour de la table les services de la voirie, du patrimoine et de la sécurité-hygiène de la ville, ainsi que des CSPS, des maîtres d’ouvrage, l’OPPBTP, la Capeb 66 et la FFB 66.

Comment avez-vous procédé ?

S. M. Nous avons organisé une dizaine de réunions et travaillé parfois en sous-groupes pour aboutir à la solution suivante : créer des emplacements fixes destinés aux bases vie afin de maîtriser les branchements et ne pas risquer d’endommager nos réseaux ou créer des fuites comme ça avait pu avoir lieu par le passé. Nous avons identifié des spots dans chaque secteur de la ville se situant à moins de 5 minutes et moins de 500 mètres de tout chantier. Il a ainsi été décidé d’installer sept bornes réseaux dont l’installation et les raccordements en eau et électricité sont pris en charge par la ville, ce qui représente environ 8 000 euros par borne.

S. Le M. Ce sont en quelque sorte des bornes foraines fixes, avec des trappes fermées à clé. Chaque emplacement bénéficie d’une fiche d’identité qui permet à l’entreprise de connaître, à l’avance, le nombre de bungalows qu’elle peut implanter et les contraintes du site (par exemple la possibilité ou non de mettre des bungalows à étage).

Où en est leur déploiement ?

S. M. Elles sont en cours d’installation depuis avril dernier. Quatre bornes sur les sept prévues sont opérationnelles. Nous réfléchissons à la possibilité de partager la base vie lorsque nous avons plusieurs demandes en même temps dans le même secteur… une situation qui peut être complexe lorsque ça n’est pas le même maître d’ouvrage.

S. Le M. C’est un travail de longue haleine, qui ne peut être que collectif. La ville de Perpignan est la première à s’être lancée dans cette opération, mais, d’ores et déjà, d’autres villes nous ont fait part de leur intérêt pour ce type de projet. Pour faciliter le déploiement de cette solution, nous réfléchissons à l’élaboration de documents de communication, à modéliser le projet et pourquoi pas à l'élaboration d’une charte. L’objectif étant de faciliter l’installation de bases vie répondant aux critères de l’Assurance maladie-risques professionnels, à savoir : base vie raccordée aux réseaux (eau potable, évacuation et électricité) comprenant sanitaires, vestiaires, régulièrement nettoyée avec équipements spécifiques (climatisation, chauffage, tables, chaises, réfrigérateur, micro-ondes).

UN ESPACE OPTIMISÉ

« Nous avons un chantier de réaménagement d’un local, à Perpignan, explique Franck Ferrer, cogérant de Sud BTP Services. C’est un chantier de plusieurs mois, pour lequel nous avons installé deux bases vie et bénéficié des raccordements fixes mis en place par la ville. Nous n’avions pas le choix, mais c’est une solution satisfaisante pour que nos compagnons puissent bénéficier de bases vie complètes, comprenant sanitaires, toilettes, douche, réfectoire… et climatisées. » Christophe Moreno, chef de chantier, complète : « Ces deux bases vie sont situées à environ cinq minutes du chantier, donc nous venons tous les midis pour déjeuner au frais. En plus, nous pouvons garer notre camion et nos véhicules, un avantage non négligeable dans le centre-ville de Perpignan : nous déchargeons tôt sur le chantier, puis nous venons nous garer dans cet espace. »

Partager L'article
Lien copié
Les articles du dossier
Les travaux routiers urbains

En savoir plus