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Les entreprises de moins de 50 salariés

Intégrer des compétences de prévention dans les PME

Séverine Huyon, contrôleuse de sécurité à la Carsat Hauts-de-France, évoque pour nous les relais de prévention, pensés pour faciliter l’appropriation des questions de santé et de sécurité par les petites entreprises, et leur permettre de s’engager dans une démarche pérenne en la matière.

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Damien Larroque - 29/01/2026
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Vue d'une situation de travail en entreprise.

Travail & Sécurité. Qu’est-ce qu’un relais de prévention ?

Séverine Huyon. Il s’agit d’un salarié d’une petite ou moyenne entreprise qui endosse un rôle de référent sur les questions de santé et sécurité au travail. Véritable interface entre la direction, les travailleurs et les acteurs de la prévention – Carsat, services de prévention et santé au travail (SPST), intervenant en prévention des risques professionnels (IPRP)… –, il est en position d’identifier les risques, d’animer le dialogue au sein de sa structure, de proposer des actions d’amélioration et de les évaluer. Pour les établissements qui y adhèrent, l’objectif fondamental du dispositif est de construire une démarche de prévention pérenne et adaptée à leurs spécificités. Le système vise à rendre la prévention plus accessible aux entreprises de taille modeste qui, si elles ont les mêmes obligations en matière de santé et sécurité que les établissements plus grands, ont des moyens plus limités.

Comment doit procéder une entreprise pour se doter d’un relais de prévention ?

S. H. Elle doit se rapprocher de son SPST, si toutefois celuici est membre du réseau « relais de prévention ». Toutes les informations se trouvent sur le site relaisdeprevention.com. Actuellement, une vingtaine de services portent le dispositif, ce qui ne permet pas encore de couvrir tout le territoire. Mais des actions sont menées pour élargir ce club à l’avenir. Une fois identifié, le salarié volontaire est invité à suivre quatre modules d’une demi-journée – qui peuvent être étalés sur un an, un format adapté aux petites structures – pour acquérir des connaissances sur les fondamentaux de la prévention. Une fois ce parcours de sensibilisation accompli, un IPRP du SPSTI intervient dans l’entreprise pour accompagner le relais novice dans la révision/réalisation du DUERP et déterminer rapidement deux points de progrès qui permettent de lancer le plan d’action.

REPÈRES

> quatre modules de formation-sensibilisation permettent aux nouveaux relais de prévention d’acquérir des connaissances sur les fondamentaux de la prévention. La première session est dédiée à la genèse de la prévention des risques professionnels, la deuxième au document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), la troisième à l’analyse des accidents du travail (AT). La dernière consiste en un groupe d’échange sur les différentes notions abordées.

De quelle manière votre Carsat participe-t-elle au dispositif ?

S. H. En 2022, la Carsat Hauts-de-France a établi un partenariat définissant notre collaboration dans la mise en œuvre du dispositif avec le Centre de développement pour la santé au travail (Cedest), basé à Dunkerque. Ce partenariat répondait à notre besoin de toucher largement les petites entreprises. En donnant accès à nos ressources techniques afin d’alimenter les modules, nous profitons de l’offre socle du Cedest, interlocuteur privilégié de ces structures de par l’obligation légale de suivi médical des salariés. De plus, chaque année, nous intervenons lors du séminaire annuel rassemblant les salariés relais pour notamment présenter nos programmes, nos offres d’aides techniques et financières. Plus personnellement, étant formatrice occasionnelle au sein de la Caisse, je participe aux séances du module qui abordent l’analyse des AT. Je les sensibilise à l’outil de l’« arbre des causes » qui permet de déterminer les causes profondes de l’événement et de ne pas s’arrêter uniquement sur le comportement du salarié victime. L’objectif étant de mettre en place des mesures de prévention d’ordre technique, humain et surtout organisationnel. Si la victime est descendue de son engin ou a retiré ses gants, par exemple, c’est que quelque chose l’y a poussé. N’y a-t-il pas des améliorations à trouver du point de vue organisationnel ?

L’EMPLOYEUR DOIT DÉSIGNER UN SALARIÉ COMPÉTENT

Pour mettre en œuvre la démarche de prévention dans son entreprise, l’employeur doit, selon le Code du travail, désigner un ou plusieurs salariés compétents pour s'occuper des activités de protection et de prévention des risques professionnels. Si celui-ci ne dispose pas de ressources en interne – c’est le cas notamment dans les petites entreprises (< à 50 salariés) – il peut faire appel, après avis du comité social et économique (CSE), aux intervenants en prévention des risques professionnels (IPRP) du service de prévention et de santé au travail interentreprises auquel il adhère ou d’un IPRP enregistré auprès de la DREETS. À noter que le ou les salariés ainsi désignés par l'employeur doivent disposer du temps nécessaire et des moyens requis pour exercer leurs missions ; ne peuvent subir de discrimination en raison de leurs activités de prévention ; et bénéficient, à leur demande, d'une formation en matière de santé au travail.

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